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LIBERTÉ D'EXPRESSION
Aurélie Boullet-Zoe Shepard fait appel de sa sanction
Karine Ménégo | Actu Emploi | France | Publié le 02/09/2010

Aurélie Boullet, l'auteure du brûlot « Absolument débordée, le paradoxe du fonctionnaire », pourrait quitter la fonction publique territoriale avant que son affaire ne connaisse son issue.

Démasquée par des anciens camarades de promotion, qui connaissaient sa plume tranchante, Aurélie Boullet doit, d’ici au 1er janvier prochain, trouver son futur employeur. En effet, après que son brûlot sur la FPT a provoqué l’ire d’une partie de ses collègues au conseil régional d’Aquitaine, le président de la collectivité, Alain Rousset (PS), lui a remis le 30 août un arrêté la suspendant [1] 10 mois à compter du 1er septembre, dont 4 mois fermes et sans salaire.

Cette même collectivité locale demandait devant le conseil de discipline du 1er juillet dernier la révocation de la jeune administratrice parisienne. La sanction choisie par le président, avec son directeur de cabinet et quelques élus, tient compte de sa jeunesse, et respecte aussi les collègues qui se sont sentis injuriés et diffamés, affirme le directeur général des services de la région Aquitaine, Jean-Luc Mercadié, après avoir été lui même un partisan de la révocation car il s’estime injurié par le livre.
Mais selon Aurélie Boullet, les motifs de la sanction ne tiennent pas. Cette décision est illégale. Mon avocate va déposer un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif de Bordeaux. Elle estime que le livre ne contient aucun fond de dossier, les personnages sont des caricatures évoluant dans une compilation d’anecdotes rapportées du public comme du privé.

« J’ai alerté : je n’avais pas assez de travail »
La ligne de défense de la jeune administratrice comprend désormais quelques griefs à l’égard de la collectivité locale qui l’a employée à l’issue du stage de fin d’études de l’INET : Ce qui ne me convenait pas [à la région Aquitaine], c’était le peu de marge de manœuvres que nous laissent les élus. J’ai aussi alerté un nombre incalculable de fois mes supérieurs hiérarchiques : je n’avais pas assez de travail. J’ai même demandé un entretien avec le Président Rousset. J’ai été reçue par son directeur de cabinet. Sans effet.

Sur la page Facebook [2] au nom de son pseudonyme littéraire, Zoé Shépard, se trouve pourtant un courrier de la région Aquitaine daté du 3 mai 2010 qui appuie sa demande de détachement à la Chambre régionale des comptes de Picardie et la réponse favorable de cette CRC pour un détachement au 1er septembre 2010.

La présidence de la CRC de Picardie nie pourtant avoir validé un quelconque détachement d’Aurélie Boullet et indique que cette hypothèse n’est pas exclue mais ne pourra pas se réaliser avant que la pression autour de cette affaire ne soit retombée.

« L’affaire » agite cependant la fonction publique territoriale, comme le montrent le nombre et la teneur des commentaires des internautes [3]. Elle questionne aussi les administrateurs territoriaux. Jean-Christophe Baudoin, président de leur association souligne ainsi que les questionnements déontologiques fusent, tant chez nos jeunes adhérents que chez les jeunes à l’INET. Du coup, nous même allons organiser un débat à ce sujet et je proposerai lors de notre conseil d’administration du 8 septembre un projet de charte qui accompagnera notre association. La loi du 13 juillet 1983 sur les droits et devoirs est complètement dépassée, parce que les pratiques ont évoluées et qu’il est compliqué de tout codifier.

POUR ALLER PLUS LOIN

Lire aussi la Gazette à paraître du 6 septembre 2010