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[OPINION] MÉTIER
Nous, urbanistes territoriaux, réclamons plus d’équité dans les recrutements
Auteur associé | Actu Emploi | France | Opinions | Opinions | Publié le 25/01/2016

Notre association entend souligner les compétences des urbanistes concourant à la maîtrise d’ouvrage publique, mais déplore leurs conditions d’exercice. Explications

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Notre association entend souligner les compétences des urbanistes concourant à la maîtrise d’ouvrage publique, mais déplore leurs conditions d’exercice. Leur recrutement par les collectivités se fait, aujourd’hui, selon trois modes inégaux : par contrat, et sous statut dans la spécialité urbanisme des cadres d’emploi d’ingénieur (technique) ou d’attaché (administratif). L’aménagement public évoluant aux échelles intercommunale et régionale, leurs compétences pluridisciplinaires et stratégiques sont devenues incontournables.

Une collectivité peut employer une personne en CDD lorsqu’elle ne parvient pas à recruter de fonctionnaire. Ceci a néanmoins lieu en proportions préoccupantes, car 88 % des recrutements sont effectués par cette voie (1) [1].

Le concours d’ingénieur évince les diplômés de l’université, car il requiert une formation « scientifique et technique », question inconnue dans la pratique et non discutée avant les décrets de 2002 et 2007 (2) [2]. Combien « d’attachés » pourtant dans des services « techniques » ? « D’ingénieurs » aux missions réellement scientifiques dans des services d’urbanisme ? La position de l’Etat reste inflexible, mais des élus s’émeuvent de cette anomalie dans les collectivités (3) [3].

Le concours d’attaché est ouvert aux candidats de niveau bac + 3 (contre bac + 5 pour ingénieur), or cet écart ne se vérifie pas dans les équipes – rares étant les agents ne justifiant pas d’un diplôme de niveau master -, mais il permet une rémunération inférieure à celle des ingénieurs. Enfin, il faut remarquer que les attachés sont plus majoritairement des femmes, contrairement aux ingénieurs. Des inégalités soulignées par l’Association des attachés (4) [4].

Au-delà de la qualification des urbanistes (5) [5], les compétences de prospective et de diagnostic, ainsi que la coordination de projets sont aujourd’hui indispensables à la maîtrise d’ouvrage publique (6) [6]. C’est pourquoi l’association Urbanistes des territoires souhaite animer la réflexion des urbanistes des collectivités, en lien avec les autres acteurs impliqués, et les mettre en réseau.

La qualification visait à faire reconnaître leurs compétences, mais cet outil s’est révélé sans utilité : peu de demandeurs, pas de plus-value et un intérêt seulement pour les privés en position de prestataire. Cette qualification se rapproche d’une validation des acquis de l’expérience et gagnerait à évoluer comme telle. L’enjeu est aujourd’hui de faire reconnaître les diplômes des urbanistes par une certification professionnelle. Ainsi, un accès sur titre aux concours de la FPT serait un gage d’attractivité et encouragerait le service de l’intérêt général.

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