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DOSSIER : Présidentielle 2017 : les enjeux-clés pour les collectivités territoriales
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/473016/alain-juppe-le-girondin/

ELECTION PRÉSIDENTIELLE 2017
Alain Juppé, le Girondin
Jean-Baptiste Forray | A la une | Dossiers d'actualité | France | Publié le 22/11/2016

Sous le technocrate néo-gaulliste, a percé un chaud partisan des libertés locales. Sa transformation de la ville de Bordeaux fait de lui le candidat des métropoles lors du deuxième tour de la primaire de la droite et du centre, le 27 novembre. Pas sûr que cela soit un avantage.

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C’est un signe qui ne trompe pas. Parmi tous les staffs des candidats à la primaire de la droite et du centre, l’équipe d’Alain Juppé a été la seule à contacter directement La Gazette, le maire de Bordeaux accordant à notre journal deux entretiens à un an d’intervalle. Au contraire de son rival, François Fillon, lors du second tour de la primaire de la droite et du centre le 27 novembre, le premier magistrat de Bordeaux se fait le porte-parole des territoires.

En marge du congrès de l’AMF, le 30 mai 2016, il réunit un millier d’édiles, dans une démonstration de force salle Wagram. « Les maires subissent le tour de passe-passe incroyable du Président de la République. François Hollande diminue après les avoir massivement augmentés les impôts nationaux de 2 milliards d’euros. Il dit « Je suis l’homme qui baisse » ! Mais c’est le même qui rafle l’argent des collectivités locales », dénonce-t-il dans un premier entretien à La Gazette.

Un maire parmi les maires

Alain Juppé se présente comme un maire parmi les maires. « Les élus locaux souhaitent avant tout de la stabilité et je les comprends compte tenu des bouleversements incessants depuis 2010 », martèle Alain Juppé dans sa seconde interview [1] à La  Gazette.

A l’instar de l’un de ses plus fidèles supporters, Jean-Pierre Raffarin, il se pose en chantre de la République décentralisée. « Je suis favorable à l’expérimentation et à la différenciation », glisse-t-il, dans une veine girondine. Le contraste est fort avec le Juppé des années 1980, néo-gaulliste réputé pour sa raideur technocratique.

Un rideau de fumée, pour un directeur général des services de collectivité, bon connaisseur des arcanes administratifs de la capitale de la Gironde : « Alain Juppé pratique une gouvernance impériale. Il est entouré d’une batterie d’énarques qui regardent tout le monde de très haut. »

Opération-séduction auprès des territoriaux

Il n’empêche que la marque Juppé repose, avant tout, sur ses réalisations bordelaises. Le candidat à la magistrature suprême est un « faiseux » et tient à ce que cela se sache. Dans la primaire de la droite et du centre, Alain Juppé joue aussi la carte des grands centres urbains et de l’identité heureuse. Une stratégie peu payante, au vu de son score du premier tour (28,2 %) très en deçà de ses attentes.

Dans la dernière ligne droite, Alain Juppé garde son cap centriste, à mi-chemin entre François Hollande et François Fillon, souhaitant supprimer 250 000 postes d’agents publics, contre 500 000 chez son rival à la primaire. Contrairement à ce qu’il laissait entendre dans sa première interview [2] à La Gazette, il n’entend pas remettre en cause le statut de la fonction publique. Les agents publics territoriaux sont manifestement une clientèle qu’il n’entend pas s’aliéner.

« Je leur porte beaucoup de considération et je connais leur professionnalisme, faisait-il savoir dans son second entretien à La Gazette. La fonction publique territoriale est de qualité. C’est un atout pour conduire les transformations dont nous avons besoin. »

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