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DOSSIER : Quel avenir pour les communes ?
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/417230/quel-avenir-pour-les-communes-les-affaiblir-cest-eloigner-le-pouvoir-du-citoyen/

CONGRÈS DES MAIRES
Quel avenir pour les communes : « Les affaiblir, c’est éloigner le pouvoir du citoyen »
Emmanuel Guillemain d'Echon | France | Publié le 09/11/2015 | Mis à jour le 26/11/2015

Pris en étau entre la baisse des dotations et la montée en puissance de l’intercommunalité, le plus petit échelon administratif est à la peine. A la veille du congrès des maires, La Gazette a interrogé élus locaux, parlementaires, économistes et politologues sur son avenir. Quatrième épisode avec André Laignel, premier vice-président délégué de l’Association des maires de France et maire (PS) d'Issoudun (Indre).

LAIGNEL-photo stephane GautierPourquoi tenez-vous tant à préserver la commune ?

La commune, c’est l’élément décisif de la vie démocratique. Affaiblir le niveau local, c’est éloigner le pouvoir du citoyen, c’est un acte grave contre la démocratie. On ne peut pas parler que d’argent, comme on le fait à Bercy ! Depuis de très nombreuses années, tous gouvernements confondus, la plus haute technocratie entretient l’idée que moins il y aura de communes, moins cela coûtera d’argent à l’État. C’est une logique purement comptable. La commune, c’est la base du vivre ensemble. C’est un modèle de société qui est en cause. Que veut-on apporter à la population ? La commune joue aussi le rôle d’un amortisseur social. Les gens en désespérance viennent souvent nous voir.

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Certains reprochent à l’AMF d’avoir une vision passéiste…

Oui, on reproche à l’AMF de ne croire qu’aux petites communes. Mais nous avons été les premiers à nous lancer dans l’intercommunalité, comme un outil au service des communes. Nous avons inventé la commune nouvelle ! Nous ne sommes pas pour l’immobilisme, mais pour une évolution choisie, librement consentie. Evidemment, pour la direction générale des collectivités locales (DGCL), ce serait tellement plus simple si on pouvait tout gérer au niveau de 2100 intercommunalités que de 36 000 communes !

La DGCL ne tient pourtant pas ce genre de propos…

Comme personne n’ose dire qu’il faut supprimer les communes, l’administration adopte une stratégie très claire : l’étouffement financier progressif des communes, au bénéfice des intercommunalités. On les conduit à se regrouper, avant de les absorber ensuite au sein des intercos. Il y a d’abord eu la suppression de la taxe professionnelle en 2009, le plus mauvais coup porté aux finances des collectivités territoriales. Puis la territorialisation progressive des dotations, avec la création du FPIC en 2012. Maintenant, on essaie de faire passer la DGF territoriale avec une dotation de centralité au niveau intercommunal.

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