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MANAGEMENT
« Interroger la légitimité du manager à agir dans le débat public » – Claude Soret-Virolle (ADT-INET)
Maud Parnaudeau | A la Une RH | France | Toute l'actu RH | Publié le 02/02/2016

« Le manager territorial : quel rôle dans le débat public ? », la question sera débattue jeudi 4 février 2016 à l’occasion du 3e symposium organisé par l’Association des dirigeants territoriaux et anciens de l’INET (ADT-INET) et le « Larequoi », Laboratoire de recherche en management de l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Claude Soret-Virolle, présidente de l’ADT-INET, expose les enjeux de ce rendez-vous réunissant universitaires, élus, dirigeants territoriaux et représentants de la société civile.

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Après « Le management de la coopétition des territoires » en 2013, « Pour un management social et solidaire » en 2014, vous avez choisi cette année d’interroger le rôle du manager territorial dans le débat public. Pourquoi ce thème ?

L’environnement de la prise de décision publique est en pleine mutation : il y a moins d’argent, la démocratie représentative est en crise, l’action publique est en perte de sens, et le numérique modifie le rapport aux citoyens et la gestion des organisations. Le dialogue avec les habitants, le monde socio-économique, le secteur associatif est un défi démocratique.

Demain, on ne pourra plus agir sans prendre en compte la demande citoyenne. Mais comment rendre la démocratie participative opérante ? Il faut réussir à mieux recueillir l’expertise d’usage, à toucher les masses silencieuses, à donner à la société civile la capacité de développer une intelligence collective… Les collectivités doivent innover si elles veulent pouvoir repenser le périmètre des politiques publiques en phase avec les besoins.

Les collectivités doivent innover si elles veulent pouvoir repenser le périmètre des politiques publiques en phase avec les besoins

Comment allez-vous aborder la dimension « managériale » de la participation ?

Nous allons interroger la légitimité du manager à agir dans le débat public. Quel rôle peut-il avoir, parallèlement à celui des élus, dans le pilotage des processus de démocratie participative ? Comme « conseil », n’a-t-il pas un rôle pédagogique, doit-il avoir un rôle de concepteur ?

L’idée est de sensibiliser les cadres et dirigeants des collectivités sur leur rôle possible. Le recours à une spécialiste de la facilitation graphique permettra d’enrichir le débat.

Que peut-on réellement attendre d’une telle rencontre ?

C’est un creuset de réflexions qui ouvre sur des exemples précis et qui, par essaimage, peut faire avancer les choses. L’idée est de mettre en mouvement, d’imprégner les esprits. Aujourd’hui on se concentre sur les économies et on pressure les organisations, par ailleurs en pleine mutation, sans s’interroger sur le service qu’on veut rendre ou sur nos priorités.

Si on repensait l‘intégralité du mode de management, il y aurait une vertu à ces contraintes financières. C’est par le biais de formations « décalées » comme ce symposium que l’on peut faire avancer les choses en croisant des expériences de collectivités, de structures du secteur privé, du monde mutualiste ou associatif.

On ne va pas tout révolutionner du jour au lendemain. Mais ces rencontres nous obligent à prendre du recul sur nos pratiques de management et de gouvernance.

On se concentre sur les économies sans s’interroger sur le service qu’on veut rendre ou sur nos priorités