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Culte

«Face aux revendications religieuses, les élus sont empêtrés dans la peur et la subjectivité»

Publié le 02/12/2010 • Par Sophie Le Gall • dans : France

Anthropologue du fait religieux et auteure de "Laïcité mode d’emploi" , Dounia Bouzar expose à travers 42 cas concrets le cadre légal et les solutions pratiques pour appliquer le principe de laïcité.

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dounia-bouzarLa Gazette : Pourquoi est-il nécessaire, aujourd’hui, de donner le « mode d’emploi » de la laïcité ?

Dounia Bouzar : ces dix dernières années, le contexte a beaucoup évolué.
D’un côté, il y a la montée du radicalisme qui veut imposer le droit religieux sur la laïcité.
De l’autre, l’arrivée à maturité d’une génération de jeunes pratiquants musulmans de culture française.
À la différence de leurs parents qui avaient fait le choix de vivre leur foi dans la discrétion, cette génération revendique la liberté de pratiquer sa religion au sein de la société. On méconnaît et l’on confond ces deux forces.

Comment réagissent les élus face à cette situation nouvelle ?

Les élus, comme les chefs d’entreprise et toute personne qui a à faire respecter le principe de laïcité, sont empêtrés dans la subjectivité, par manque de repères, et dans la peur.
Plus précisément, ils sont pris entre deux peurs : qu’en accédant à une demande, ils ouvrent la boîte de Pandore, et, qu’en refusant une demande, ils soient taxés de racisme. Ils peuvent alors faire preuve de laxisme avec des radicaux et se montrer discriminants avec de jeunes pratiquants. Le dialogue va souvent tourner au rapport de force, ce qui n’est jamais la bonne solution.

Sont-ils demandeurs de solutions ?

Heureusement de plus en plus. Plusieurs communes ont engagé une réflexion, telle la Ville de Brest et celle de Villefontaine, avec lesquelles je travaille.
Quand j’interviens dans une commune, ce n’est pas pour parler de l’Islam, mais pour faire connaître le cadre légal.
Je me réfère à l’étude des lois, à la jurisprudence et aux délibérations de la Halde.
Nous partons d’un cas concret, qui concerne la commune ou qui s’est déjà posé ailleurs.
Par exemples : des riverains s’opposent à un projet de mosquée, des fonctionnaires veulent fêter Yom Kippour ou encore des administrées d’origine maghrébine qui demandent la création d’un cours de natation réservé aux femmes. Quel que soit le cas, la réflexion commune s’articule autour d’un axe de base :
est-ce que la demande à caractère religieux va exclure la personne ?
Mettre à mal la cohésion sociale ?
Chaque commune devrait engager sa propre analyse de la situation.
D’ailleurs, les communes qui comptent de fortes communautés issues de l’immigration ne sont pas les seules concernées.
Récemment, des communes bretonnes ont dû se positionner face à de jeunes femmes françaises de souche qui s’étaient converties à l’Islam.

Ces références à la loi sont-elles suffisantes pour trouver des réponses satisfaisantes ?

On est encore dans une période de défrichage. Il n’est pas toujours évident d’apporter une solution à chaque cas de figure.
Par exemple, j’expose dans mon ouvrage la problématique d’un camp de vacances sportif, organisé par le centre social, qui va se dérouler pendant la période du ramadan (en sachant que le ramadan se déroulera en période estivale jusqu’en 2015).
La problématique est la suivante : comment des adolescents qui souhaitent respecter le jeûne vont-ils pouvoir faire du sport de façon intensive sans mettre leur santé en danger ?
Et comment organiser les temps de repas avec le reste du groupe ?
Pour ce cas précis, je propose, en m’appuyant sur la réflexion engagée sur le terrain avec les communes, deux postures.
La première est basée sur un contrat qui engage l’adolescent à ne pas pratiquer le jeûne ;
la seconde, « plus expérimentale », rend possible la pratique du ramadan tout en se souciant de la cohésion du groupe.
S’il n’existe pas de recettes automatiques, les élus peuvent s’appuyer sur des critères qui leur permettent d’appliquer la laïcité à tous et de la même façon.

Références

Laïcité mode d’emploi, Dounia Bouzar, Editions d’Organisation, Eyrolles, octobre 2010

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Commentaires

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devoir de réserve

03/12/2010 09h14

Sous prétexte d’adaptation de principes intangibles à des réalités sociologiques nouvelles, les pouvoirs publics organisent en fait le démantèlement de la laïcité. Enormément d’élus ont déjà capitulé.

Je me souviens que ma mère, ultra-catholique, m’avait envoyé à l’école publique communale (en 1958 exactement) après m’avoir dûment chapitré afin que l’enfant que j’étais ait un comportement ouvertement militant (prière avant de s’asseoir en classe etc…). Evidemment, au premier avatar, je me suis fait recadrer par l' »ennemi », c’est à dire l’instit’.

