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DOSSIER : Le Littoral, une ressource à protéger
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/508693/le-financement-impossible-de-ladaptation-des-territoires-littoraux-aux-risques-naturels/

URBANISME
Le financement impossible de l’adaptation des territoires littoraux aux risques naturels
Sylvie Luneau | Actu experts finances | Dossiers du Club Techni.Cités | Régions | Publié le 01/06/2017

De l’île de Ré (17) à Urrugne (64), en passant par Soulac-sur-Mer (33), la chambre régionale des comptes (CRC) de Nouvelle Aquitaine a procédé au contrôle de 7 intercommunalités et de 13 communes entre 2014 et 2016. Elle vient d’en publier une synthèse à l’usage des décideurs locaux. Cette analyse, sans concession, met en évidence les difficultés à dégager des stratégies d’aménagement, qui concilient les multiples enjeux de ce territoire littoral, à la fois très prisé et très fragile. Et avec quels financements ?

Côté urbanisme tout d’abord, l’avis de la CRC est très clair : « la planification littorale doit s’améliorer ». Elle manque d’ambition en matière de choix urbanistiques, de lutte contre l’étalement urbain ou encore de promotion des modes de transports collectifs par exemple. Les documents d’urbanisme « s’accommodent implicitement d’un développement « au fil de l’eau » faute d’orientations suffisamment prescriptives. »

Documents d’urbanisme peu ambitieux

Les documents d’urbanisme intègrent difficilement les objectifs environnementaux (biodiversité, trame verte et bleue, énergie, etc.). Les contrôles de la CRC ont révélé par exemple plusieurs annulations de PLU pour non respect de la loi « littoral » : Ciboure, Urrugne et diverses communes du bassin d’Arcachon.

Selon la CRC, « les politiques d’aménagement du littoral (…) ne semblent pas avoir encore tiré toutes les conséquences des différents enjeux urbanistiques. ». La prise en compte des risques, en particulier l’érosion et la submersion, est « parfois imparfaite ». Les territoires littoraux doivent donc développer davantage « une vision prospective » (1).

Collectivités en voie de « fragilisation financière »

Mais surtout, la CRC pointe les enjeux financiers « très conséquents », liés à la prévention des risques littoraux. Elle note que « des collectivités historiquement favorisées sont aujourd’hui en voie de fragilisation financière » et argumente en donnant de nombreux éléments chiffrés.

Ainsi, le programme d’actions de prévention des inondations (PAPI) de l’île de Ré a prévu 45 millions d’euros de travaux de reconstruction ou réfection des digues de protection. Le financement est assuré à 40 % par l’Etat, le reste étant à la charge, à part égales, de la région, du département et de la communauté de communes. Hors PAPI ...

REFERENCES