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SÉCURITÉ
Délinquance : les « coordonnateurs » fustigent le plan gouvernemental
Hervé Jouanneau | Actu prévention sécurité | France | Publié le 22/10/2010

Un an après son lancement, en grandes pompes, par le Premier ministre et son gouvernement, le plan national de prévention de la délinquance et d’aides aux victimes affiche un bilan plus que mitigé.

C’est du moins ce qui ressort d’une enquête du Conseil national des villes (CNV) réalisée cet été auprès des coordonnateurs du partenariat local de sécurité (1) [1]. Ce document, validé le 7 octobre, devrait alimenter un avis du CNV en préparation.

Premier enseignement : 77,3% des coordonnateurs estiment que la gouvernance locale, censée être recentrée sur le maire, n’a pas changé. Pire, ils évoquent « l’impression d’un retour en arrière, d’une perte de sens ».

« S’il y a toujours eu des orientations et des priorités nationales – qu’ils ne contestent pas, soulignent les auteurs, leur déclinaison locale s’est en général faite dans la coproduction du fait de la primauté à la réalité de terrain incarnée par le maire et le contexte territorial ». Or, constatent-ils, « depuis les derniers plans, le préfet demanderait au maire de devenir un supplétif de l’Etat afin de permettre la réussite des actions nationales ».

Et de déplorer entre autres la « confusion » née du remplacement des contrats locaux de sécurité, par des « stratégies territoriales » qui viseraient surtout « à ce que les plans des villes reprennent les orientations nationales ».

Prédominance de la vidéosurveillance

S’agissant des financements, 60,3% des « coordonateurs » interrogés soulignent une baisse ou une diminution de l’enveloppe, qu’il s’agisse du fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) ou des crédits issus du contrat urbain de cohésion sociale.

En outre, « la prédominance de la vidéosurveillance, qui a pu atteindre 80% voire 85% des financements FIPD sur un département, réduit d’autant les moyens humains », déplorent-ils.

Autre grief formulé : « la répartition association/collectivité n’est pas juste et ne correspond pas aux besoins locaux ». Ils relèvent une « contradiction entre les objectifs du plan national et les financements accordés », aucun crédit n’ayant été dégagé pour les postes de coordonnateurs ni pour les associations d’aide aux victimes ou de lutte contre les violences faites aux femmes, priorités pourtant affichées par le gouvernement.

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