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Éducation

Décrochage scolaire : le maillon faible c’est l’enseignant face à l’élève

Publié le 19/06/2018 • Par Véronique Garcia • dans : A la Une santé social, Dossier Santé Social

décrochage scolaire difficultés devoirs
Olivier.Tabary@gmail.com
Qui décroche et pourquoi ? La recherche a mis en évidence des facteurs individuels ou liés au contexte et, plus difficiles à appréhender, des interactions entre les deux. Bonne nouvelle, le décrochage est cependant le résultat d’un processus relativement prévisible sur lequel il est possible d’agir en amont. À condition que les enseignants et les adultes en contact avec l’enfant soient formés à détecter les signes précurseurs et à agir en conséquence.

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Parmi les déterminants personnels, le genre est une caractéristique essentielle : en France, 10,1 % des hommes de 18 à 24 ans sont des sortants précoces du système scolaire, contre 7,5 % des femmes.

La meilleure réussite scolaire des filles est attribuée à la différenciation des rôles sociaux, renforcée par une socialisation scolaire qui préparerait davantage les filles au respect et à l’intériorisation des normes.

Trois fois plus élevé dans les milieux populaires

Le milieu socio-économique influence également. Le risque de décrochage serait trois fois plus élevé, à compétences scolaires identiques, chez les enfants des milieux populaires. Le niveau de diplôme des parents, surtout de la mère, semble aussi déterminant. Tout comme une attitude positive et encourageante des parents vis-à-vis de l’école, leur implication dans l’aide aux devoirs, le contrôle du travail, le traitement des difficultés scolaires, les relations avec l’école.

La structure familiale joue un rôle et les enfants issus de familles monoparentales ont un risque de décrochage plus élevé mais moins qu’on le croit généralement. En effet, tout comme pour les origines culturelles ou ethniques, c’est surtout le statut socio-économique de la famille qui influe.

À origine sociale et niveau scolaire équivalents, il apparaît même que les enfants d’immigrés du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne décrochent moins souvent que les enfants de familles d’origines non immigrées.

Les troubles du comportement comme l’agressivité, la délinquance ou la dépression sont corrélés au risque de décrochage mais certains chercheurs pensent qu’ils sont plus des conséquences que des causes des difficultés familiales et scolaires.

Le marché du travail et l’offre de formation jouent un rôle

À ces risques individuels s’ajoutent, souvent plus surprenants, révélés par la recherche, des risques liés à l’environnement. Ainsi, si le décrochage scolaire est très important dans les espaces les plus défavorisés socialement, par exemple les Hauts-de-France, il l’est également sur d’autres territoires, comme l’Aquitaine ou le pourtour méditerranéen.

Trois autres facteurs semblent donc jouer aussi des rôles influents. Le marché du travail local qui produit des incitations et des opportunités pour l’arrêt des études (marché local du travail attractif en emplois peu qualifiés) ou au contraire pour investir dans la formation. L’offre de formation présente localement dans l’établissement scolaire (« effet établissement ») ou au dehors : diversité, proximité, accessibilité…

L’environnement scolaire enfin : plus un établissement comporte d’élèves défavorisés, plus le risque de décrocher augmente, indépendamment des caractéristiques individuelles. Les conditions difficiles et la dégradation des relations entre enseignants et élèves expliqueraient ce phénomène.

Le décrochage incrimine aussi l’organisation scolaire. La compétition exacerbée entre élèves, les redoublements et l’orientation contrainte le favorisent. Les fréquentations des élèves sont aussi en cause : les groupes de pairs en difficulté alimentent les difficultés scolaires.

L’élève en difficulté, antichambre du décrocheur

Les difficultés scolaires précipitent le décrochage au point de le rendre prévisible, surtout si elles sont précoces.

Les plus forts prédicteurs de la sortie sans qualification du système éducatif sont le redoublement en collège ou la faiblesse du niveau scolaire à l’entrée en sixième et, pour la sortie sans diplôme, le redoublement en primaire et le faible niveau de compétences en mathématiques et en français.

Les chercheurs distinguent généralement trois étapes préparatoires au décrochage : des difficultés scolaires précoces, des problèmes de comportement et l’absentéisme.

Au chapitre des difficultés précoces, on observe souvent l’existence d’une distance entre l’école et une partie des élèves puis la création de situations d’échec qui se fondent sur la stigmatisation ou sur des malentendus. Ainsi, alors que beaucoup d’élèves attendent de la scolarité un diplôme et un métier, l’école, elle, ferait du savoir une fin en soi.

