logo
Adresse de l'article https://www.lagazettedescommunes.com/467422/les-cadres-dirigeants-du-public-et-du-prive-si-proches-et-si-differents/

[OPINION] CADRES DIRIGEANTS
Les cadres dirigeants du public et du privé, si proches et si différents
Auteur associé | France | Opinions | Publié le 25/10/2016 | Mis à jour le 26/10/2016

Alors que les cadres dirigeants du public, notamment les emplois fonctionnels (directeurs généraux des services [DGS], directeurs généraux adjoints [DGA]), sont régis par la loi de 1984, les dirigeants du privé sont régis par le code du travail, provoquant ainsi un écart de compréhension et d’application entre élus et fonctionnaires.

image-management-2

Dans la pratique, les élus, en s’appuyant sur le modèle du privé, imposent à leurs cadres dirigeants les mêmes contraintes. Ceux-ci deviennent tributaires du rythme des élus (activité professionnelle, cumul des mandats, événements les soirs et week-ends, bureaux et conseils municipaux) et le temps politique n’a pas de limite. Or comme tout dirigeant, les cadres doivent gérer la collectivité, similaire à une PME.

Cependant, le statut de cadre dirigeant est difficilement transposable au public, car les quatre caractéristiques qui le définissent se confrontent à une autre réalité. L’autonomie, notamment l’indépendance dans l’organisation du travail, est mise à mal par la centralisation du pouvoir, et l’absence de délégation, l’indécision ou les injonctions paradoxales empêchent le dirigeant territorial d’assumer ses pleines missions.

Le temps de travail dans le public est à la limite de l’asservissement, les collectivités fonctionnant 7j/7 et 24h/24. D’ailleurs, le rapport « Laurent » dénonce le temps de travail des cadres, qui ne respecte pas toutes les règles du droit (entre 45 et 70 heures hebdomadaires et une mobilisation 7j/7). Le niveau de rémunération est peu attractif. Les grilles sont figées par le statut, parfois incohérentes (des DGA ou des directeurs sans encadrement percevant plus que des DGS) et sont un frein à la mobilité. Un directeur général qui souhaite rejoindre une collectivité de strate inférieure subira une perte de rémunération car il intégrera une grille moins favorable.

Paradoxe entre le privé et le public

Dans le public, les membres du comité de direction n’occupent pas tous des emplois fonctionnels, mais des postes de catégorie A ou B à qui l’on demande le même investissement pour des niveaux de rémunération faible. Il existe donc un paradoxe entre le privé et le public, mais aussi une iniquité au sein même du statut. Celui-ci doit sans doute être revu, modernisé. L’abolir serait rendre inflationniste le fameux chapitre 12 (1) [1] de la masse salariale, car ce ne sont pas nos grilles indiciaires qui attireront les cadres du privé, notamment avec cette très forte contrainte de disponibilité.

Le débat doit s’articuler entre temps de travail soutenable et rémunération adéquate, tout en révisant l’organisation du travail. D’ailleurs, certaines collectivités ont intégré la question du temps de travail des cadres dans leur projet d’administration.

En outre, la question du classement par strate doit certainement être revue, notamment entre commune et établissement public de coopération intercommunale (EPCI), car les « directeurs généraux de ville » ont souvent bien plus de contraintes liées à une gestion de proximité, contrairement aux directeurs généraux d’EPCI à strate comparable.

Enfin, il faut s’atteler au statut des directeurs généraux, même si leurs positions sont elles-mêmes partagées.

POUR ALLER PLUS LOIN