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Éducation

À Toulouse, une école donne une seconde chance aux décrocheurs

Publié le 07/06/2018 • Par Michèle Foin • dans : A la Une santé social, Dossier Santé Social

Insertion emploi jeunes
©Robert Kneschke - stock.adobe.com
L’Icam de Toulouse possède une école de production depuis dix-sept ans. Une solution qui permet aux jeunes de 15 à 18 ans, sans solution, de retrouver le goût des apprentissages.

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La première école de production a été créée il y a plus de 150 ans en région Rhône-Alpes. Un concept qui n’a jamais été reconnu par l’Éducation nationale, hormis dans l’académie de Toulouse, mais que quelques exécutifs régionaux ont décidé de soutenir, étant donné l’efficacité du modèle pédagogique pour des jeunes en rupture de parcours.

Comme une entreprise

Une école de production c’est un compagnonnage en condition réelle, avec, au terme d’un parcours de deux ans, l’obtention d’un CAP ou d’un Bac Pro. L’institut catholique d’arts et métiers (Icam) de Toulouse, école d’ingénieurs réputée, en possède une depuis dix-sept ans. Elle a commencé par une section d’usinage, puis, il y a quatre ans, a ouvert un nouvel atelier de chaudronnerie, deux secteurs où les débouchés sont importants.

L’atelier de production fonctionne comme une entreprise, avec un carnet de commandes et des clients à servir. L’équipe de formateurs enseigne aussi bien les compétences techniques que les apprentissages académiques ainsi que des matières liées à la culture d’entreprise comme la sécurité et la santé au travail. Les deux tiers du temps sont consacrés à la pratique, le reste à la théorie.

« Nous y ajoutons également des sujets plus exotiques comme le théâtre, la sophrologie ou encore la création d’entreprise », témoigne Gilles Vandecaveye, directeur de cette école (1).

Les élèves ont entre 15 et 18 ans. « Ce concept pédagogique est adapté aux jeunes pour lesquels l’école n’a pas fonctionné », insiste le directeur. L’école de production accueille trois catégories de public : les décrocheurs scolaires, sans solutions ; les jeunes en suivi judiciaire et éducatif ; les mineurs isolés étrangers pris en charge par l’aide sociale à l’enfance.

« Nous prenons tous les risques de l’apprentissage sur un créneau d’âge où les entreprises sont le plus frileuses. Compte tenu du profil des jeunes, il faut toujours qu’il y ait un tiers à leurs côtés : un éducateur, un parent… C’est sur cette personne référente que nous nous appuyons pour gérer les éventuels problèmes », précise Gilles Vandecaveye.

Équilibre précaire

Hormis une inscription symbolique de 50 euros, la scolarité y est entièrement gratuite. L’école de production de Toulouse, établissement privé hors contrat à but non lucratif, peut néanmoins toucher la part hors quota de la taxe d’apprentissage, puisque le parcours qu’elle offre est diplômant. La vente des pièces usinées par les élèves rapporte également un certain chiffre d’affaires.

En 2017, il se montait à 420 000 euros. Elle peut également prétendre à des financements du fonds social européen (FSE), mais ils ne sont pas pérennes. Le reste provient de divers mécénats d’entreprises ou d’associations catholiques. « Au total, 80 % du financement provient de la société civile, mais l’équilibre est précaire », souligne le directeur, qui espère toujours un soutien de la région Occitanie, et surtout une reconnaissance officielle de l’État.

Gilles Vandecaveye, directeur de l’école de production de l’Icam de Toulouse

« Nous accueillons le jeune là où il en est »

« Notre méthode est fondée sur la communication non violente. Nous accueillons le jeune là où il en est et nous l’amenons là où il peut aller. La première année, nous sommes souvent loin du compte, mais comme nous les formons en produisant des pièces, ils finissent par devenir excellent en atelier, et cela développe le reste. Nous démarrons toujours par de petits exercices, pour permettre aux jeunes d’avancer à leur rythme. Puis ils finissent par mettre du sens sur les apprentissages. Cela déclenche de vraies motivations et le sentiment de se sentir utile. Nous travaillons également avec une trentaine de bénévoles qui offrent du soutien aux élèves en dehors de l’atelier. Nous valorisons toujours les réussites de l’élève pour qu’il reprenne confiance en lui. Au bout d’un an, les jeunes ont compris ce que signifie ranger le poste de travail, arriver à l’heure. Quant aux savoir-faire, certains élèves en sortant ont largement le niveau Bac pro. Et cela, les entreprises le reconnaissent. »

Thèmes abordés

Notes

Note 01 Contact : gilles.vandecaveye@icam.fr Retour au texte

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