logo
Adresse de l'article https://www.lagazettedescommunes.com/468506/musique-et-territoires-vers-la-fin-des-cours-particuliers/

[OPINION] CULTURE
Musique et territoires : vers la fin des « cours particuliers » ?
Auteur associé | France | Opinions | Publié le 31/10/2016 | Mis à jour le 25/10/2016

Dans un univers économique morose, avec, d’une part, une diminution des dotations de l’Etat et, de l'autre, un redécoupage des compétences partagées souhaité par la loi «Notre», les écoles et les conservatoires de musique territoriaux doivent pouvoir assurer leur avenir en tant que services publics élargis au plus grand nombre d’usagers.

 

musique credit phovoir

Le modèle pédagogique adopté depuis les années 1970 par de très nombreuses structures d’enseignement artistique spécialisé, via l’impulsion des « schémas d’orientation » proposés par le ministère de la Culture (celui de 2008, notamment) et comportant une partie de cours individuels devra sans aucun doute être réformé en profondeur s’il veut tout simplement continuer à exister.

Aujourd’hui, les professionnels, agents publics du secteur, ne peuvent plus ignorer le fait, par exemple, qu’un maire d’une commune moyenne, qui supporte financièrement, en coût de fonctionnement par an et par élève, de 1 500 à 3 000 euros, voire davantage, se pose des questions sur la réelle utilité de ce pan d’activité d’enseignement artistique spécialisé lié à sa politique culturelle.

Par exemple, un enseignant territorial du piano effectuant un service de vingt heures de cours par semaine, 36 semaines par an (cas d’un assistant territorial d’enseignement artistique, cadre B de la FPT ; seize heures pour un professeur de catégorie A), enseigne au plus à 30 ou 40 élèves du niveau débutant cycle 1 au cycle 3 pour les plus avancés. Si ce même enseignant donnait uniquement des cours collectifs, il pourrait prodiguer ses conseils à plus de 100, voire davantage d’usagers, s’il avait au moins cinq élèves par heure par semaine de cours. On peut même se poser la question de l’utilité d’enseigner le piano (souvent plus de 20 % des effectifs d’une école ou conservatoire de service public) dans une structure de rayonnement local, instrument individuel et peu tourné vers les pratiques collectives.

Redéfinition des missions des établissements d’enseignement artistique spécalisés

Comment faire encore exister, au sein d’une même collectivité locale en difficulté financière, un système de « cours particuliers » pour les élèves, enfants, adolescents ou adultes qui s’inscrivent à l’écoRedéfinile ou au conservatoire de musique ? La question est plus que jamais sensible et d’actualité, et devra obligatoirement passer par une redéfinition « individualisée » pour chaque territoire concerné, des missions des établissements d’enseignement artistique spécialisés.

En aucun cas, il ne pourra exister de solution universelle adaptable à toutes les collectivités territoriales. Chaque maire ou autre président d’entité territoriale gérant ce type de structure devra, à brève échéance, tracer ses propres priorités en termes de politique culturelle : davantage d’éducation artistique et culturelle en lien avec les tissus scolaires ? Suppression de certaines disciplines enseignées et/ou abandon partiel ou total des cours individuels ? Remplacement des enseignants spécialistes par des généralistes, mieux formés à l’exercice d’enseignement collectif ? Autre projet d’établissement plus innovant dans le domaine des pratiques collectives et plus ouvert à l’environnement culturel et social territorial ?