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Éducation

100 000 jeunes sortent encore du système éducatif sans diplôme en France

Publié le 15/06/2018 • Par Jean-Dominique Delaveau • dans : A la Une santé social, Dossier Santé Social

Pour Nathalie Mons, présidente du Cnesco, "le décrochage recule nettement en France, quels que soient les indicateurs mobilisés. Le taux annuel de sortants sans diplôme a baissé de 3 points entre 2011 et 2015 pour atteindre 13 % ; le taux de sortants précoces a quant à lui baissé de 2,4 points en dix ans pour passer en dessous des 9 % en 2016. Ces chiffres mettent en évidence une mobilisation forte et réussie de tous les acteurs, depuis les niveaux national et régional, jusqu’à l’établissement. Pour autant, le décrochage n’a pas disparu, quelque 100 000 jeunes sortent encore du système éducatif sans diplôme en France.

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Généralement défini comme la sortie du système scolaire, à partir de 16 ans, des élèves qui, hors parfois le Brevet, n’ont pas validé de diplôme ni de qualification, le décrochage scolaire a toujours existé. Il a même été beaucoup plus fort qu’aujourd’hui.

En 1980, 39 % des élèves quittaient l’école dans cette situation. Il a régressé sous l’effet des politiques volontaristes en la matière développées depuis les années 1980. On parlait alors de « jeunes sans emploi et sans qualification » et le rapport Schwarz de 1981 allait durablement structurer en dehors de l’école une dynamique déjà naissante : des stages, des permanences d’accueil puis des missions locales chargées de conduire à l’emploi, dans une logique de « seconde chance », ceux que le système scolaire avait rejetés (ou vice-versa).

Une construction historique et sociale

Importé du Québec dans les années 1990 et employé d’abord en France par des contestataires du système éducatif, le terme de décrocheurs était traduit d’une locution américaine à résonance militaire, « drop out », désignant le repli devant l’ennemi comme l’abandon des études.

Depuis, « médias et responsables politiques utilisent de plus en plus le terme décrocheurs pour désigner tout à la fois des victimes de l’échec scolaire, des jeunes désocialisés, de futurs chômeurs ou délinquants, voire de possibles terroristes », souligne Pierre-Yves Bernard, coordonnateur du programme « Territoires et décrochages scolaires ».

Pour lui, « le problème du décrochage est une construction historique et sociale » qui a mis des années à interpeller le fonctionnement du système éducatif dont il n’est plus considéré comme une simple séquelle, renvoyant la responsabilité principale de l’échec scolaire à la psychologie, la sociologie ou aux comportements individuels des élèves et de leurs maîtres.

Le chômage de masse a changé la donne

Ce qui a changé depuis les années 1990, c’est qu’autrefois les élèves en échec scolaire trouvaient quand même le plus souvent à s’insérer professionnellement. Le chômage de masse a changé la donne.

Les missions locales et les actions d’insertion ou de qualification professionnelles n’ont pu suffire pour réinsérer des décrocheurs dont les profils se sont diversifiés autant que leur nombre s’est multiplié et que leurs demandes se sont individualisées.

L’Éducation nationale n’a plus pu rester à la lisière du phénomène en se contentant de demander à ses Greta de former ceux qu’elle avait exclus. Éclairée par la recherche, elle a du convenir que le décrochage est un processus aux causes multiples mais pas toutes extérieures à elle, un processus long, prévisible, limitable et évitable dans bien des cas.

L’idée a fait son chemin aussi que la réponse au décrochage devait être territoriale, interministérielle, multi-partenariale et impliquer les collectivités territoriales.

Organiser en urgence des actions vers les élèves à risque

Pour aller plus loin contre le décrochage, le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) émet des propositions qui recoupent largement celles des chercheurs. D’abord, « il vaut mieux prévenir que guérir » le décrochage, ne serait-ce que pour éviter les coûts pharamineux générés par l’échec scolaire et les dispositifs qui tentent d’y remédier.

Selon la Cour des comptes, la lutte contre le décrochage ponctionne 35 % des financements publics en faveur de l’ensemble des 16-25 ans alors que les « sortants précoces » ne représentent que 9 % des 18-24 ans. Il faut donc organiser « en urgence, des actions dans les établissements visant les élèves les plus à risque dans la période de pré-décrochage » : offrir aux personnels les moyens d’identifier plus efficacement les élèves à risque et mutualiser, rendre accessibles les informations sur les profils, la scolarité et les comportements des élèves.

En même temps, il faut informer les établissements sur leur exposition au risque de décrochage. On devra aussi développer des alternatives pour éviter les exclusions temporaires des élèves des classes ou des établissements, comme à Montreuil (Seine-Saint-Denis) où la ville propose efficacement un accueil des collégiens exclus temporairement. Un contrat est signé par les parents et par le jeune. Des activités lui sont proposées autour de l’estime de soi et des compétences sociales, des débats évoquent l’école ou la sanction, la gestion des conflits, la non-violence… Dès la seconde sanction, les élèves contribuent aussi à une action bénévole dans une association.

Coconstruire une culture commune

Créer des liens avec les familles les plus éloignées de l’école est une autre priorité, tout comme de mieux leur faire connaître les effets négatifs du manque de sommeil sur l’attention, la mémoire et le décrochage scolaire ou de les aider à repérer les symptômes dépressifs associés au décrochage. Le sentiment d’appartenance à l’établissement étant particulièrement faible en France (et corrélé au risque d’absentéisme), il apparaît aussi indispensable de mener des actions pour coconstruire une culture commune au sein des établissements et pour créer des relations fortes avec les élèves, les familles, et le territoire.

Redonner du sens aux apprentissages

Des méthodes pédagogiques plus actives et des projets devront permettre de redonner du sens aux apprentissages. Le décrochage étant très lié à l’orientation scolaire subie, chaque élève, devra pouvoir choisir son parcours de manière plus éclairée. L’orientation devra aussi combattre les perceptions genrées des métiers.

Plus original, des programmes d’éducation en faveur des compétences psychosociales des élèves devraient être développés Selon de nombreux chercheurs et pour le Ciresco lui-même, « le développement social et émotionnel (Social Emotional Learning – SEL) pourrait être une solution pour améliorer le climat de la classe et la qualité de vie des élèves ». Il s’agirait de développer cinq compétences chez les élèves : la conscience de soi (reconnaître ses émotions), la maîtrise de soi (contrôler ses émotions), la conscience sociale (empathie envers les autres), la capacité à gérer les relations aux autres (résoudre des conflits, demander de l’aide…) et la capacité à prendre des décisions responsables (faire des choix éthiques).

Au tour des étudiants ?

On peut être optimiste sur la baisse continue du décrochage dans le secondaire et prévoir un allégement et une rationalisation progressifs des trop nombreuses instances qui s’en préoccupent. Mais les chercheurs voient pointer un autre chantier préoccupant : le décrochage massif des étudiants dans les premiers cycles universitaires.

Présente à Nantes pour les conclusions d’un programme de recherche qu’elle avait lancé en tant que ministre, Najat Vallaud-Belkacem, ciblant sans doute les aléas de Parcoursup, le rappelait : « le moyen le plus sûr de ne pas décrocher est de ne pas être engagé dans une filière qui ne vous intéresse pas et que vous n’avez pas choisie ».

Références

Pour retrouver les références des études synthétisées dans ce dossier on peut se référer :

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