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DOSSIER : Présidentielle 2017 : les enjeux-clés pour les collectivités territoriales
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/491785/deserts-medicaux-que-proposent-les-candidats-a-la-presidentielle/

SANTÉ
Déserts médicaux : ce que proposent les candidats à la présidentielle
Isabelle Raynaud | France | Publié le 06/03/2017

Les déserts médicaux sont désormais un réalité pour de très nombreux territoires. Face à cet enjeu, les candidats à l'élection présidentielle prennent position, allant du déremboursement des consultations des médecins en zone sur-dotée au développement de la télémédecine.

stethoskop mit euroLes déserts médicaux s’étendent, partout. Touchant d’abord les zones rurales, le phénomène est aujourd’hui une préoccupation dans tous les territoires : campagnes, banlieues et même Paris si l’on prend en compte la présence ou non de médecins en secteur 1 (qui ne peuvent appliquer de dépassements d’honoraires).

La question est donc abordés par la majorité des candidats à l’élection présidentielle de 2017, avec des propositions assez proches et qui ne bouleversent pas ce qui a été mis en place par le gouvernement sortant.

Hamon : coercition, un gros mot

Benoît Hamon est le seul candidat à inscrire dans son programme [1] le déconventionnement des médecins qui s’installeraient en zone sur-dotée. En clair, les patients des médecins qui s’installeraient là où on n’a pas vraiment besoin d’eux ne seraient plus remboursés de leurs consultations par l’Assurance maladie. Le système, déjà en place pour plusieurs professionnels de santé (infirmiers, kiné…) a souvent été demandé, sans résultat pour l’instant.

Pourtant, lors de la présentation de son projet santé devant les responsables mutualiste, mi-février, il ne reconnaissait sa proposition que du bout des lèvres, sans sembler vraiment l’assumer :

La coercition ne sera pas efficace si, sur le modèle de l’ENA, on oblige les jeunes médecins à s’installer dans un lieu précis.

En effet, comme le souligne les syndicats de médecins, les études étant longues, une fois l’étudiant diplômé, il a en général déjà des plans de vie. « Mais quand il y a installation dans zone surdotée, il y aura déremboursement », assure cependant Benoît Hamon.

Mélenchon : recrutement de généralistes fonctionnaires

Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France Insoumise, ne parle pas d’obliger les médecins à s’installer là où il manque mais de créer un corps de 10.000 médecins généralistes fonctionnaires. Objectif ? « Pallier l’insuffisance de médecins dans certaines zones ». Les praticiens travailleraient dans des centres de santé publics. Il explique [7] :

Il y a plein de jeunes gens qui sont d’accord pour avoir cette vie. La preuve, c’est que vous avez plein de jeunes médecins qui font des cabinets collectifs, donc ça doit être possible.

 

Macron : développer les maisons de santé pluridisciplinaires

Emmanuel Macron prévoit d’augmenter le numerus clausus, sans néanmoins préciser de chiffre. Cette mesure peut néanmoins sembler insuffisante : d’une part le numerus clausus a régulièrement été augmenté ces dernières années, d’autre part compte tenu de la longueur des études. En effet, même si un nombre plus important d’étudiants passaient en deuxième année de médecine en 2018, ils ne pourraient exercer avant une dizaine d’années…

Par ailleurs, des médecins plus nombreux en général ne signifie en rien plus de médecins dans les déserts médicaux.

Le candidat annonce donc aussi vouloir doubler le nombre de maisons de santé « pour répondre aux attentes nouvelles des professionnels à travailler en groupe et ainsi favoriser leur installation dans les territoires sous dotés ».

 S’il ne croit pas aux mesures contraignantes sur l’installation des médecins, Emmanuel Macron veut « déverrouiller massivement » l’accès à la télémédecine.

Fillon : lier télémédecine et fibre optique

Le développement de la télémédecine est également l’un des points importants du programme santé [17] de François Fillon qui souligne le lien de cette question avec le déploiement de la fibre optique sur tout le territoire. « Que l’Etat se débarrasse d’un grand nombre de participation dans des entreprise pour créer un fonds d’investissements pour le haut débit », demande-t-il pour pouvoir ensuite développer une politique de télémédecine sur tout le territoire.

François Fillon prévoit aussi de combattre les déserts médicaux en développant les maisons médicales, sans fixer d’objectif précis mais en laissant « une grande liberté d’organisation aux professionnels de santé pour créer les structures les plus adaptées ». Le candidat de la droite annonce également des Etats généraux de la santé fin 2017 pour « arrêter définitivement les mesures de modernisation de notre système de santé solidaire ».

Le Pen : le recours aux médecins retraités

La candidate FN veut lutter contre les déserts médicaux en instaurant un stage d’internat pour les étudiants en médecine dans les zones sous-dotées, mais aussi en permettant aux médecins retraités d’y exercer avec des déductions de charges. Des mesures déjà mises en place par les gouvernements successifs.

Marine Le Pen annonce également le maintien « au maximum » des hôpitaux de proximité, sans que ce maximum ne soit défini dans son programme [19].

Nicolas Dupont-Aignan : ouvrir le numerus clausus

« Il faut ouvrir le numerus clausus à 10 000 étudiants par an. » La proposition choc de Nicolas Dupont-Aignan, le candidat de Debout La France, augmenterait le nombre d’étudiants acceptés en deuxième année de médecine de près de 25%. « 10 000 c’est le minimum, car aujourd’hui 25% des nouveaux médecins sont étrangers », ajoute le député de l’Essonne.

« Il faut que la France assure son renouvellement médical », avec une restriction du nombre des médecins étrangers autorisés à exercer dans l’Hexagone ajoute-t-il dans son programme [23].

Sur ce point précis, le candidat de Debout le France veut mettre en place des mesures très fortes d’incitation mais pas d’obligation. Il propose ainsi de diminuer les cotisations Urssaf aux médecins qui s’installeraient dans les déserts médicaux.

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