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VIE DES ÉLUS
Absentéisme des élus : l’Eurométropole de Strasbourg frappe au porte-monnaie
Didier Bonnet | Régions | Publié le 23/05/2017

Le président de l'Eurométropole de Strasbourg veut mettre en place des sanctions financières en cas d'absentéisme des élus. La raison de cette motivation ? L'absence d'un nombre suffisant de conseillers métropolitains pour organiser la dernière réunion de la commission permanente.

MicroRobert Herrmann, président de l’Eurométropole de Strasbourg (EMS), a piqué une grosse colère le vendredi 19 mai. La séance de la commission permanente, qui réunit la totalité des conseillers métropolitains soit 100 élus, n’a pu se tenir faute du quorum. « Il a manqué deux conseillers pour atteindre les 51 élus physiquement présents en séance », constate le président. Les règlements sont formels, c’est la présence en salle qui compte et non pas d’éventuelles procurations.

Un absentéisme « inacceptable »

« Ce n’est pas la première fois que nous constatons un fort absentéisme. C’est inacceptable et j’ai demandé à l’administration d’étudier la possibilité de prévoir des pénalités financière contre les élus absents. Ceux qui hiérarchisent leurs priorité au détriment de leur mandat doivent faire un choix : leur travail d’élu ou leurs autres activités », a annoncé Robert Herrmann.
Ce dernier prévoit de proposer à la séance plénière de fin juin une modification du règlement intérieur du conseil de l’Eurométropole.

Des sanctions financières potentiellement compliquées à mettre en place

La volonté a beau être là, elle ne sera pourtant pas évidente à mettre en place. Si des collectivités territoriales comme les régions disposent du droit de faire dépendre le montant des indemnités du taux de présence effective aux réunions, un EPCI comme l’Eurométropole n’est en principe pas fondé à agir de la sorte.

L’entourage de Robert Herrmann indique donc que le travail juridique et technique autour de la décision du président ne fait que commencer et que les modalités de l’amendement au règlement intérieur restent à étudier.

« Nous verrons bien qui osera s’y opposer »

Robert Hermann ne doute pas, lui, que les sanctions qu’il préconise seront bien appliquées. Nous verrons bien quels élus voudront s’opposer à cette modification du règlement intérieur et qui osera attaquer en justice, le cas échéant, son application », ironise-t-il.

Et de pointer du doigt l’absence régulière d’élus prônant par ailleurs leur volonté de « faire de la politique autrement ». Robert Hermann estime donc qu’il faudra agir rapidement, particulièrement dans le contexte actuel, quand les électeurs sont de plus en plus exigeants vis-à-vis de leurs représentants.

Autre raison qui explique le durcissement de ton du côté de la présidence, la nécessaire exemplarité des élus alors que l’agglomération demande de plus en plus d’efforts aux agents. « Nous exigeons de nos fonctionnaires une assiduité que les élus doivent eux aussi pratiquer. N’oublions pas que dans les grandes structures, des indemnités parfois conséquentes sont versées aux élus et que les contraintes n’ont rien d’excessives. J’en appelle au sens de la responsabilité. Jouer la chaise vide et devoir reporter une commission permanente faute de quorum est une situation que je ne veux pas revivre », insiste Robert Herrmann.

Aux absentéistes récidivistes, le message délivré est clair : « Si les responsabilités d’élus ne conviennent pas, ils doivent laisser la place », résume-t-il. Les sanctions financières restent selon lui, la meilleure réponse politique.