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Télémédecine

Oberbruck remplace son médecin par un chariot

Publié le 13/03/2018 • Par Laure Martin • dans : A la Une santé social, Dossier Santé Social

télémédecine
Elnur Amikishiyev
Pour pallier l’absence d’un médecin généraliste, Oberbruck (Haut-Rhin) a décidé, en septembre 2016, de recourir à la téléconsultation. La majorité des patients sont satisfaits.

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Depuis le départ en retraite de son unique médecin il y a trois ans, le village ­d’Oberbruck est dépourvu de généraliste, car les médecins installés dans le village situé à quelques kilomètres n’assurent pas de permanence.

Pour trouver un praticien, la collectivité a fait appel à l’Association de soins et d’aides Mulhouse et environ (Asame), mais aucun médecin ne s’est manifesté pendant deux ans. En parallèle, l’Asame a répondu à un appel à projets et a obtenu trois chariots de télémédecine. Le directeur a donc décidé d’en fournir un gratuitement au maire d’Oberbruck, Jacques Behra (1), pour faire face au désert médical.

Téléconsultations

Ce chariot de téléconsultation, qui se présente sous la forme d’un ordinateur avec une caméra et des appareils connectés – stéthoscope, otoscope, doppler –, a séduit le maire qui a décidé de mettre le local médical rénové à hauteur de 45 000 euros, à disposition de l’Asame pendant deux ans pour l’organisation de téléconsultations.

Les patients sont accueillis au cabinet par un infirmier, salarié de l’Asame, formé à l’utilisation du chariot auquel sont reliés les instruments de mesure adaptés pour transmettre de manière sécurisée les données relevées.

Lorsque le patient est installé, l’infirmier contacte l’un des médecins du réseau, également salarié de l’Asame, qui assure la permanence et va converser avec le patient via l’ordinateur. Après avoir établi son diagnostic, il rédige une ordonnance qui est imprimée directement au centre de téléconsultation par l’infirmier et remise au patient.

La consultation est cotée 23 euros. Les deux infirmiers pourraient prochainement disposer d’une mallette de télémédecine pour prendre en charge à domicile les patients qui ne peuvent pas se déplacer.

« Un peu plus d’un an plus tard, le dispositif fonctionne bien », assure le maire, précisant que le cabinet est ouvert du lundi au vendredi de 9 h 00 à 11 h 00 et 16 h 30 à 18 h 30.

« Le seul bémol aujourd’hui, c’est la fréquentation, précisant qu’en un an, environ 400 téléconsultations ont été effectuées. Lorsque notre médecin est parti, un praticien du village voisin est venu pendant cinq à six mois avant de repartir. Il a fidélisé certains patients d’Oberbruck qui effectuent désormais les trajets pour aller le voir. Mais dans ce cabinet médical, les praticiens ont presque tous 60 ans ou plus, lorsqu’ils partiront à la retraite, le recours à la télémédecine devrait augmenter », reconnaît-il.

Solution transitoire

Dans un premier temps, l’aspect nouvelle technologie a généré certaines craintes chez les patients, notamment concernant la protection des données de santé qui demeure un sujet sensible.

Mais aujourd’hui, après un an d’utilisation, la majorité des patients ressortent satisfaits de leur consultation et reviennent pour d’autres. Pour autant, cette solution reste transitoire pour le maire et ne peut pas se substituer à un médecin en présentiel.

« J’appréhende une nouvelle facette du métier d’infirmier » – Gaëtan Van Esbroeck, infirmier salarié de l’Asame

« Nous avons un rôle de mise en contact entre le patient et le médecin. Nous accueillons le patient au cabinet médical, lui expliquons le principe de la téléconsultation et rédigeons le dossier médical. Nous effectuons également la prise des premières constantes comme le poids, la taille, la tension artérielle.
Puis nous contactons le médecin. Ce dernier peut être amené à effectuer, à distance, d’autres examens comme l’auscultation cardiaque et pulmonaire. C’est à nous de positionner les instruments médicaux.
Notre smartphone nous permet aussi de montrer au médecin les plaies du patient, le fond de sa gorge et de prendre des photos pour les lui envoyer. Avec ce chariot, j’appréhende une nouvelle manière d’exercer le métier d’infirmier qui est voué à évoluer, ce qui implique aussi de suivre des formations. Je me suis orienté vers cette pratique car j’aime les nouvelles technologies, et avec ce projet, j’ai vu une opportunité d’élargir mes compétences. Si on ne prend pas le train en marche maintenant, on risque d’être à la traîne. J’apprécie aussi l’opportunité offerte de travailler en étroite collaboration avec le médecin. »

Notes

Note 01 Contact : Jacques Behra, maire d’Oberbruck, 06 72 20 16 37. Retour au texte

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