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Disparition

Portrait de Georges Frêche en « décentralisator »

Publié le 25/10/2010 • Par Jean-Baptiste Forray • dans : France

Le patron du Languedoc-Roussillon, disparu dimanche 24 octobre 2010, incarnait la décentralisation pour le meilleur mais aussi pour le pire.

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Il était le dernier des grands féodaux. Un autocrate, érudit et fort en gueule, dressé contre le pouvoir parisien, ses préfets et ses directives.

Le méridional avait plongé dans le bain de l’action locale à la faveur de la vague rose des municipales de 1977. Le maire de Montpellier (1977-2004), décédé ce 24 octobre, avait passé ses vingt ans sur les bancs de HEC. Georges Frêche incarnait un socialisme urbain pétri de développement régional.
Un profil aux antipodes de François Mitterrand, amoureux de la France des sous-préfectures, rétif aux charmes de la science économique. Aux lois de décentralisation de 1982-1983, le député PS (de 1973 à 1993, puis de 1997 à 2002), n’avait été associé ni de près, ni de loin. Sur les deux rives de la Seine, à l’Elysée comme rue de Solferino, on se méfait de ce drôle de prof de droit romain aux airs de volatile.

Une ville en perpétuel chantier
Le latiniste allait pourtant user de l’arsenal defferien mieux que quiconque. Sa ville, dans les années 80, s’hérissait de grues. Le premier magistrat de Montpellier faisait tout ou presque avant tout le monde, de l’appel à un architecte international (Ricardo Bofill, pour construire l’ensemble urbain Antigone) à un Zénith dès 1985. En 2000, un seul Français figurait dans la liste des « 50 Européens qui innovent » du magazine américain Business Week : mister Frêche himself ! Sa dernière grande inauguration, le 3 septembre, en tant que patron de la communauté d’agglomération : l’Arena, première très grande salle de spectacle à sortir de terre au-delà des frontières du périphérique.

Georges Frêche croyait dur comme fer au renouveau des villes longtemps bridées par le pouvoir central. Sous son règne (1977-2004), Montpellier avait connu un boom démographique sans précédent, passant du 25ème au 8ème rang national. D’autres lauriers, sportifs et universitaires, attestaient également de cette renaissance.

Les pouvoirs en une seule main
Le tribun avait beau multiplier les saillies contre les « oukases » de Paris, il savait attirer les subsides étatiques. Sur les monts de Lozère, le patron de la région (1986-2004), Jacques Blanc attisait la jacquerie contre le « nouveau riche » de l’Hérault. L’antienne de l’ex-secrétaire d’Etat à l’agriculture de Valéry Giscard d’Estaing : Montpellier et le désert languedocien.
Entre les deux barons, une haine à l’état brut. Inexpiable. Le sénateur Blanc posait des mines anti-Frêche lors de l’acte II de la décentralisation. Il parvenait, in extremis, à faire adopter, un amendement destiné à détacher Palavas-les-Flots de l’agglo de Montpellier. Le grand dessein du maire de Montpellier, une méga-communauté de Sète à Alès et de Nîmes à Mèze, ne vît jamais le jour. Georges Frêche peinait alors à tisser sa toile. Son appel (de 1990, dans « La France ligotée ») à la transformation des départements en « circonscriptions administratives des régions » faisait grincer des dents.

Ses méthodes ne suscitaient pas l’unanimité non plus. Un bulldozer, Georges Frêche. Le super-maire accaparait tous les pouvoirs dans sa main. Il retrouvait très vite ses réflexes à la tête de la région, à partir de 2004. Sous sa férule, les assemblées locales se transformaient en chambres d’enregistrement. « Décentralisator », en somme… Seul, son éternel directeur général des services, Claude Cougnenc, avait son oreille.
L’électeur y était parfois davantage traité en client qu’en citoyen éclairé. Monnaie courante, le chantage aux subventions ou le coup de fil « furibard » aux journalistes locaux.

La folie des grandeurs
Au fil du temps, la folie des grandeurs le gagnait. Un jour, le voilà qui voulait rebaptiser le Languedoc-Roussillon du nom de Septimanie. Le lendemain, il installait des « ambassades » économiques à Milan, Shanghai ou New York.

Le président de région, marri de n’avoir jamais pu décrocher de maroquin, eut-il la tentation de jouer la carte de la région contre la Nation ? Non, sans doute. Simplement, le personnage n’était jamais à l’abri d’un coup de sang contre des harkis ou d’une analyse ethnique de la composition de l’équipe de France de football.
Tout, chez lui, se parait de politique. En cette rentrée, l’ancien « Mao » érigeait des statues à la gloire de Lénine ou du fondateur de la République populaire de Chine. Le livre noir des régions socialistes, opuscule made in UMP, faisait son miel de son action. Il avait, depuis longtemps, consacré la région Languedoc-Roussillon « championne de France de la hausse de la fiscalité ».

