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Risques psychosociaux

Une démarche participative pour améliorer les conditions de travail au sein de l’Ehpad

Publié le 10/05/2019 • Par Solange de Fréminville • dans : A la Une santé social, Dossier Santé Social

groupe travail collectif démarche participative
Osterland - stock.adobe.com
L’Ehpad Simon-Hême, situé à Mer dans le Loir-et-Cher, a engagé une démarche de prévention associant une réorganisation du travail, la qualification du personnel, l’achat de matériel adapté… Le nombre de jours d’arrêt pour accident du travail a chuté.

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Dès son arrivée dans l’imposant Ehpad Simon-Hême (119 places dans trois bâtiments), le nouveau directeur, Yves Godard (1), a saisi l’opportunité offerte par l’ANFH Centre d’engager une démarche de prévention des risques professionnels. C’était en 2015 et la situation était inquiétante : nombreux accidents du travail, absentéisme élevé. Et pas de document unique, pourtant obligatoire depuis 2001.

« Il fallait protéger les professionnels et réduire les coûts de l’absentéisme », souligne le directeur.

Partir de la parole des agents

Premier chantier engagé : l’évaluation des risques professionnels, dans les vingt-quatre unités de travail identifiées (soins, animation, cuisine…). Le comité de pilotage, composé de la direction et des représentants du personnel, tous formés par un consultant (dans le cadre du projet ANFH), a animé en 2016 une réunion par unité de travail.

« Le but était de partir de la parole des agents : ce sont eux qui peuvent aider à repérer leurs risques au travail », pointe Yves Godard. Une démarche participative qui a permis d’établir un plan d’action pour améliorer les conditions de travail.

Pour prévenir les risques psychosociaux, une psychologue extérieure à l’établissement a animé un groupe de parole réunissant six aides-soignantes (AS), quatre agents de service hospitalier (ASH) et l’animatrice, au cours de dix séances, pendant un an.

« On s’est lâché, on disait toutes les difficultés au travail, ça m’a beaucoup aidée. Ça a permis d’entendre la souffrance des collègues, de lever des malentendus. C’est très enrichissant », confie une élue CGT.

Mais c’est aussi l’organisation du travail qui a été revue, notamment pour mettre fin aux glissements de tâches. Ainsi, la composition des piluliers et la distribution des médicaments aux résidents, confiées aux infirmières, étaient en partie réalisées par les AS et les ASH. Désormais, à l’aide d’un nouveau logiciel de soins, les piluliers sont préparés par les pharmaciens. Les infirmières, dotées de tablettes, les vérifient et distribuent les médicaments.

Montée en compétences

Autre action majeure : intégrer et qualifier le personnel, qui était pour un tiers contractuel. Vingt salariés ont été titularisés en trois ans. Et plusieurs agents sont montés en compétences : six AS sont devenues assistantes de soins en gérontologie, un ASH qualifié a pris les fonctions d’AS et une AS se forme au métier d’infirmière.

La démarche vise également la prévention des chutes et des troubles musculo­squelettiques : achat de chaussures de sécurité et de matériel adapté (lits médicalisés à hauteur variable, lève-malade…), formation au transfert de personnes, toilette en binôme pour les résidents les plus dépendants, etc.

Résultat : le nombre de jours d’arrêt pour accident du travail a chuté à 121 jours en 2018 (467 en 2016). Et le taux de cotisation AT-MP s’est réduit : 1,60 % en 2019, au lieu de 2,20 en 2017.

« Cela a renforcé l’esprit d’équipe » – Yves Godard, directeur de l’Ehpad Simon-Hême

« La démarche a demandé un investissement important de la direction et des agents. Parmi les nombreuses actions engagées, le groupe de parole a été très positif. Les agents ont évoqué les situations pathogènes, échangé, élaboré des stratégies collectives de résolution des problèmes. Cela a renforcé l’esprit d’équipe, permis de décloisonner les métiers, de mieux se comprendre. Les mesures prises contre les chutes et pour réduire les TMS, la déprécarisation et la qualification du personnel, ont également été positives. Pour améliorer le bien-être des résidents, il faut aussi améliorer celui du personnel. Autre point important : la démarche d’évaluation des risques professionnels m’a permis d’instaurer un dialogue avec les représentants du personnel, toujours dynamique aujourd’hui. Nous avons ainsi prévu de créer un groupe de travail paritaire sur les cycles de travail pour chercher ensemble des solutions. Pour autant, comme dans beaucoup d’Ehpad, les moyens manquent. Il faudrait six à sept agents de plus. »

Thèmes abordés

Notes

Note 01 Contact : Yves Godard, directeur de l’Ehpad Simon-Hême, contact@ehpad-mer.fr Retour au texte

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