Innovation

Remettre le citoyen au centre de la ville intelligente

Par • Club : Club Techni.Cités

Flickr CC by Mozilla in Europe

Un rapport du Nesta, une organisation britannique dédiée à l'innovation, invite à faire marche arrière sur l'approche initiale de la smart city, trop techno-centrée et aux résultats peu probants.

Ma Gazette

Sélectionnez vos thèmes et créez votre newsletter personnalisée

Enfin, serait-on tenté de dire : le Nesta, une organisation britannique dédiée à l’innovation, a publié un rapport prônant de mettre le citoyen au centre de la ville intelligente, après une première phase trop techno-centrée. Baptisé « Repenser la smart city depuis ses fondements », il s’ouvre par un bilan mitigé.

« Il existe peu de doutes sur le fait que les vagues successives de technologies continueront à transformer la façon dont les villes sont gérées. Mais les partisans de la smart city font souvent face à la critique », indique le document. En effet, selon le texte, ces derniers sont accusés « de se soucier  davantage des outils que des gens ; de se concentrer trop sur la recherche de nouvelles technologies plutôt que trouver des technologies qui résolvent des problèmes urgents ; de mettre l’accent sur le marketing et la promotion aux dépends de preuves tangibles et de l’expérimentation dans le monde réel. Du coup, de nombreuses smart cities ont échoué à remplir leurs promesses, associant coûts élevés et faible retour sur investissement ».

Le rapport résume les quatre principales erreurs constatées :

  • « Commencer par la technologie plutôt que les problèmes urbains » ;
  • « Utilisation ou production insuffisante de preuves » ;
  • « Manque de connaissances sur la façon dont les autres essayent d’améliorer les villes » ;
  • « Faible rôle de l’engagement citoyen ».

Le rapport se veut être un guide de bonnes pratiques, avec des nombreux exemples. La troisième partie est ainsi consacrée à « l’usage des technologies participatives pour répondre aux challenges urbains » : développer l’économie collaborative, le crowdsourcing de données, l’intelligence collective, etc.

La quatrième partie illustre la façon dont « les technologies numériques peuvent aussi donner aux citoyens les moyens de s’occuper directement des sujets qui sont importants pour eux : ils peuvent utiliser des capteurs à bas coût pour cartographier et mesurer leurs communautés, prendre connaissance de problèmes et faire pression sur les autorités pour apporter des changements ; ils peuvent crowdfunder des projets qui leur tiennent à cœur ; enfin ils ont la possibilité de donner de leur temps et de partager leurs compétences pour améliorer leur communauté ».

Prudente, l’étude rappelle en conclusion une autre limite importante de la ville intelligente : son incapacité à passer à l’échelle. « Toutefois, pour le moment, nombre d’exemples parmi les plus prometteurs débutent, à petite échelle, et s’ils sont complètement intégrés, ils le sont à la périphérie plutôt qu’au cœur des stratégies de smart city. »

Finies les folles promesses de naguère, quand, en 1997, le Smart Cities World Forum prévoyait 50 000 smart cities partout dans le monde d’ici 2007. Faute de passage à l’échelle, les mirobolantes retombées économiques, chiffrées en milliards par certains, pourraient rester lettre morte.

Références
cet article est en relation avec
Commentaires

1  |  réagir

30/03/2016 10h01 - raphael bert

Excellent papier !

Une cité qui base sa philosophie sur la performance technologique de ses matériaux et une cité qui s’autodétruit. Le moteur de la cité c’est les personne, et ce qui meut les personne, c’est l’édification du Bien Commun. Ainsi, une ville intelligente sera une ville où sont orchestré avec discernement toutes les intelligences, et non un « robot-ville » qui volerait à chaque homme son intelligence participative pour un panthéisme quasi religieux envers la machine citadine parfaite.

Au service des personnes dans leur intégrité et pour leur accomplissement dans la cité, la ville sera « intelligente », c’est à dire intelligible, ou encore porteuse de sens.
Modestement, je crois que MyGaloo essaie de réaliser cela, en montant un réseau de la ville citoyenne. En mettant en relation tous les citoyens entre eux, les associations et les commerçants, en permettant aux petites associations de faire connaître leurs projets et à chaque citoyen d’être acteur sur sa commune, nous avons essayé de mettre nos nouvelles technologies (numériques) au service de la réalité du terrain civique.
Maintenant, c’est aux villes de jouer !

Signaler un abus

Ajouter un commentaire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Conformément à la loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978, vous pouvez accéder aux informations vous concernant, les rectifier ou vous opposer à leur traitement et à leur transmission éventuelle à des tiers en écrivant à : Groupe Moniteur - Antony Parc 2, 10 place du Général de Gaulle, La Croix de Berny – BP 20156, 92 186 Antony Cedex ou en cliquant ici.

L'actu Technique

  • Une pétition des territoires en manque d’ingénierie

    La pétition lancée début septembre par l’Association nationale des pôles territoriaux et des Pays pour avoir plus de moyens en matière d’ingénierie a fait mouche dans les territoires. Signée par plus quasiment toutes les associations d’élus, elle a ...

  • Votre actu juridique du 23 au 29 septembre

    Notre sélection de textes officiels, jurisprudence et réponses ministérielles intéressant les cadres de la filière technique, publiées par le Club Techni.Cités et sur Lagazette.fr entre le 23 et le 29 septembre 2022. ...

  • Eau : « Le PTGE est un bon outil qui doit être conforté »

    Avec la sécheresse et les risques de pénurie d’eau liés au changement climatique, les conflits se multiplient autour des usages de l’eau. Pour calmer le jeu, l’élaboration d'un projet de territoire pour la gestion de l’eau (PTGE) est nécessaire, depuis ...

  • Loi REEN : Territoires numériques responsables soyez prêts pour 2023

    La loi Réduction de l'Empreinte Environnementale du Numérique (REEN) introduit l'obligation pour les communes et intercommunalités de plus de 50 000 habitants de se doter au 1er janvier 2025, d’une stratégie numérique responsable. Mais avec une première étape ...

Offre découverte 30 jours gratuits !

Formations

Evènements

services

Thèmes abordés

Prochain Webinaire

CLUB FINANCE - Projet de loi de finance 2023 : ce qui attend les collectivités

de La Gazette des communes en partenariat avec la Caisse d’Epargne et KPMG

--
jours
--
heures
--
minutes

menu menu

Club Techni.Cités : l'information pour les techniciens de la FP