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PRÉSIDENTIELLE
Présidentielle : drague ou attaque sur la fonction publique
Bénédicte Rallu | A la Une RH | France | Publié le 22/03/2017

Invités à s’exprimer sur le Manifeste de l’Association des maires de France le 22 mars à la Maison de la Radio, les candidats à l’élection présidentielle ou leurs représentants ont peu abordé le sujet « fonction publique ». Lorsqu’ils l’ont fait, ce fut surtout pour la mettre à contribution dans l’effort de redressement du pays. Ou plus ouvertement pour séduire les agents.

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« Garantir et moderniser le statut de la fonction publique territoriale. Mieux associer les employeurs publics territoriaux aux décisions concernant leurs agents ». Pour ce qui est de la fonction publique, c’est sur cet engagement numéro 10 du Manifeste des maires [1] que les candidats à l’élection présidentielle étaient amenés à se prononcer ce 22 mars lors du rassemblement organisé par l’Association des maires de France.

Trois fonctions publiques gérées séparément

Sur les onze candidats (ou leurs représentants), seuls trois ont réellement abordé le sujet. Premier à le faire, Emmanuel Macron (En Marche) a proposé de donner la possibilité de gérer de « manière séparée » la fonction publique territoriale, la fonction publique hospitalière et la fonction publique d’Etat. Au nom d’un « principe de flexibilité » accordé aux collectivités territoriales.
Il s’agirait ainsi, selon lui, d’éviter par exemple, que la hausse du point d’indice dans la FPH ne « tire » les trois fonctions publiques. Celles-ci «ne doivent pas répondre aux mêmes règles, aux mêmes dynamiques ».

Deux jours de carence et une plus grande autonomie pour recruter

Mais c’est François Fillon (LR) qui s’est montré le plus virulent et le plus concret sur le sujet. La réduction des dépenses publiques, prévue dans son programme devant conduire au redressement économique et social du pays, passe par un effort demandé aux fonctionnaires. Concrètement, cela se traduirait par l’instauration de « deux jours de carence » en cas d’arrêt maladie pour ceux-ci et une « plus grande autonomie de recrutement » pour les collectivités territoriales. Celles-ci obtiendraient davantage de marges de manœuvre pour recruter « hors statut ».

 Retour aux 39 heures

Surtout, François Fillon propose un retour aux 39 heures pour les fonctionnaires. Ces propositions auraient pour corollaire un engagement des collectivités à contribuer à la baisse des dépenses publiques. « Ce ne sont pas des propositions démagogiques, ni faciles. Mais on ne redressera pas [le pays] s’il n’y a pas un effort de fait sur le volume d’heures travaillées », a-t-il revendiqué. L’occasion aussi, selon lui, de redonner des perspectives de carrières et d’augmentation des rémunérations aux fonctionnaires.
Bien sûr les collectivités sont « libres » sur ces questions d’effectifs, a-t-il rappelé. « Personne ne peut imposer de quotas », a-t-il reconnu. Le candidat LR propose donc aux collectivités « de se mettre d’accord sur les objectifs pour cinq ans ».

Quant au troisième intervenant sur le sujet, David Rachline, qui représentait Marine Le Pen (FN), il a tenté de séduire les fonctionnaires en proposant la revalorisation du point d’indice.

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