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[EDITO] PRÉSIDENTIELLE
Des idées… à marche forcée
Jean-Marc Joannès | France | Publié le 24/02/2017

Affaiblis, les partis politiques ont abandonné le débat d'idées et laissé le champ libre aux think tanks qui s'en donnent à cœur joie en période électorale. Un risque pour la démocratie ? La question mérite en tout cas d'être posée...

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Attention ! Think tank, cela se traduit par « réservoir d’idées ». Mais cet anglicisme, de nos jours, pourrait se traduire par « machine à marteler des idées, à les faire avancer coûte que coûte, à labourer le terrain politique tout en restant insensible aux répliques ». Poursuivre son but sans dévier et enfoncer les idées. En somme, comme un char d’assaut (1) [1]

Affaiblissement

L’avènement des think tanks, au même titre que l’organisation de primaires « ouvertes », est le signe d’un affaiblissement des partis politiques, qui font appel à des éléments extérieurs pour élaborer leurs programmes et choisir leurs candidats. Les think tanks semblent avoir conquis le terrain, politique et médiatique. C’est ce que montre, notamment, notre dossier « Qui veut la peau des fonctionnaires ? » dans La Gazette » du 27 février 2017. Une percée visible, dès avant les primaires et la campagne électorale en cours. Le « fonctionnaire bashing » [2] se nourrit abondamment de leurs pensées, par nature très orientées.

Risques

Y a-t-il un risque démocratique ? Non, tant que les filiations sont clairement affichées. D’ailleurs, l’outrance de certains propos permet d’identifier les obédiences politiques… Mais le risque existe. D’une part, sur leur financement. Les think tanks ne tombent pas sous les fourches caudines de la transparence de la vie politique et du financement des partis. La question deviendrait essentielle si ces organismes en venaient à remplacer complètement, dans les faits, les mouvements et les candidats à court d’idées.

D’autre part, le risque est médiatique : les plateaux télé, chromés mais en mal d’experts (et par démission journalistique !), ont vite fait d’inviter telle ou telle figure « qui passe bien », qui « fait le buzz ». Alors, la question revêt une autre ampleur et ramène, au-delà des think tanks, à la politique spectacle qui favorise les affirmations les plus populistes et les postures les plus iconoclastes. Du moment qu’elles attirent l’attention !

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