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INTERCOMMUNALITÉ
Grand Paris Seine & Oise : la première communauté urbaine de la région-capitale cherche ses marques
Pascale Tessier | Régions | Publié le 20/04/2016

C’est la seule communauté urbaine d’Ile de France et c’est aussi la seule de France à ne pas avoir de ville-centre. Mais deux arrêtés préfectoraux et une date ne suffisent pas à faire de 6 intercommunalités un territoire en action : trois mois et demi après sa création, Grand Paris Seine & Oise peine à être lisible, car organiser l’administration prend du temps.

Pierre-bedier

Pierre Bédier, président (LR) du conseil départemental des Yvelines et vice-président de la nouvelle communauté urbaine.

Le rythme de croisière espéré pour septembre ne sera pas atteint avant la fin d’année. “Et encore, si nous n’avions pas créé le pôle métropolitain, nous n’aurions jamais été prêts pour janvier 2016”, confiait récemment Pierre Bédier, le président (LR) du conseil départemental, vice-président de la communauté urbaine.

En imposant la création de territoires de 200 000 habitants, la loi MAPAM a conduit les Yvelines à revoir ses frontières intérieures. Regrouper 3 EPCI (autour d’Andrésy, Poissy-Conflans et Les Mureaux) suffisait à franchir le seuil, mais le territoire aurait concentré les trois plus grosses entreprises automobiles et aéronautique et menacé de déséquilibrer le Mantois, notamment.

Décision a donc été prise de créer : un territoire de 500 km2, de part et d’autre de la Seine, “sans ville-centre pour mieux organiser la polycentrie avec un certain nombre de grandes villes”, explique Pierre Bédier ; avec six intercommunalités ; et de préférer l’option communauté urbaine à celle d’agglomération afin que la dotation d’État soit plus généreuse.

Le mastodonte de 405 000 habitants réunit 73 communes (de 135 à 45000 habitants), autour de Mantes-la-Jolie, Poissy, Conflans-sainte-Honorine ou Les Mureaux.
Le premier budget – équilibré à 308M€ – est celui “de la mise en route, la somme d’intérêts individuels” dans l’attente de bâtir celui “d’un intérêt communautaire”, selon Jean-Frédéric Berçot, adjoint aux finances de Poissy.

Et si 2017 verra les premières actions, il s’agira plutôt “de décisions symboliques ou micro projets” confie-t-on dans l’entourage du président Philippe Tautou (LR). En attendant Eole qui doit marquer la reconnaissance économique du territoire et permettre le développement de l’emploi tertiaire, car Pierre Bédier ne le cache pas : “Cette CU n’a de sens qu’avec Eole.”

6 groupes et des conseils animés

Depuis janvier, les 129 élus font l’apprentissage d’une gestion avec six groupes dont le plus important compte 67 élus (LR, DVD, UDI) quand les deux plus petits n’en ont que 4 (écologistes et PCF d’un côté, FN de l’autre). La gauche avance divisée, entre ceux qui ont pris une vice-présidence et ceux qui sont dans l’opposition, ce qui donne des conseils communautaires au ton souvent vif et animé.
Les élus découvrent aussi que les dossiers, ordonnés dans leur intercommunalité d’origine, se retrouvent en rivalité avec les autres, soumis à la double interrogation du coût et du besoin réel.

Pour l’heure, le ressenti des maires diffère selon la taille de la commune : les urbains se réjouissent des compétences transmises, quand les ruraux craignent de se voir imposer des constructions.
Si des grincements de dents persistent sur le choix de 5 conseillers départementaux parmi les 15 vice-présidents, Philippe Tautou ne s’émeut pas d’être entouré “d’élus compétents et représentatifs”.

C’est insuffisant pour éviter les critiques, mais cela “n’empêche pas de travailler”, assure Marc Honoré (DVD), maire d’Achères. Impatient il y a quelques semaines de lire la feuille de route, il reconnaît aujourd’hui que les compétences transférées sont suffisamment importantes pour que l’on n’aille pas trop vite dans ce territoire-laboratoire.

Une (trop) rapide appréciation avait déjà conduit les élus à choisir un sigle déposé depuis 7 ans déjà dans les Hauts-de-Seine : une esperluette entre le S et le O vient de mettre fin à la confusion.

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