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TRÈS HAUT DÉBIT
Numérique : attirer les opérateurs sur les réseaux d’initiative publique
Martine Courgnaud - Del Ry | France | Publié le 13/03/2017

Une dizaine de milliards d'euros seront encore nécessaires pour irriguer le pays en très haut débit et les réseaux d'initiative publique ont besoin des opérateurs privés pour assurer une partie des financements. Les États généraux des réseaux d'initiative publique ont fait le point le 9 mars.

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Le plan France très haut débit arrive à mi-parcours. Il vise à apporter le très haut débit fixe à tout le territoire d’ici 2022 — dont 80% en fibre optique. « Un objectif tenable à condition de mobiliser les technologies hertziennes, terrestres et satellitaires dans les prochaines années », a affirmé Antoine Darodes, directeur de l’Agence du numérique, lors des 6èmes États généraux des réseaux d’initiative publique, les Egrip, qui se tenaient à Deauville (Calvados), le 9 mars. Des réseaux d’initiative publique (Rip) se construisent un peu partout, financés entre 50 et 60% par des fonds privés. Or, environ 10 milliards d’investissements sont aujourd’hui encore nécessaires.

La concurrence entre opérateurs, le meilleur outil pour les collectivités

Pour rentabiliser ces Rip, où 5 à 7 millions de prises FTTH restent à construire, la concurrence entre opérateurs privés est fondamentale. À cet égard, la récente arrivée de TDF en tant que nouvel opérateur devrait booster le marché et multiplier les offres à destination des collectivités. Au-delà de la concurrence et de la multiplicité des opérateurs, ce sont aussi le taux de pénétration et la qualité des offres qui importent, selon Cyril Luneau, directeur des relations avec les collectivités locales d’Orange.

Les opérateurs regardent aussi le volume des projets (nombre de prises…), pour ensuite déployer les équipes et le processus de commercialisation adaptés. Le conseil régional de Normandie étudie la création d’une plateforme pour favoriser la commercialisation des différents Rip de la région, avec pour objectif de favoriser l’arrivée des opérateurs nationaux. « Une idée qui complexifie le raccordement, estime cependant Cyril Luneau, les systèmes d’information des opérateurs de Rip opérant déjà sur tout le territoire ».

Une rentabilité à long terme

Mais les opérateurs nationaux viennent progressivement sur les Rip, « petit pas par petit pas », constate Nathalie Dirand, directrice du développement de Covage, qui pense que des opérateurs dédiés à la fibre dans les zones couvertes par les RIP, comme Vitis, amorcent aussi une dynamique incitant la venue d’autres opérateurs. Toutefois, pour Étienne Dugas, président de la Firip, les réseaux étant construits pour 50 ans, le moment où les grands opérateurs arriveront ne serait finalement pas fondamental.

Christophe Genter, directeur adjoint du département numérique de la Caisse des Dépôts, a expliqué que les opérateurs qui investissent dans les Rip doivent s’attendre à une rentabilité à long terme, et en tout cas postérieure au début de la commercialisation, période toujours à risque. Car, aujourd’hui, les abonnés ne basculent pas volontiers vers la fibre. Même si cela devrait s’améliorer avec la sortie du décret et de l’arrêté sur le statut de « zone fibrée » [4] (instauré par la loi Macron [5] puis modifiée par la loi pour une République numérique du 7 octobre 2016 [6]), prévus en principe pour juillet prochain.

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