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SERVICES PUBLICS
Les maisons de services au public, un dispositif qui devrait encore se développer
Marie-Pierre Bourgeois | France | Publié le 10/10/2017 | Mis à jour le 11/10/2017

Jacques Mézard a dressé un premier bilan positif, plus de deux ans après leur généralisation, des maisons de services au public, le 10 octobre. Aux côtés de Jacques Toubon et de Jean-Benoît Albertini, il a assuré que leurs financements seraient pérennes pendant tout le quinquennat.

maison-service-public-uneCréées pour répondre aux besoins des citoyens éloignés des administrations, notamment en zones rurales et périurbaines, il existe aujourd’hui 1 150 maisons de services au public ouvertes. Dans un seul lieu, les usagers sont accompagnés dans leurs démarches de la vie quotidienne : prestations sociales ou d’accès à l’emploi, transports, énergie, prévention santé, accompagnement à l’entrepreneuriat…

Jacques Mézard, le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Toubon, le Défenseur des droits et Jean-Benoît Albertini, le commissaire général au CGET se sont succédés à la tribune pour ouvrir cette grande journée de réflexion, à la Cité de la mode et du design à Paris.

Des maisons qui répondent aux fractures françaises

« Ces maisons sont une réponse aux fractures et aux déséquilibres territoriaux de notre pays. Il n’est plus acceptable que nos services publics reculent » a expliqué en préambule Jacques Mézard.

Le constat est partagé par Jean-Benoît Albertini, qui estime que « ces maisons sont un espoir à la hauteur de la préoccupation des élus et des usagers. Ces initiatives locales marchent très bien ».

Jacques Toubon veut, lui, avant tout rappeler que « l’accès aux droits recule devant l’éloignement des services publics ». « Les citoyens ont le sentiment physique que les guichets sont de moins en moins nombreux. Les prestations se réduisent tout particulièrement quand elles concernent l’accueil et l’accès à l’information. Vos maisons trouvent donc toute leur place dans ce contexte » a souligné l’ancien Garde des sceaux.

Des financements assurés

« Aujourd’hui, il est temps de donner une visibilité plus forte à ces maisons. Je mesure tous les jours l’engagement des élus locaux en faveur de ces lieux et je leur demande de continuer à le faire toujours plus vivement », a continué le Ministre.

L’ancien sénateur du Cantal n’est pas venu les mains vides devant un auditoire qui attendait d’ailleurs des annonces fermes. « L’Etat va poursuivre le financement des maisons de services publics dans les années à venir » a déclaré le ministre, qui n’a toutefois pas indiqué de chiffrage précis.

Il a également demandé au CGET, en charge du pilotage de la politique publique d’accessibilité aux services publics, de réfléchir à un nouveau cahier des charges des maisons. Il a enfin annoncé que les schémas départementaux d’accessibilité des services au public, attendus depuis la loi Notre, seront arrêtés « d’ici l’été prochain ». « Ces schémas permettront de créer des maisons 2.0 » a jugé le commissaire général du CGET.

Vers des maisons de services publics à moins de 20 minutes de tous les usagers ?

Pour ce faire, « un objectif chiffré sera diffusé à ce moment-là avec une priorité : étendre ce dispositif dans les territoires prioritaires comme ceux de la politique de la ville, les villes moyennes et les territoires ruraux. D’ici à 2020, il ne faudrait pas que les citoyens soient à plus de 20 minutes d’une maison de services publics », a précisé Jacques Mézard.

Autre priorité pour rapprocher les usagers des services publics, rendre leur numérisation véritablement accessible. « Il faut garantir partout l’accès à Internet et c’est pour cela que la volonté du gouvernement est d’assurer l’accès au très haut débit partout d’ici 2020. Il faut aussi accompagner les usagers qui peinent parfois à s’emparer de cet outil » a souligné le Ministre.

La numérisation des services publics, outil à double-tranchant

Le constat est partagé par Jacques Toubon. « La numérisation est une forme d’amélioration de la relation entre usagers et services publics. Il y a eu 2 millions de visiteurs l’an dernier sur le site Service-public.fr [3] par exemple. » Mais il met toutefois en garde. « Ce progrès ne doit pas créer de laissés pour compte. Un cinquième de la population peine ainsi à faire des démarches en ligne et ce sont exactement les mêmes qui sont les plus démunis et qui ont le plus besoin des services publics. »

« Il n’y a qu’une solution à cette situation : maintenir des services publics de proximité pour accompagner la dématérialisation. Regardez, Bercy a très bien su le faire pour remplir sa fiche d’impôt sur le revenu par exemple ! La dématérialisation doit donc être accompagnée », a estimé l’ancien Garde des sceaux. Si Jacques Toubon attendait que Jacques Mézard fasse des annonces à ce propos, il en a été pour ses frais.

« C’est bien pour cette raison qu’il faut mutualiser davantage les moyens entre l’Etat et les collectivités au titre de l’initiative mais aussi de l’accompagnement des usagers », a rebondi Jean-Benoît Albertini.

C’est Jacques Toubon qui, à l’issue des différents discours, a été le plus applaudi. « Je rêve qu’on consacre les économies faites par la dématérialisation à un grand fonds qui accompagnerait la formation des usagers à la numérisation des services publics ». Une interpellation restée, là encore, sans réponse.

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