Santé publique

Grenelle des antennes : Les collectivités sous pression – Reportage vidéo et interviews

| Mis à jour le 22/07/2013
Par • Club : Club Techni.Cités
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«Les élus locaux sont aux premières loges dans le débat sur les antennes-relais car ils se trouvent à la convergence de toutes les demandes paradoxales», relève Nathalie Kosciusko-Moriset, secrétaire d’Etat à la Prospective et au développement de l’économie numérique lors de l’ouverture de la table ronde «radiofréquence, santé et environnement», le 23 avril au ministère de la Santé.

Le but de cette réunion : définir une méthodologie, apporter des éclaircissements notamment sur ce que doit être une bonne étude scientifique. Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie a précisé «il n’y a aucun sujet tabou et s’il faut plus de temps pour débattre on prendra plus temps, comme l’on demandé les participants». «Ainsi la date prévue du 25 mai pour la réunion de restitution pourra être repoussée si nécessaire», a annoncé Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé.
Trois réunions thématiques sont prévues d’ici là, les 6, 14, et 15 mai.

Elus pris en sandwich
Les élus étaient nombreux : représentants des départements, des régions, des grandes collectivités et des maires. «La situation est extrêmement difficile pour les élus locaux, ils sont pris en sandwich entre une demande de couverture et de qualité de réception et la multiplication des associations et la mobilisation des riverains contre les antennes. La réglementation est relativement complexe et assez peu lisible. Il y a un effort à faire pour savoir quelque sont les outils qui sont à leur disposition», a reconnu Nathalie Kosciusko-Moriset.

Les associations militantes reconnaissent également l’importance du rôle des élus car «ils sont confrontés en direct à la question et ils savent qu’on ne peut pas laisser la situation en l’état», a précisé Janine Le Calvez de l’association Priartem. Elles souhaitent que l’Etat change la réglementation et abaisse le seuil d’émission des antennes relais à 0,6 V/m.
Etienne Cendrier, de l’association Robin des toits, soutient que ce seuil est celui «en deçà duquel les scientifiques indépendants n’ont pas constaté d’effet nocif pour la santé». Il espère que «le gouvernement ne va pas aller dans le sens de la protection des intérêts de l’industrie privée, mais dans le sens de la protection de la santé publique, tout en conservant la technologie.»

Suspendre l’implantation
Chantal Jouano a quant à elle évoqué «la possibilité de suspendre l’implantation des antennes en application du principe de précaution pendant le déroulement de la table ronde, et ce jusqu’à ce que l’Afsset rende son étude prévue pour septembre.»
Pour mémoire, les opérateurs de téléphonie mobile se trouvent coincés entre leurs obligations de service public de couverture du territoire vis-à-vis de l’Etat et des usagers et les récentes décisions de justice qui leur imposent le démantèlement d’antennes-relais. Pour la première fois, ces décisions s’appuyaient sur le principe de précaution et sur le risque qu’elles feraient courir pour la santé.
A.-K.P.

«Les maires ne veulent pas être impliqués dans des décisions de santé publique» – Interview de Jean Dionis, maire d’Agen et représentant de l’AMF au «Grenelle des antennes»

Quelle est la position de l’AMF par rapport à la question des antennes-relais ?
Notre position consiste à dire que les maires, surtout dans les zones rurales, sont pris entre des positions contradictoires. Une partie de nos concitoyens demandent une meilleure couverture alors que d’autres rejettent l’installation de nouvelles antennes. Nous sommes aussi face à un problème juridique car certains demandent l’application du principe de précaution, mais le Conseil d’Etat n’en reconnaît pas l’application. Nous avons besoin que l’Etat, tant les ministres que les préfets, parlent clairement sur le sujet.

Attendez-vous des mesures techniques à ce sujet ?
Peut-être que le moment est venu de baisser les seuils, de manière pragmatique et raisonnable. Ce «Grenelle des antennes» pourrait organiser cette baisse. Toutefois, les maires ne veulent pas être impliqués dans des décisions de santé publique comprenant des aspects techniques complexes. Nous n’avons pas à arbitrer ces questions sur le terrain.

Que pensez-vous de cette première table ronde ?
C’est une bonne chose ; le «Grenelle» est une bonne marque, c’est la conférence de toutes les parties prenantes. Je veux juste apporter deux bémols : ce n’est pas à cette occasion que l’on produira la vérité, un rôle qui appartient aux experts, et pas non plus à cette occasion que nous produirons de la légitimité démocratique. Comme pour le «Grenelle de l’environnement», il y a un moment où l’exécutif et le législatif doivent reprendre la main.
Propos recueillis par R.R.

Antennes-relais : l’Avicca réclame plus de transparence

L’Association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l’audiovisuel (Avicca), associée à la grande concertation sur les antennes-relais lancée le 23 avril 2009, prône avant tout, dans sa première contribution rendue publique le même jour, l’indépendance :

  • des organismes chargés de réaliser les études de mesure de champs,
  • du financement des études sur les risques sanitaires,
  • d’une étude comparative qui serait réalisée sur les différentes réglementations appliquées en Europe.

L’Avicca suggère par ailleurs une prise en compte immédiate des différentes technologies et bandes de fréquences (WiFi, WIMax, ou bien 800 MHz et 2,6 GHz dont l’utilisation en est au stade de la consultation publique).

Elle propose aussi de réaliser une étude sur les modalités d’accès aux points hauts, soumis, selon elle «à une pure logique de marché entre les besoins des opérateurs et les gestionnaires d’immeubles». Il faut «remettre le citoyen au coeur du débat public», conclut-elle.
V.F.

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