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SÉCURITÉ CIVILE
Les attentats relancent le débat entre Samu et pompiers
Isabelle Verbaere | Actu prévention sécurité | France | Publié le 17/11/2015 | Mis à jour le 18/11/2015

Eric Faure, Président de la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers de France salue la mobilisation des « collègues parisiens » lors des attentats. 430 hommes ont été engagés. Toutefois, le Dr Michel Bonnot médecin réanimateur, qui a porté secours aux victimes d’une des fusillades, déplore que les véhicules de secours des pompiers ne soient pas équipés d’une mallette de réanimation.

pompiers430 hommes de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) ont été mobilisés pour porter secours aux victimes des attentats terroristes qui ont frappé la capitale vendredi 13 novembre et ont fait au moins 129 morts et 300 blessés.
« 125 engins sont intervenus sur sept sites, détaille le capitaine Karine Degremont du bureau communication de la BSPP. Les deux tiers étaient des véhicules de secours et d’assistance aux victimes (VSAV) armés de trois sapeurs-pompiers secouristes chevronnés. Sept ambulances de réanimation armées d’un médecin, d’un infirmier et d’un ambulancier ont été également engagées au coude à coude avec les forces de polices. »

Des équipes des services d’incendie et de secours (Sdis) d’Ile-de-France ont été aussi été appelées en renfort afin d’assurer les interventions classiques. « Aucun pompier n’a été blessé en intervention, se félicite Karine Degremont. Malheureusement l’un des nôtres, est gravement touché. » De repos, il se trouvait au Bataclan.

Cette mobilisation exceptionnelle est saluée par le colonel Eric Faure, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France. Dans un communiqué publié lundi matin, il rappelle que les pompiers sont toujours sur la brèche «présents bien sûr face à de tels évènements, mais aussi et surtout au cœur du quotidien de la population : toutes les 7 secondes une équipe de sapeurs-pompiers est engagée en intervention. Notre organisation, notre maillage territorial, la possibilité de mobiliser 245000 hommes et femmes sont nos meilleurs atouts. »

«Certains blessés auraient pu être sauvés »

Faudrait-il que la médecine d’urgence s’appuie davantage sur ce maillage ? C’est l’avis du docteur Michel Bonnot. Ce médecin-réanimateur, à l’hôpital des Quinze-Vingts (Paris) et qui est intervenu sur plusieurs théâtres de guerre, habite à quelques dizaines de mètres de la rue de la Fontaine au Roy où s’est déroulée l’une des fusillades.
Il a porté secours aux victimes dans les minutes qui ont suivi l’agression. Il dit avoir attendu en vain l’ambulance du Samu.
«Certains blessés auraient pu être sauvés, dénonce-t-il [1] dans un témoignage publié sur le site du Quotidien du médecin, dimanche 15 novembre. Un témoignage salué par plusieurs confrères.

« Nous sommes en guerre depuis vendredi, nous a-t-il expliqué. Les véhicules de premiers secours des sapeurs-pompiers sont sous-dotés. Il faut les équiper d’une mallette de réanimation afin qu’un médecin témoin d’un drame de ce genre puisse porter secours aux victimes. Quand j’ai demandé aux sapeurs-pompiers de quel matériel ils disposaient pour soigner deux jeunes femmes qui étaient grièvement blessées, j’ai découvert qu’ils n’avaient qu’une bouteille d’oxygène, un défibrillateur, des couvertures de survie et des garrots. Il m’aurait fallu de quoi les intuber, les perfuser. Elles sont mortes. »

« Ce matériel étant très rarement utilisé, il se périme »

Doter les VSAV de matériel de réanimation au cas où, n’est pas une idée nouvelle. « Elle n’a pas été retenue car ce matériel étant très rarement utilisé, il se périme », observe le Dr Patrick Hertgen vice-président de la FNSPF.

Par ailleurs cela représenterait un coût très important. Les services d’incendie disposent de 6210 VSAV. « Les Sdis ont préféré investir dans des défibrillateurs ou équiper leurs médecins formés à l’urgence. Tous les praticiens susceptibles de se retrouver sur la scène d’une catastrophe ne sont pas capables d’intuber un patient par exemple. »

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