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DOSSIER : Recherche, université, dans les collectivités, la science infuse
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/519962/la-prospective-pour-gouverner-autrement-carine-dartiguepeyrou-politologue/

[INTERVIEW] PROSPECTIVE
« La prospective pour gouverner autrement », Carine Dartiguepeyrou, politologue
Arnaud Garrigues | actus experts technique | Dossiers d'actualité | France | Publié le 31/08/2017 | Mis à jour le 15/09/2021

Que faire pour envisager une autre manière d’agir, plus consciente, plus responsable, plus solidaire des générations à venir ? La France semble résister aux changements devenus indispensables. Selon la politologue prospectiviste Carine Dartiguepeyrou, il est fondamental de donner plus d’importance aux parties prenantes, d’impliquer les acteurs et de faire évoluer les formes de gouvernance.

carine dartiguepeyrou

Si la notion de prospective s’est démocratisée, sa finalité et son potentiel ne sont pas toujours bien maîtrisés. C’est là qu’entre en scène la politologue Carine Dartiguepeyrou, en accompagnant les collectivités, entreprises et associations qui souhaitent se lancer dans ce type de démarche. « Le futur est déjà là », nous explique-t-elle dans son dernier livre (1) [1], et la réflexion sur le futur permet de ne pas être passif par rapport à ce qui est en train d’advenir.

Pour autant, l’exercice n’est pas facile. Comment les grandes mutations actuelles vont impacter nos sociétés ? Quelles seront les prochaines évolutions ? Comment se projeter dans le futur ? Tout d’abord, en identifiant les signaux faibles, en s’intéressant à ce qui nous lie plutôt qu’à ce qui nous divise, en s’appuyant sur les dimensions culturelles. Optimiste, l’auteure nous invite à prendre en compte la diversité des valeurs, à décloisonner, à trouver des synergies qui font sens.
Dans cette dynamique, il est fondamental de donner plus d’importance aux parties prenantes, d’impliquer les acteurs et de faire évoluer les formes de gouvernance. C’est une vraie évolution pour tous, élus comme agents territoriaux. Mais cette construction d’un futur en commun a du sens, par sa capacité à impliquer et à partager une vision.
Forte de son expérience à l’international, la politologue s’interroge sur « le syndrome français » et veut croire que notre pays a la capacité de se réformer et de mettre en œuvre des changements, qu’elle juge indispensables.

Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est la prospective ?

C’est en France qu’a été employé pour la première fois le terme de prospective. C’était au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, quand il a fallu reconstruire le pays. L’idée était de se dégager des contingences court-termistes, des plans stratégiques à cinq ans, pour regarder au-delà, en envisageant des horizons à quinze, vingt ou trente ans. Aujourd’hui encore, la prospective vise de tels horizons, à 2030, 2050 ou 2100. Mais, avec l’ère du numérique et l’accélération du temps, cet horizon se raccourcit. Certaines entreprises ont en effet du mal à se projeter à cinq ans !

REFERENCES

« Le futur est déjà là », Carine Dartiguepeyrou, éditions Le bord de l’eau, 2017, www.editionsbdl.com


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