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DOSSIER : Les villes font-elles toutes la même chose ?
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/475242/grands-equipements-tout-le-monde-se-leve-pour-les-tours/

POLITIQUES PUBLIQUES
Grands équipements : tout le monde se lève pour les tours
David Picot | Dossiers d'actualité | France | Publié le 05/12/2016 | Mis à jour le 02/12/2016

Les tours émergent à nouveau en France. Qu'elles soient destinées à du logement ou à des activités tertiaires, elles sont un marqueur de la transformation urbaine.

Silence, elles poussent ! « Oui, les tours reviennent dans nos villes mais de façon cachée », explique, un brin énigmatique, Manuel Appert, maître de conférences en géographie et aménagement (université de Lyon 2). Dans le sillage de Lyon et de ses tours Oxygène (117 mètres) puis Incity (202 mètres, flèche comprise), plusieurs métropoles ont décidé de reprendre un peu de hauteur. C’est le cas, à différents étages, de Lille, Bordeaux, Toulouse, Marseille ou encore de Nantes.

Mais elles avancent effectivement à tâtons…« Il est très intéressant de s’arrêter sur le vocabulaire employé », poursuit le géographe. « Dans leurs argumentaires de communication ou de vente, aménageurs et promoteurs évoquent rarement le mot tour.»

L’on entend ainsi parler d’« émergence », de « vue », de « point de vue sur la ville », de « domination », de « signal » et autres « complexes panoramiques ». La future tour Triangle de Paris, faisant tout de même exception…

Viser la légèreté

La tour serait donc toujours porteuse de perceptions négatives, souvenir des grands ensembles érigés dans les années 60. Pour Gérard Penot (Atelier Ruelle), le traumatisme est très présent. « Il existe toujours une méfiance, voire une opposition, à introduire du logement et a fortiori du logement social dans une tour. » Comme c’est le cas par exemple à Lille (231 500 hab.), où des riverains s’élèvent contre le projet d’une tour de 56 mètres dans le quartier Vauban.

« Non, la hauteur ne marque pas la pauvreté », poursuit le Grand Prix de l’urbanisme 2015, qui a travaillé sur des immeubles de plus de 50 mètres de haut à Nantes et à Lyon. « Il faut viser la légèreté. Ce type de bâtiment ne doit pas être massif, ni pesant. » Bordeaux comptera deux tours en structure bois d’environ 50 mètres qui relèvent du programme ...