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DOSSIER : Quelles pistes pour lutter contre l’absentéisme dans les collectivités ?
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/450464/nous-avons-connu-jusqua-40-dabsents-certaines-semaines-laure-patry-fecamp/

CLUB RH ROUEN - 9 JUIN
« Nous avons connu jusqu’à 40 % d’absents certaines semaines » – Laure Patry (Fécamp)
Maud Parnaudeau | compte rendu des dernières rencontres du club RH | Publié le 29/06/2016 | Mis à jour le 27/06/2016

A l’occasion du Club RH de Rouen le 9 juin, Laure Patry, responsable des carrières et des traitements à la ville de Fécamp, a présenté la démarche engagée, avec l’aide du centre de gestion de Seine-Maritime, pour agir sur l’absentéisme au sein du service d’aide au maintien à domicile du CCAS.

Dans quel contexte avez-vous engagé une démarche de prévention des risques professionnels au sein du service d’aide au maintien à domicile ?

La collectivité souhaitait stabiliser les équipes, déprécariser les auxiliaires de vie et leurs donner plus de droits. Auparavant, elles n’étaient payées que quand elles travaillaient. Mais après la vague de titularisation, l’absentéisme est passé de 9,2 % à 13,6 % entre 2012 et 2015. Les absences pour accident du travail ont bondi de 130 % entre 2012 et 2014 alors même que les effectifs ont diminué. Nous avons eu jusqu’à 40 % d’absents certaines semaines.

Comment expliquez-vous ces augmentations ?

Il y a l’évolution du métier qui se caractérise par davantage d’intervention vers les personnes, et donc plus de pénibilité. Et l’augmentation des cadences avec plus d’interventions d’une demi-heure au lieu d’une heure, qui ont engendré plus de fatigue et de déplacements. Les agents s’arrêtent peut-être aussi plus « facilement » puisqu’aujourd’hui elles sont payées même si elles ne travaillent pas ?

Quelles mesures avez-vous prises pour améliorer la situation ?

Nous avons sectorisé les interventions, mis à disposition des personnels des vélos électriques car beaucoup se déplacent à pied. Nous avons mis en place un plan de formation et une prime de présentéisme, ainsi que des contrôles médicaux. Mais nous avons des difficultés à trouver des médecins agréés.

Pour aller plus loin, les élus et les représentants du personnel ont voulu engager une démarche de prévention des risques professionnels pour le service d’aide au maintien à domicile, afin d’améliorer les conditions de travail des intervenantes, de les valoriser et de les aider à se réapproprier leur métier. Ne pouvant agir seuls, nous nous sommes tournés vers le centre de gestion pour qu’il nous accompagne.

Nous avons mis en place un plan de formation et une prime de présentéisme, ainsi que des contrôles médicaux. Mais nous avons des difficultés à trouver des médecins agréés

Comment le centre de gestion vous aide-t-il ?

L’étude que le centre de gestion mène va nous permettre d’évaluer la pénibilité et de déterminer les leviers d’action. Nous allons mesurer l’écart entre le référentiel métier et la réalité du terrain. Un questionnaire a été adressé aux agents pour mieux comprendre les moyens matériels à mettre en œuvre pour améliorer leurs conditions de travail chez les bénéficiaires. Des entretiens sont menés pour identifier les risques psychosociaux. Tout cela va permettre la rédaction d’une fiche type par bénéficiaire, et d’éditer un guide des bonnes pratiques pour les auxiliaires et un autre pour les bénéficiaires.

Quels résultats cette démarche donne-t-elle ?

Elle est en cours et nous ne pouvons aujourd’hui mesurer ses effets sur l’absentéisme. Mais déjà elle génère un sentiment de reconnaissance. Les agents voient que leur mal-être est pris en compte et se sentent valorisés. Pour autant, la démarche est très chronophage et demande un fort investissement de la part des auxiliaires et des encadrants.

Les agents voient que leur mal-être est pris en compte et se sentent valorisés