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DOSSIER : Smart city : les clés de la ville intelligente
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/505668/il-faut-rendre-la-smart-city-humaine/

SOCIÉTÉ NUMÉRIQUE
« Il faut rendre la smart city humaine »
Martine Courgnaud - Del Ry | France | Publié le 15/05/2017

Fabien Cauchi est PDG et fondateur de Metapolis, une société de conseil spécialisée dans la transformation numérique des territoires. Alors que les villes intelligentes semblent avoir le vent en poupe, comme l’indique la récente étude Smart city "La Gazette"-m2ocity, il nous livre quelques réflexions pour faciliter leur développement.

Smart-cities

De nombreuses collectivités ont lancé des projets ou entamé une réflexion stratégique sur la smart city. D’autres préfèrent commencer progressivement, en collectant par exemple des données à l’aide de capteurs communicants, avant d’entamer une démarche globale. Selon vous, quelle est la meilleure approche ?

La smart city n’est pas un empilement de projets, mais une manière de repenser les politiques publiques et les services urbains à l’aune du numérique. Les collectivités ne peuvent donc pas faire l’économie d’une réflexion de fond sur leur façon de mener les politiques publiques à l’ère numérique. La smart city doit prendre en compte la gouvernance, la transversalité et l’interopérabilité. Cette réflexion stratégique globale est la meilleure approche du sujet. Dans ce cadre, les collectivités doivent notamment prendre conscience de l’enjeu des données et de la nécessité de faire communiquer les réseaux, mais aussi prévoir des projets qui réunissent les services et les directions d’une même collectivité, et faire travailler ensemble plusieurs collectivités.

Comment rendre la ville intelligente ?

Plus que la ville, c’est le territoire qui doit être intelligent. Le fonctionnement en silo n’a plus de sens et on ne peut pas envisager d’être « smart » seul. Les collectivités doivent au contraire travailler en collaboration et selon plusieurs échelons d’intermédiation (intercommunalité, métropole, région…), en fonction des projets, voire des différents volets d’un même projet. En effet, l’échelle de la ville n’est pas suffisante. Par exemple, gérer la mobilité à l’échelle d’une agglomération n’a pas de sens : autour de la mobilité, il faut penser aux compétences voirie, aménagement, aux parkings en surface et souterrains, aux transports régionaux… Ce qui compte, c’est de prendre du recul. Le smart territoire impose aussi la mutualisation, qui permet notamment de répondre aux manques de ressources humaines et financières, des freins évoqués par les petites collectivités. Une mutualisation qui passe par l’adoption d’une « grammaire » d’échange commune, celle des données : elle permet de normaliser les échanges entre administrations. Il ne faut pas forcément une plateforme de données sur chaque projet, mais plutôt faire collaborer les différents services urbains entre eux sur une seule plateforme territoriale. Ainsi, pour Paris, la « maille de mobilité » gérée par la ville peut échanger ses données avec le Stif qui est en charge des transports régionaux, et avec les collectivités du territoire, la RATP, la SNCF et bien d’autres acteurs encore.

Les citoyens sont globalement très favorables aux démarches de smart city : seul un sur dix y serait réticent. Qu’en pensez-vous ?

C’est un résultat cohérent avec les constats généralement effectués par les personnes qui travaillent sur ce sujet. Et du reste, il est essentiel de recentrer les projets sur les citoyens, afin de rendre la ville intelligente plus humaine pour la mettre à leur service. Cette nécessité est apparue très récemment : auparavant, on pensait plutôt réseaux, smart grids, développement économique.

Quelle condition vous paraît indispensable à la démarche smart city ?

Il ne faut pas oublier que ce sont des projets qui demandent du temps. On ne fera pas des villes intelligentes en quelques mois, alors que certaines cités sont multimillénaires… Bien sûr, cela peut être frustrant politiquement.

Quel risque pourrait être lié aux villes intelligentes ?

Nous assistons à un véritable paradoxe : le numérique est devenu un tel enjeu de différenciation qu’on en perd de vue l’intérêt général. Or, il est indispensable de le remettre dans les politiques publiques numériques. La loi pour une République numérique [4] et le rapport Belot sur la smart city [5] vont dans ce sens.

CHIFFRES CLES

  • Agenda 8 juin

Forum Villes et territoires intelligents : Comment devenir une collectivité « smart » au service des usagers

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