Le bateleur n’en avait cure. Son triomphe de mars 2010 contre l’appareil PS acquis à son ancienne fidèle, la maire de Montpellier, Hélène Mandroux, lui tenait lieu de bâton de maréchal. Il est pourtant fait peu de cas de ce passé récent dans les hommages gênés aux entournures que lui rendent adversaires et anciens camarades socialistes. De Georges Frêche, la plupart d’entre eux préfèrent retenir le bâtisseur et le « grand élu », qui, dans la lignée d’un Pierre Mauroy à Lille, faisait littéralement corps avec sa ville.

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Commentaires

Portrait de Georges Frêche en « décentralisator »

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nimialibertas

26/10/2010 09h34

L’histoire jugera, mais l’échec économique de sa politique pour cette métropole « d’équilibre » est patent : Montpellier n’a pas réussi à être ce pivot entre l’Arc alpin et la Catalogne, centre d’une Europe du sud. Aux réalisations de Bofill répond l’urbanisation anarchique de la conurbation montpelliéraine, les difficultés de mise en réseau de la périphérie, des taux de RMI-RSA très inquiétants et une mégalopole qui peine à trouver sa cohésion…

UN RËVEUR

26/10/2010 10h58

RESPECTEZ LE DEUIL SVP
L AVENIR APPARTIENT AU SUIVANT
PAIX A SON AME
ARRETEZ DE JUGER
la crise est passée par là aussi
MERCI

Lionel

26/10/2010 01h14

Les villes du monde entier qui réussissent sont pleines de grues de chantier. C’est moche, mais significatif d’un développement économique certain.
Montpellier s’est beaucoup développée sous le « règne » de Mr Frêche. Ce Monsieur, qui avait une forte personnalité, est resté fidèle à ses idéaux, et cette attitude est à saluer car elle devient rare de nos jours.
Les Montpelliérains l’ont plébiscité en le maintenant 27 ans en place.
Certains vont maintenant faire entendre leur voix haut et fort, ceux-là qui n’ont pas eu le courage de le faire lorsque Mr Frêche était encore en vie.

Pacato

26/10/2010 02h36

Un article lapidaire presque autant sur les travers de la décentralisation que sur l’homme politique. Revenons sur ce portrait : les polémiques nationales qu’a provoqué Georges Frêche provenaient de phrases sorties de leur contexte. Qu’il ait insulté les harkis alors qu’il était probablement l’élu national à avoir le plus fait pour eux ? Antisémite pour une « tronche pas catholique » alors qu’il a fait l’objet d’une polémique sur l’accueil dans le port de Sète d’une société d’export israélienne ? Des éclats soumis à des reprises plus ou moins immédiates par les médias et par les acteurs politiques en fonction des circonstances ont fait de Georges Frêche une caricature sur le plan national. Jusqu’à en oublier ce qui faisait son essence, au de là de l’image du personnage : la pertinence des programmes, la portée et le sens des actions entreprises et les résultats obtenus.
Et si son électorat régional l’a massivement réélu, c’est bien pour une seule vraie bonne raison : son action politique locale quasi irréprochable. La ville de Montpellier tout d’abord, transformée en trente ans en une métropole régionale dotée d’une vitalité démographique, d’un essor économique et d’une réelle qualité de vie. En second lieu, au plan de l’agglomération de communes qu’il a su réunir et doter d’une politique de cohérence territoriale novatrice. Enfin, au niveau de la région Languedoc-Roussillon qui a connu une forte impulsion sous sa présidence : sur la question des transports, des équipements scolaires, de l’aide au développement industriel et au renouveau agricole, tous deux promus internationalement. Permettez moi de saluer la mémoire d’un homme de valeurs, intègre, qui a tant apporté à Montpellier et à la Région Languedoc-Roussillon.

mrs_emma_peel

31/10/2010 08h09

« L’Arena, première très grande salle de spectacle à sortir de terre au-delà des frontières du périphérique » : c’est étrange il n’y a pas de périphérique à Montpellier… Et on ne parle certainement pas de celui de Lyon… Après 2 secondes de réflexion je réalise que le journaliste a sans doute voulu parler du périphérique parisien ? C’est vraiment un comble de trouver ce genre de référence pariso-parisienne sur un support tel que La gazette des communes !

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