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Contrats aidés : un maire enverra la facture à Matignon
Isabelle Raynaud | A la Une RH | Actualité Club finances | Régions | Toute l'actu RH | Publié le 30/10/2017 | Mis à jour le 31/10/2017

Le maire de Capestang, dans l'Hérault, gardera les personnes qui sont actuellement en contrat aidé dans sa commune, même si leur contrat n'est pas renouvelé. Pour financer le surcoût, il compte envoyer chaque mois une facture à Matignon.

negative trend« Je procéderai au renouvellement de chaque contrat aidé sur les fonds propres de la commune. Chaque mois, j’enverrai au Premier ministre un titre de recette de l’équivalent de l’aide précédemment versée au titre des contrats aidés. » Pierre Polard, maire (FI) de Capestang (3 200 hab., Hérault) lance un appel aux communes impactées par « diminution brutale des contrats aidés ».

Durant l’été, le gouvernement a annoncé une baisse brutale du nombre de ces contrats qui passent de 460.000 en 2016 à 320.000 cette année, et seront réduits à 200.000 en 2018.

Les collectivités sont fortement touchées par cette baisse, qu’elles n’avaient pas prévu. « Dans une petite commune voisine, les deux personnes chargées de la propreté des rues étaient des contrats aidés. Maintenant il n’y a plus personne », raconte ainsi Pierre Polard.

« Certains de mes collègues vont voir leur préfet et se battent pour sauver leurs contrats. Mais nous avons besoin d’une démarche collective », explique-t-il. Il a donc écrit aux maires de la région Occitanie [7] pour leur demander de suivre son action et de conserver les personnes recrutés sous la forme de contrat aidé dans leurs communes.

Pierre Polard dépensera, pour une année pleine, 75.000 euros pour garder les 10 personnes qui finissent actuellement un contrat aidé, dont trois fin octobre. Par choix. « Mais si on met l’argent à cet endroit, on ne l’utilisera pas ailleurs », prévient-il.

Sans illusion

Il fera néanmoins cet effort financier, car il réfute l’argument du gouvernement, selon lequel les contrats aidés ne sont pas « un tremplin vers l’insertion professionnelle », comme l’a dit la ministre du Travail Muriel Pénicaud devant les députés en août. « Ces contrats permettent de vivre et de se sentir utile à la société. Nous avons aussi, depuis 2014, titularisé trois personnes. »

Alors il enverra la facture… sans illusion sur ce « geste symbolique ». Il voudrait néanmoins que tous les maires suivent son exemple, pour « montrer au gouvernement que des situations locales ne permettent pas de faire autrement », encore moins avec des budgets de plus en plus contraints. Avec comme but final de ne pas avoir à réduire l’offre de services publics aux habitants.