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GENS DU VOYAGE ET ROMS
Les associations tsiganes demandent à l’Etat et aux collectivités «des réponses concertées et volontaristes»
Olivier Berthelin | Actu prévention sécurité | France | Publié le 22/07/2010

L'annonce par le président de la République d’une réunion le 28 juillet 2010 consacrée "aux comportements de certains parmi les Roms et les gens du voyage" et aux questions "d’expulsion des campements en situation irrégulière» provoque des protestations de la part des 4 principales associations de gens du voyage.

Les quatre principales associations de gens du voyage appellent à la concertation. Elles sont désireuses de dépasser les polémiques déclenchées par l’annonce d’une réunion devant décider de l’expulsion de campements en situation irrégulière de Roms et de gens du voyage.
Evènement rare, l’ANGVC, l’ASNIT, l’UFAT et la FNASAT ont signé le 22 juin 2010 un communiqué commun appelant l’Etat et les collectivités  » à apporter des réponses concertées et volontaristes ». « Partout en France, la démarche de concertation de gens du voyage et le courage politique de municipalités donnent à voir l’évidente possibilité du ‘vivre ensemble' », rappellent les associations qui évoquent l’hommage rendu aux tsiganes internés de 1939 à 1946 par Hubert Falco, secrétaire d’Etat à la défense et aux anciens combattants.
«Cette reconnaissance a été vécue comme une avancée significative vers la reconnaissance d’une pleine citoyenneté. Espoir vite déçu par une communication du chef de l’Etat qui rappellera sans aucun doute aux historiens de nombreuses manifestations de politiques d’exclusion et d’oppression», déplorent les associations signataires.

Faire le point en urgence

Dans leur communiqué les quatre associations tsiganes développent les dangers «d’une posture ethnique et répressive», amalgamant Rrom et gens du voyage associés aux thèmes de la délinquance et de la violence. Dés le 21 juin, la Ligue des Droits de l’Homme, La Voix des Rroms, Romeurope ont dénoncés de manière plus ou moins virulentes les dangers de stigmatisation de communautés très différentes.
Tous rappellent la nécessité de ne pas confondre les situations  :

  1. des Rroms Roumains et Bulgares, citoyens européens en situation d’émigration économique,
  2. des gens du voyage Français, citoyens français soumis à des règles administratives spéciales.

Le 30 juin dernier, le conseil de l’Europe a d’ailleurs condamné la France au sujet des conditions faites d’un côté aux gens du voyage et de l’autre aux Roms migrants.

Pour sa part la Haute autorité de lutte contre les discriminations, a prit plusieurs délibérations concernant les différentes discriminations subies par ces deux types de publics.
Comme la Haute autorité, le sénateur UMP, Pierre Hérisson, président de la Commission nationale consultative n’a pas souhaité commenter la perspective de la réunion du 28 juillet au sujet de laquelle sa commission n’avait pas été consultée. Il a néanmoins précisé dans la presse que « pour lui ce qui s’est passé à Saint Aignan relève du droit commun et n’a rien à voir avec les gens du voyage ».

Pour Alice Januel, présidente de l’association nationale des gens du voyage l’urgence est de travailler sur les dossiers concernant l’habitat, le stationnement et l’accès aux droits. « Nous alertons depuis des années les pouvoirs publics sur ces dossiers qui n’avancent pas et créent des situations invivables qui exaspèrent nos jeunes qui ne supportent plus de ne pas être traités en citoyens à part entière », déplore t- elle. Dés le 19 juin son association avait demandé un rendez-vous à l’Elysée craignant que les incidents du Loir et Cher soient interprétés comme étant un phénomène communautaire éclipsant les vrais problèmes.

Fait divers ou phénomène de société ?

« En dépit des multiples contrôles que nous subissons souvent plusieurs fois par jours, et les carnets de circulation qui nous stigmatisent, les drames avec les forces de l’ordre sont très rares », constate Milo Delage vice président de l’UFAT. Il ne compte depuis une dizaine d’années que deux réactions violentes de la part de proches tués lors d’opérations de police, à Nantes au début des années 2000 et à Saint Aignan. Il craint qu’en abordant les problèmes sous l’angle des violences et de la sécurité, la réunion du 28 n’attise les tensions et débouche sur de nouveaux drames.

Dans le Loir et Cher, élus et professionnels notent le caractère particulier des évènements du week end. «Les faits ne concernaient que les proches du jeune homme décédé et non l’ensemble des gens du voyage sédentarisés dans la région, ni les usagers de l’aire d’accueil», explique Nathalie Barras, première adjointe au maire de saint Aignan témoin des faits. «Nous constatons des tensions entre certaines familles, certains maires et les forces de l’ordre qui sont liés à des problématiques individuelles et n’ont pas grand-chose à voir avec leur culture et leur origine», insiste Vincent Nicoud, directeur adjoint de Tsigane Habitat, association missionnée par le conseil général et la préfecture pour des actions de médiations.

Conséquences imprévues des annonces présidentielles

«Nous ne savons pas quels ministres et quels acteurs des dossiers participeront à la réunion du 28, ni quelles peuvent en être les conséquences concrètes», remarque Stéphane Léveque directeur de la FNASAT qui constate que les lois facilitant l’expulsion des campements existent déjà et ont été validées par le conseil constitutionnel le 9 juillet dernier.
Néanmoins il constate qu’en 24 heures les propos du chef de l’Etat ont pour effet de fédérer sur une prise de position commune les principales associations qui ne s’étaient pas retrouvées unies depuis de nombreuses années. «La plus part des médiats on fait l’effort de contacter les responsables tsiganes et de présenter clairement les différents aspects de ces dossiers trop souvent abordés dans une grande confusion».

REFERENCES