[Opinion] Gestion de l'eau

Jouer à fond la carte de la croissance bleue

Par et , Directeur général de l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse • Club : Club Techni.Cités

L’eau représente un avantage compétitif pour la vitalité économique de nos territoires, leur attractivité et leur offre touristique.

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L’eau représente un avantage compétitif pour la vitalité économique de nos territoires, leur attractivité et leur offre touristique. Tous les ans, en France, l’eau mobilise 4,2 milliards d’euros d’investissements publics, soutenus par les agences de l’eau grâce aux recettes fiscales qu’elles perçoivent.

L’eau génère 9,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour les activités liées directement aux ressources en eau (hydroélectricité, vente de poissons, de coquillages, pisciculture, eaux minérales, thermalisme, pêche de loisir). L’eau, c’est aussi 174 000 emplois directs, qui plus est, dans leur grande majorité, non délocalisables.

Et le potentiel est encore bien supérieur. La seule question de la rénovation des réseaux d’eau et d’assainissement devenus fuyards représente, par exemple, un défi en matière d’investissements pour les collectivités : dans le bassin Rhône-Méditerranée (quart sud-est de la France), environ 350 millions d’euros devraient être engagés chaque année si toutes les collectivités réparaient les fuites de leur réseau d’eau.
De plus, ces investissements impliqueraient 3 500 à 4 000 emplois supplémentaires à créer localement. Et en sus, les collectivités et les ménages économiseraient sur les frais de pompage et de traitement de cette eau perdue.

Réconcilier écologie et économie

Les choix opérés pour l’eau ont un impact sur la santé de nos concitoyens, sur l’économie, l’emploi, la biodiversité, le lien social. Ce sont des choix durables.

Les financements sont disponibles, grâce au dispositif des agences de l’eau et aux prêts très bonifiés accordés par la Caisse des dépôts. L’expertise et la connaissance ne manquent pas non plus.
Beaucoup d’élus de nos territoires ont déjà compris la nécessité de se mobiliser. Le mouvement est en marche, mais il faut aller plus loin.

Il est grand temps de réconcilier écologie et économie, de sortir de nos modes de production et de consommation destructeurs tant pour notre environnement que pour l’homme.

La politique de l’eau des prochaines années a notamment pour priorités la chasse au gaspillage d’eau et la réduction des pollutions par les nitrates, les phytosanitaires et les micropolluants, plutôt que le recours à des traitements coûteux, pour rendre l’eau potable.

Chaque année, les pollutions par les pesticides et les nitrates imposent aux ménages français des surcoûts de dépollution de 400 à 700 millions d’euros (1), répercutés sur leur facture d’eau. Selon un rapport de la Cour des comptes, traiter une eau polluée par les pesticides pour la rendre potable coûte 2,5 fois plus cher que de mettre en place des mesures de préventions des pollutions auprès des agriculteurs.

Cette politique prône aussi une « nouvelle » gestion des rivières, plus naturelle et jouant mieux avec la nature : moins de béton, de digues, de barrages et de seuils, et plus de liberté pour les cours d’eau là où c’est possible, avec des berges douces, des zones naturelles d’expansion des crues, des méandres, de la végétation. Ainsi, on améliore non seulement la qualité de l’eau, mais on fait aussi vivre le tourisme vert et les activités de pleine nature. On joue la carte de l’attractivité du territoire, du cadre de vie, et on crée du lien social autour de la rivière.

L’eau est tout cela à la fois : elle fait vivre un territoire, ses habitants et son économie.

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