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DOSSIER : Présidentielle 2017 : les enjeux-clés pour les collectivités territoriales
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/499465/presidentielle-faut-il-reduire-la-part-du-nucleaire-et-accelerer-la-transition-energetique/

ELECTION PRÉSIDENTIELLE 2017
Présidentielle : faut-il réduire la part du nucléaire et accélérer la transition énergétique ?
Arnaud Garrigues | France | Publié le 10/04/2017

Les questions qui fâchent 1/10 : la Gazette fait le tour des questions qui font débat dans la campagne et concernent la fonction publique territoriale. Aujourd'hui, la question de la réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique français. Une question clivante, et qui amène certains candidats à s’inscrire dans les pas de celui qui a lancé le programme nucléaire français, le général de Gaulle. A l’opposé, certains misent sur la sortie du nucléaire et le 100% énergies renouvelables en 2050.

une-eolienne-nucleaireLe quinquennat qui se termine laisse un goût amer sur la question de la décentralisation énergétique. Comment donner un véritable coup d’accélérateur à la production d’énergies renouvelables dans les territoires, si l’on n’arrive pas à changer de paradigme énergétique en arrêtant la plus vieille centrale nucléaire française ?

Fermera ou fermera pas Fessenheim ?

Le dernier épisode de cette longue série est donc le report, par le conseil d’administration d’EDF, de la fermeture de Fessenheim, jusqu’à ce que la mise en service de la centrale de Flamanville permette d’assurer l’équilibre des rendements de l’entreprise. Le décret sur la fermeture [1] de la centrale est bien paru, mais sans fermeture effective, il serait très facile de revenir sur la décision.

Le dossier se retrouvera donc sur le bureau du prochain président de la République. Un coup habile, de la part d’EDF et de ses administrateurs, car ils n’ont affiché d’opposition frontale et ont juste reporté la question sur le prochain gouvernement. En fonction du choix que feront les Français, cette décision emblématique concernant Fessenheim pourrait être revue : François Fillon et Marine Le Pen  sont en effet opposés à cette fermeture, à l’inverse de Benoit Hamon ou Jean-Luc Mélenchon qui se sont engagés à l’arrêt du site. Plus pragmatique, Emmanuel Macron s’est inscrit dans les pas de Ségolène Royal et de la Loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV). Il attendrait le démarrage de l’EPR de Flamanville – déjà maintes fois reportée – pour fermer Fessenheim, en visant à l’application  du principe de la LTECV de fixer un plafond pour la production d’énergie nucléaire de 63,2 GW.

Relancer le nucléaire…

Mais au-delà du cas emblématique de cette centrale, il s’agit de savoir si les candidats à l’élection présidentielle font le pari de miser à nouveau sur le parc nucléaire, en prolongeant sa durée de vie et en réalisant le fameux « grand carénage », ou s’ils souhaitent fermer progressivement ces centrales nucléaires, en misant en parallèle sur le développement des énergies renouvelables.

Là encore, on retrouve le duo François Fillon et Marine Le Pen qui souhaitent prolonger la durée de vie des centrales nucléaires, le candidat LR laissant même entendre qu’il pourrait revenir sur l’objectif de ramener à 50 % la part de nucléaire dans le mix énergétique à l’horizon 2025.

Fidèle à sa prudente logique, Emmanuel Macron propose d’attendre la publication de l’avis de l’Autorité de sureté nucléaire, prévu en 2018, pour trancher sur cette épineuse question. Quant à Jean-Luc Mélenchon et Benoit Hamon, ils misent sur un arrêt au fil de l’eau de ces centrales nucléaires, en fonction de l’évolution de leur état, et pour le premier, sur l’arrêt des projets d’EPR à Flamanville mais aussi en Angleterre, à Hinkley Point. Une logique à laquelle il faut ajouter la renationalisation d’EDF et d’Engie.

…ou aller vers 100% d’ENR

Si l’on se place désormais de l’autre côté de cette balance de la transition énergétique, les postions sont moins clivantes. Tous les candidats souhaitent le développement des énergies renouvelables (ENR), mais ils misant sur différentes formes d’énergie. Marine Le Pen est la seule à demander un moratoire sur les éoliennes, accusées de tous les maux, en préférant parier sur le solaire, le biogaz et le bois. François Fillon souhaite que les ENR fassent la preuve de leur performance,  et préfère que ces énergies soient autoconsommées plutôt que soutenues par des tarifs de rachat.

En toute logique avec leur vision sur le nucléaire, deux candidats, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, font le choix ambitieux d’une vraie transition énergétique, en reprenant l’objectif des scénarios negaWatt et de l’Ademe : atteindre 100% d’énergies renouvelables en 2050. Pour le premier, cela passe par un rôle de planification et de programmation de l’Etat. Pour le second, par la création d’une Europe de l’énergie et des investissements massifs, avec, en complément, la proposition la plus ambitieuse concernant  la taxe carbone : doubler son prix à l’horizon 2030, pour atteindre non pas 100 mais 200 euros la tonne. Une mesure importante, qui devrait s’accompagner d’un fléchage de cette ressource financière vers les collectivités (régions et intercos) qui pourraient ainsi financer leurs actions en matière de planification, avec les PCAET et les SRADDET.

 

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