[Opinion] Eaux usées

La station d’épuration du futur est pleine de ressources !

| Mis à jour le 16/11/2016
Par • Club : Club Techni.Cités

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Le temps des stations d’épuration coûteuses et énergivores est révolu. La pression sur les budgets des collectivités impose d’agir, et des solutions techniques existent.

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Par Laurent Roy, directeur général de l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse

Pour devenir rentable, la station d’épuration sait faire bien plus qu’épurer l’eau. En fait, les eaux usées ne le sont pas définitivement : elles peuvent avoir une seconde vie !

A partir d’une station d’épuration, on est en effet capable de produire de la chaleur et de l’énergie sous forme de biogaz. C’est une manne pour les collectivités, qui sont susceptibles de réutiliser cette énergie pour la vendre et générer ainsi de nouvelles recettes, ou pour en faire des usages collectifs : bus roulant au biogaz, logements et piscines municipales chauffés avec l’énergie récupérée des eaux usées, comme c’est déjà le cas à Belleville-sur-Saône, dans le Rhône, ou encore à Aix-les-Bains, en Savoie. Cela est non seulement rentable, mais c’est aussi une réponse à l’atténuation du dérèglement climatique, qui participe à la réduction d’émission de gaz à effet de serre.

20 % des besoins nationaux en phosphore

Les stations d’épuration pourraient couvrir 20 % des besoins nationaux en phosphore. Plus encore, il est possible de récupérer certaines matières premières provenant d’eaux usées, comme l’azote et le phosphore, et de les transformer en engrais. Là aussi, la démarche est doublement vertueuse : elle génère de nouvelles recettes pour la collectivité et offre une alternative à l’épuisement des ressources minières dans le monde.

C’est un vrai gisement à exploiter. L’engrais produit localement par la station ne traversera plus les mers et les océans par cargo avant d’arriver dans les champs : autant de carburant économisé et une réduction certaine de l’empreinte écologique des activités humaines sur notre planète. Ces idées sont encore neuves en France, mais avouons qu’elles sont pleines de bon sens et offrent une nouvelle façon de s’adapter au dérèglement climatique et au manque d’eau.

Recycler les eaux usées traitées

Autre évidence : à l’heure où l’on souffre de pénuries d’eau, pourquoi arroser nos espaces verts, nos golfs ou nos champs avec de l’eau potable ? Recycler les eaux usées traitées est possible et autorisé par la loi, dès lors que cette démarche est compatible avec les impératifs de santé publique. La ville de Sainte-Maxime, dans le Var, l’a bien compris : cela fait dix ans qu’elle arrose ses espaces verts et son golf avec de l’eau usée traitée. Elle économise ainsi 12 % d’eau potable, si précieuse en saison estivale quand les touristes affluent…

Toutes ces solutions sont à la portée des collectivités. La technologie est au point et les aides financières sont là. Osons l’innovation ! Il y a un gisement à exploiter autour du potentiel de la station d’épuration. Les bénéfices seront vite atteints. On sait par exemple qu’il faut cinq ans de retour sur investissement pour les projets d’injection de biogaz. C’est un choix de raison à faire aujourd’hui, pour l’avenir. C’est décider ainsi d’inscrire son territoire dans le cycle vertueux de l’économie circulaire.

Grâce à l’innovation, les stations d’épuration deviennent moins consommatrices d’énergie, plus performantes, plus rentables. Et en plus, elles contribuent à diminuer l’empreinte écologique de l’homme sur la planète. On a tout à y gagner !

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