Je lui en suis aujourd’hui très reconnaissant.

Cela ne l’empêchait d’ailleurs pas de laisser partir celui de ses élèves qui était enfant de choeur, chaque fois que le curé du village avait un enterrement à célébrer.

Voilà de la laïcité bien comprise.

duduche

03/12/2010 04h55

un peu d’humour svp

Sylvia

04/12/2010 01h07

Je suis consternée qu’une musulmane, admiratrice de Tariq Ramadan, proche des « Frères Musulmans », ait ses entrées auprès des élus de notre pays. C’est un grand danger pour la laïcité et pour l’égalité entre les sexes.Considérer que des horaires de piscine réservées aux femmes soit autre chose qu’un pur et simple apartheid est une insulte pour les femmes. J’aimerais que les élus soient plus à l’écoute des vraies attentes des Français, et aillent s’informer à d’autres sources que celles de la propagande islamiste.
Par exemple :
http://www.ripostelaique.com/Ras-le-bol-de-voir-Dounia-Bouzar.html

http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2005/01/05/504-le-retournement-incertain-de-dounia-bouzar

Alioth

05/12/2010 11h28

Je crois que ces histoires de religion commencent à nous sortir par les oreilles. Que chacun pratique sa réligion chez lui, sans embêter l’autre, et surtout ne pas oublier, que la France est un pays laïque. Ceux à qui ça ne plait pas peuvent aller pratiquer leur réligion dans les pays d’où est issue leur réligion. Tout comme le français qui a changé de religion, qu’il aille la pratiquer ailleurs si les lois françaises ne lui conviennent pas. UNE ABERRATION ! avoir une journée ou une heure pour la piscine uniquement réservée aux femmes, ça c’est du racisme, de la ségrégation !!!!! Honte à ceux qui n’ont fait qu’y penser. C’est releguer la femme au rang inférieur, surtout ne pas la voir se baigner, MAIS OU SOMMES NOUS ???? Nous revoilà au moyen âge, pauvres femmes que nous sommes !!!!

virginie

06/12/2010 09h08

ce livre est trés utile au contraire, il nous ouvre les yeux, on peut mesurer où en est la laïcité en France et prévoir son évolution à court terme ; il nous permet d’ anticiper, de réagir. Pour en revenir à des horaires ciblés pour les femmes à la piscine, c’est tellement incroyable que je remercie La Gazette de nous en faire part ; enfin, au Moyen Age lla mixité et la nudité étaient parfaitement toléré dans un contexte religieux strict, les hommes et les femmes se baignaient nus dans les rivières sans choquer personne, la majorité était à 12 ans pour les deux sexes… je pense que notre société est en pleine évolution, d’un côté des sites pornographiques accessibles à tous, de l’autre, des femmes se couvrent le corps de la tête aux pieds et demandent un accès réservé pour se baigner entre elles. le problème dépasse le thème de la laïcité…mon enfance à l’étranger dans une école où nous étions tous mélangés, musulmans catholiques, protestants, égyptiens koptes, syriens catholiques, animistes, grecs orthodoxes, juifs, me renvoie une image nostalgique de tolérance, d’invitations mutiples aux fêtes religieuses d’une richesse extrême dans le partage. La laïcité se vit, la bêtise, la violence doit être sanctionnée.

OliV

06/12/2010 10h17

Robert Redeker , aujourd’hui encore menacé de mort par des islamistes, avait déjà tiré la sonnette d’alarme dans sa célèbre tribune publiée dans le Figaro du 19 septembre 2006 intitulée « Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? »
« L’islam essaie d’imposer à l’Europe ses règles : ouverture des piscines à certaines heures exclusivement aux femmes, interdiction de caricaturer cette religion, exigence d’un traitement diététique particulier des enfants musulmans dans les cantines, combat pour le port du voile à l’école, accusation d’islamophobie contre les esprits libres.
(…) l’islam tient la générosité, l’ouverture d’esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des moeurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence.
Ce sont des faiblesses qu’il veut exploiter au moyen «d’idiots utiles», les bonnes consciences imbues de bons sentiments, afin d’imposer l’ordre coranique au monde occidental lui-même. »
Il n’y a aucune concession à faire à cette religion importée et qui bafoue les femmes. Je n’ai qu’une chose à répondre à Madame Bouzar, qui s’imagine qu’il suffit de se teindre en blond et de la jouer foulard discret pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes : face aux revendications musulmanes, la seule attitude digne des Maires de mon pays laïque est un « NON » ferme et définitif. Tout « accommodement raisonnable » est une trahison, et nos élus devront en rendre compte.

 

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