logo
Adresse de l'article https://www.lagazettedescommunes.com/429959/grand-paris-la-metropole-boucle-sa-gouvernance/

MÉTROPOLE
Grand Paris : la métropole boucle sa gouvernance
Jean-Baptiste Forray | Régions | Publié le 19/02/2016

Lors du deuxième conseil métropolitain de l’ensemble urbain, le 18 février 2016, André Santini (UDI) a hérité du portefeuille de la stratégie économique, Daniel Guiraud (PS) du développement durable. Un appel à projets « Inventons la métropole » a aussi été lancé.

The Eiffel tower

Comment faire en sorte que chacun des 29 membres d’un bureau d’une intercommunalité aux compétences limitées trouve sa place ? Le tout, en respectant de savants équilibres politiques et territoriaux. Tel était le défi posé au président de la métropole du Grand Paris (MGP), Patrick Ollier (LR). Le député-maire (LR) de Rueil-Malmaison, dont Anne Hidalgo (PS) salue volontiers « l’habileté » et « le courage », a fait approuver un casting millimétré.

Lors du conseil métropolitain inaugural du 22 janvier 2016 [1], la première vice-présidente de la MGP avait hérité de la délégation aux relations internationales et aux grands évènements. En clair : d’un poste de super-ambassadrice au service, en particulier de la candidature de la région capitale aux Jeux Olympiques de 2024.

Le deuxième vice-président, Gilles Carrez (LR) s’était vu octroyer les finances, sa spécialité à l’Assemblée nationale où il préside la commission dédiée.

L’économie pour la droite des Hauts-de-Seine

A l’occasion de la nouvelle séance de la MGP, ce 18 février 2016, les domaines d’attribution des 18 autres vice-présidents et des 8 conseillers métropolitains délégués ont été déterminés.

André Santini (UDI), troisième vice-président, dont la ville, Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) accueille le siège de multinationales comme Microsoft France ou Orange, hérite de la stratégie économique. Il sera notamment assisté d’Eric Cesari (LR). Cet ancien patron de la communauté d’agglomération bicéphale de Courbevoie-Puteaux (Hauts-de-Seine) aura en charge l’immobilier d’entreprises et les quartiers d’affaires.

C’est le maire socialiste des Lilas (Seine-Saint-Denis), Daniel Guiraud qui devra mettre en œuvre la stratégie environnementale de la métropole. Il sera secondé par une vieille connaissance du syndicat mixte Paris Métropole, son collègue écologiste d’Arcueil (Val-de-Marne) Daniel Breuiller, en charge du patrimoine naturel et paysager.

Le logement pour un communiste du Val-de-Marne

Pour ce qui est du logement, c’est le président communiste du plus gros établissement public territorial de la métropole (Intégrant Vitry-sur-Seine, Orly et des communes de l’Essonne), Michel Leprêtre qui obtient la principale délégation, consacrée aux politiques territoriales de l’habitat.
Il devra composer avec, notamment, un vice-président en charge de l’habitat et de la mixité, le maire socialiste de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Olivier Klein.

La distribution des rôles réclamera des réglages. A l’intérieur de la MGP, mais aussi à l’égard des autres collectivités. Désireux d’éviter un clash avec la patronne de l’Ile-de-France, Valérie Pécresse (LR), ouvertement hostile à la métropole [2], Patrick Ollier a demandé à chacun de ses vice-présidents de prendre rapidement langue avec son correspondant à la région. Pour lui, une guerre de chapelle est inconcevable. Elle ruinerait les efforts pour attirer les investissements internationaux.

Dans la foulée de l’appel à projets architecturaux de la ville de Paris, « Réinventer Paris », la MGP a lancé, ce 18 février 2016 l’initiative « Inventons la métropole ». Elle a, enfin, dévoilé son logo, rouge et bleu, faisant la part belle à sa vocation polycentrique.