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LOGEMENT
Plan Logement d’abord : 24 territoires sélectionnés
Rouja Lazarova | A la Une santé social | Dossier Santé Social | Publié le 04/04/2018

Vingt-quatre territoires au lieu de quinze prévus initialement ont été retenus pour une « mise en œuvre accélérée » du programme quinquennal pour le logement d’abord et la lutte contre le sans-abrisme (2018-2022) annoncé par le président de la République en septembre 2017. Un plan ambitieux dont la réussite dépendra de la bonne coopération entre de multiples acteurs – l’État, les collectivités, les acteurs de l’hébergement et du logement, les associations.

En déplacement à Montpellier, le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, a annoncé les vingt-quatre territoires sélectionnés dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt pour la mise en œuvre accélérée du plan quinquennal « Le logement d’abord ». Ils couvrent 20% de la population nationale.

Le gouvernement avait initialement prévu de retenir quinze territoires, mais ayant reçu trente et une candidatures « de qualité », selon Sylvain Mathieu, délégué interministériel à l’hébergement et à l’accès au logement, il a opté pour une sélection plus large.

Un véritable changement de posture

L’objectif du plan « Le logement d’abord » [1] est de sortir de la logique de l’hébergement d’urgence des sans-abris et de les orienter rapidement et durablement vers le logement. Une approche dont l’efficacité a été validée par des expérimentations dans les pays scandinaves et anglo-saxons et qui se traduit par des coûts évités à la collectivité.

« Proposer aux « sans domicile fixe » ou aux mal-logés non pas des nuitées hôtelières, de l’hébergement d’urgence, des parcours en escalier, mais un logement pérenne comme élément de l’insertion sociale – c’est un véritable changement de posture », témoigne Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre.

Le logement d’abord, c’est d’abord des logements

Pour réussir ce plan, le gouvernement souhaite produire 40 000 logements très sociaux par an sur cinq ans, ouvrir 10 000 places supplémentaires en pension de famille, et créer 40 000 places dans le parc privé à vocation sociale via les dispositifs d’intermédiation locative.

« Ce n’est pas suffisant. Nous avons revendiqué la construction de quelque 60 000 prêts locatifs aidés d’intégration (PLAI) destinés aux publics les plus fragiles », témoigne Christophe Robert.

Lors d’une journée nationale des acteurs du logement d’insertion (ALI), le 15 mars dernier, Thierry Debrand, président de la Fédération des associations et des acteurs pour la promotion et l’insertion par le logement (Fapil), a insisté : « Le logement d’abord, c’est d’abord des logements !

8 millions d’euros

Le secteur des HLM s’estime en effet durement fragilisé par la baisse des aides personnalisées au logement (APL) et la réduction des loyers imposée aux bailleurs sociaux ».

Les ALI s’interrogent notamment sur les moyens financiers qui seront octroyés pour la réalisation de ce plan.

En réponse à ces inquiétudes, le gouvernement annonce une enveloppe budgétaire de 8 millions d’euros pour 2018, complétés par 8 millions apportés par l’Agence nationale de l’habitat.

En tout, 2 milliards d’euros ont été votés dans le projet de loi de finances 2018 sur le Programme 177, « Hébergement, parcours vers le logement et l’insertion des personnes vulnérables ».

Éviter la logique de silos

Le plan insiste également sur la nécessité de renforcer la prévention des expulsions locatives. Il met en avant la question de l’accompagnement social des personnes vers et dans le logement. Cet accompagnement pluridisciplinaire doit permettre à des personnes très vulnérables, souffrant par exemple de troubles psychiques ou sortant de prison, à se maintenir dans le logement.

Cependant, Jean-Paul Vaillant, président de l’Union professionnelle du logement accompagné (Unafo) prévient : « il faut veiller à ce que la question de l’accompagnement ne passe pas à la trappe. Il faut mobiliser des financements pour assurer la gestion locative sociale et adaptée (GLS et GLA). On doit viser l’accompagnement global en évitant les logiques de silos ».

Christophe Robert conclut : « pour réussir ce plan, il faut que l’État, les collectivités, les acteurs de l’hébergement et du logement, les partenaires sanitaires et sociaux se mettent autour de la table et coopèrent étroitement. Ce n’est pas facile à réaliser. Un changement de culture n’est jamais simple à opérer ».

Les territoires sélectionnés pour la mise en œuvre accélérée du plan « Le logement d’abord »