Devoir apprendre avant tout « le métier d’élève » à base de consignes et de règles de comportement s’opposant au développement personnel, cognitif et professionnel déstabiliserait ainsi nombres d’élèves.

Aux yeux de leurs maîtres mais aussi de leurs pairs et de leurs familles, ils hériteraient indûment de ce malentendu le statut aggravant et stigmatisant d’ « élèves en difficulté », antichambre du statut de décrocheurs. Des chercheurs parlent ainsi de « découragement appris » et du sentiment d’injustice que ressentent et déclarent ses victimes.

Chez les élèves découragés, l’ennui en classe et la disqualification dans le regard des enseignants aggravent souvent les choses. Soit l’élève se soumet, au risque de devenir absent de la classe même quand il est là, soit il y résiste. Son opposition aux enseignants se manifeste alors par le refus du travail scolaire, le chahut, l’identification au rôle du « perturbateur ».

Ces « troubles du comportement » ne font qu’accroître sa stigmatisation et son rejet. Le décrochage est programmé…

Des chercheurs québécois ont observé une typologie des décrocheurs qui peut servir à les identifier et les « raccrocher » : le discret, le désengagé, le sous-performant, l’inadapté.

Les élèves démotivés s’associent dans une spirale négative

Principal signal d’alerte d’un décrochage annoncé, l’absentéisme peut être léger (retards), perlé (« séchages ») ou porter sur des journées entières. Il exprime souvent une volonté de s’échapper d’un univers perçu sur le mode de la contrainte. Il renforce généralement le rejet réciproque entre l’établissement et l’élève. Il oriente celui-ci vers une autre vie pour le meilleur, travailler professionnellement, ou pour le pire, la délinquance.

Mais l’absentéisme subit d’autres influences, notamment celle des « effets de pairs » : les élèves démotivés se reconnaissent et s’associent dans une spirale négative qui influence leurs résultats scolaires et leur probabilité de décrocher. En quête d’assurance et de reconnaissance dans leur groupe, ils sont prêts à lui sacrifier leur scolarité.

Corollairement, la politique des établissements pour prévenir et traiter l’absentéisme est un facteur important dans la prévention du décrochage. En effet, toutes choses égales par ailleurs, un élève a près de 1,5 fois plus de risques de s’absenter si l’absentéisme est élevé dans son établissement.

La France se caractérise par un fort « effet-établissement »

Le sentiment d’être traité injustement par les enseignants augmente fortement les risques d’absentéisme et de décrochage. A contrario, le plaisir d’apprendre et une relation positive entre élèves et enseignants améliorent les résultats scolaires et préviennent les problèmes de discipline, deux facteurs importants du décrochage.

Contrairement à la plupart des pays de l’OCDE, la France se caractérise par un fort « effet-établissement » : 19 % des différences entre élèves en termes d’absentéisme tiennent à l’établissement fréquenté.

Seules la Hongrie et l’Estonie obtiennent des taux plus importants. Les pays comme la France où l’absentéisme entre établissements varie beaucoup sont aussi les pays où les résultats scolaires diffèrent le plus entre établissements.

De plus, seuls 40 % des élèves français déclarent un sentiment d’appartenance à leur établissement, contre 73 % dans la moyenne des pays de l’OCDE. Or, l’attachement à son établissement diminue absentéisme et décrochages.

La communauté éducative se fragmente

Le point faible principal de la lutte contre le décrochage est désormais là. On le devine en filigrane dans les colloques et les publications de l’Éducation nationale : le maillon faible c’est l’enseignant face à l’élève, la représentation qu’il s’en fait, l’envie qu’il a ou non de sortir des disciplines et de la discipline pour valoriser et encourager chaque élève. La victoire contre le décrochage se jouera dans chaque classe au plan des relations humaines.

Pour l’heure, les enquêtes relèvent que peu d’enseignants sont préparés à prévenir le décrochage mais que peu fréquentent les formations ou les instances qui luttent contre. Beaucoup considèrent que la sélection des meilleurs est l’essence même de l’école et que, pour les laissés pour compte, il y a l’administration, les services médico-sociaux et même désormais leurs collègues « référents décrochages » institués en 2014 et, eux, payés pour traiter ce problème.

Dans beaucoup d’établissements, ce qui devrait être « la communauté éducative » se fragmente souvent et parfois se déchire face au décrochage.

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