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BIBLIOTHÈQUE
Les éditeurs mettent la pression sur les collectivités
Hélène Girard | France | Publié le 04/11/2016 | Mis à jour le 07/11/2016

La Société civile de l’édition de langue française (SCELF) réclame aux collectivités des droits d’auteur pour les œuvres adaptées dans le cadre de leurs animations.

Enfant à la bilbliothèqueDe semaine en semaine, les responsables d’équipements de lecture publique sont de plus en plus nombreux à voir arriver sur leur bureau des courriers transmis par le DG de leur collectivité. Ces lettres émanent de la Société civile des éditeurs de langue française [1] (SCELF).

Animations littéraires

Cette société de perception et de répartition des droits d’auteurs représente quelque 300 éditeurs. Elle est mandatée par ces derniers pour percevoir les droits d’auteurs générés les adaptations des œuvres.
Or, tout au long de l’année, les bibliothèques organisent des animations littéraires, des « lectures publiques » d’extraits ou d’œuvres intégrales.

 

Deborah Grall lit "Témoignages sur le théâtre" de Louis Jouvet ©Orkki CC BY SA 3.0

Deborah Grall lit « Témoignages sur le théâtre » de Louis Jouvet ©Orkki CC BY SA 3.0

Marge de discussion

Sollicitée par ses adhérents, l’Association des bibliothécaires de France [3] (ABF) doit rencontrer les représentants de la SCELF le 14 novembre 2016. « Dans un contexte de baisse budgétaire, nous défendrons les bibliothèques comme lieu de promotion et d’accès à la lecture, plaide Xavier Galaup, président de l’ABF. Une éventuelle taxation risquerait de se faire au détriment des animations en bibliothèque. Nous espérons avoir une marge de discussion. Car, des acquisitions d’ouvrages aux animations, les bibliothèques contribuent pleinement à promouvoir la littérature et l’édition. » De son côté, la SCELF, à ce stade, n’a pas souhaité expliquer sa démarche à la Gazette.

Les bibliothèques ne sont  pas les premières à qui la SCELF demande le versement de droits d’auteurs. Théâtres, radios, télévisions y sont déjà soumis de longue date. « La grande différence, c’est que les bibliothèques ne font pas payer l’accès aux animations qui proposent des lectures publiques, fait valoir Xavier Galaup. Elles ne sont pas des structures qui réalisent des bénéfices à l’occasion de manifestations culturelles. » Pour l’heure, la balle est donc dans le camp de la SCELF.