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[Tribune] Droits de l'enfant

MDR… Mais… On a des droits ? – Sophie Graillat, présidente de DEI-France

Publié le 22/11/2017 • Par laredaction • dans :

Sophie Graillat, présidente de DEI-France
Sophie Graillat, présidente de DEI-France D.R.
Tel était le titre d’une journée organisée le 4 novembre dernier à Longuenesse (Pas-de-Calais) par un lycéen de 16 ans avec l’appui de la ville et de notre association DEI-France, pour faire connaître leurs droits aux jeunes de la région et leur indiquer certains lieux et personnes ressources pour y accéder.

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Le 20 novembre 2017, voici 27 ans que la France a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. OUI les jeunes risquent de rester longtemps morts de rire en nous entendant leur expliquer doctement qu’ils ont des droits consacrés par des traités internationaux qui ont valeur juridique supérieure à nos lois.

Notre ancien président, Jean-Pierre Rosenczveig, disait : « Les droits de l’enfant, c’est d’abord l’affaire des adultes » ! Il avait raison : l’obligation de mettre en œuvre ces droits incombe aux adultes, parents, éducateurs et professionnels de l’enfance, élus, institutions de la République. C’est à eux de changer les lois, les politiques, les postures et pratiques envers les enfants, de les protéger tout en leur donnant du pouvoir d’agir sur leur vie, personnelle comme collective.

Mais aujourd’hui, les institutions et les adultes défaillent à mettre en oeuvre ces droits dans le quotidien des enfants (cf encadré)… et Jean-Pierre Rosenczveig de se demander si les droits de l’enfant ne sont pas …« une blague ».

Alors, laisserons nous les jeunes mourir de rire et nous, adultes, perdre nos utopies et mourir de honte en constatant que notre pays n’est pas à la hauteur des engagements pris il y a 27 ans ? A DEI (1), nous voulons croire que non : organisant notre journée nationale à Alès dans le Gard ce samedi 18 novembre à l’initiative de la toute nouvelle délégation départementale DEI-Gard et en présence du directeur du secrétariat de notre mouvement international, nous avons une fois de plus mesuré l’ampleur des progrès à réaliser et leur urgence, mais nous avons pu apprécier la force de l’engagement des jeunes qui ont assisté à cette journée pour s’investir dans la défense des droits de l’enfant, forts de leur propre expertise : élèves de lycée professionnel dans des filières du travail social, anciens mineurs isolés étrangers largement engagés, jeunes membres d’une association départementale de personnes accueillies par la protection de l’enfance, ils nous ont fait vivre la réalité de leur expérience et de leurs réalisations. Ce sont eux qui nous redonnent la confiance et le dynamisme indispensable pour continuer à militer et aller de l’avant. Tout comme l’initiative de notre jeune ami du Pas de Calais nous avaient emplis d’espoir.

Nous le constatons aussi dans AEDE, le collectif Agir ensemble pour les droits de l’enfant, et sommes convaincus que les adultes et la société ne progresseront pas sans avancer AVEC les enfants et les jeunes, ce pourquoi nous avons créé un réseau d’enfants et de jeunes pour participer au travail de réflexion du collectif.

Encore faut-il que nous, institutions et adultes, soyons capables d’accompagner cette démarche de promotion de leurs droits par les jeunes eux-mêmes. Il ne s’agit pas de nous défausser de nos responsabilités ni d’en faire porter de trop lourdes aux jeunes, mais simplement de respecter leur engagement et d’être en accord avec la vision que nous portons, avec tout le mouvement international de DEI : des enfants libres et acteurs de leurs droits à participer. Et cela demande, au delà des évènements que NOUS organisons pour EUX– dans des conditions qui nous conviennent et parfois avec des publics captifs pour toucher un public le plus large possible – de savoir nous laisser bousculer par les jeunes qui veulent organiser LEUR événement pour parler de LEURS droits. Il faut savoir nous mettre à leur service même si leurs contraintes ne correspondent pas aux nôtres et que cela nous coûte un peu !

L’événement de Longuenesse a montré que rares sont les adultes qui y sont prêts. Le jeune organisateur était sans doute trop précurseur et il nous donne à réfléchir : il peut en être fier.

Pour éviter que longtemps encore les jeunes nous disent : « MDR (2) Mais… On a des droits ? », et en complément de l’affirmation que les droits de l’enfant sont d’abord l’affaire des adultes, il serait temps de reconnaître que les droits de l’enfant, c’est aussi l’affaire des enfants : laissons-les prendre en main eux-mêmes la promotion de leurs droits ! Sachons nous laisser bousculer et nous mettre à leur service : c’est cela aussi l’intérêt supérieur des enfants !

Petit survol des lacunes de l’application de la Convention des droits de l’enfant en France

Aujourd’hui dans notre pays, des enfants sont régulièrement laissés à la rue avec leurs familles par le 115, des enfants des bidonvilles ne sont pas scolarisés et n’ont pas accès à des conditions de vie dignes ni aux soins, près de 3 millions d’enfants vivent sous le seuil de pauvreté, des enfants en situation de handicap galèrent toujours, ceux d’Outre-Mer subissent un traitement « en marge ». Les mineurs isolés étrangers sont en passe de se voir exclus de la protection de l’enfance de droit commun à laquelle ils ont droit selon la loi ; le nombre d’enfants dans les prisons va croissant et aucune volonté politique ne se fait jour pour réfléchir à une réforme de l’ordonnance du 2 février 1945. La République ne s’organise pas « dans l’intérêt supérieur de ses enfants » comme cela devrait : une coordination des différents pouvoirs publics insuffisante autour de l’enfant, plus de ministère de l’enfance ni de la Jeunesse, pas de diffusion de la Convention… On parle de travailler à la lutte contre la pauvreté en ciblant les enfants et les jeunes mais participent-ils seulement à ce travail ? Des travailleurs sociaux n’en peuvent plus d’être maltraitants faute de moyens ou sur injonction de leur hiérarchie et souhaiteraient seulement donner aux enfants et à leurs familles accès à leurs droits fondamentaux (3). L’École ne pratique pas suffisamment une éducation citoyenne active en son sein, la parole des enfants peine encore à être entendue en Justice et dans de nombreux autres lieux ; l’interdiction dans la loi des violences éducatives a échoué et la maltraitance dans les institutions censées les protéger n’est pas prise en considération… La liste est longue !
Quant aux instances de recours, nationales comme internationales, elles ne parviennent pas à jouer leur rôle pour garantir à chaque enfant le respect de ses droits : les enfants ne savent pas qu’ils sont en capacité de saisir un juge des enfants, ils connaissent mal le Défenseur des droits et son adjointe Défenseure des enfants, et cette institution, même avertie des violations de droits fondamentaux de certains enfants, ne parvient pas à peser réellement sur l’État pour faire évoluer des politiques néfastes (4). Quant au Comité des droits de l’enfant des Nations Unies, ses recommandations restent pour beaucoup lettre morte (5), malgré quelques avancées et un intérêt certain porté sous le dernier mandat présidentiel au processus de contrôle, par cette instance, des droits des enfants chez nous.

Thèmes abordés

Notes

Note 01 DEI-France est la section française de l’ONG Défense des enfants international. Retour au texte

Note 02 Pour les lecteurs non initiés au langage des jeunes : MDR = Mort de rire ! Retour au texte

Note 03 Espérons que la nouvelle définition du travail social de juin 2017 dans le CASF, promouvant l’accès aux droits fondamentaux comme la finalité première du travail social, y aide : reste à former les travailleurs ! Retour au texte

Note 04 Cf. rapport du Défenseur des droits sur les droits de l’enfant 2017. Retour au texte

Note 05 Cf. observations du Comité adressées à la France en février 2016 Retour au texte

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