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HANDICAP
Le livre noir qui dénonce les failles de l’accueil des handicapés en France
Isabelle Raynaud | France | Publié le 21/10/2015

Alors que les députés ont entamé le 20 octobre l’examen du PLFSS 2016, l’Unapei leur a remis un “livre noir du handicap” qui dénonce les conditions d'accueil des personnes handicapées en France, “les exilant hors de nos frontières ou en les excluant de notre société”.

Autisme IME handicap [1]

6.500 personnes handicapées exilées en Belgique et plus de 47.000 sans solution en France. L’Les Bannis de la République [2]” dénonce la situation et donne des pistes de solutions, radicales.

Dans le détails, selon les informations récoltées auprès de son réseau de 240 associations gestionnaires et 140.294 places gérées, 47.427 personne seraient sans solution d’accueil :

Dans le même temps, 6.350 jeunes adultes sont accueillis dans des structures pour enfants, rappelle le document, citant le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) Établissements et services pour personnes handicapées : offre et besoins, modalités de financement [3] d’octobre 2012.

Interdire le recours à la Belgique

Le constat d’un manque criant de place n’est en effet pas nouveau. Mais l’Unapei veut s’attaquer à la solution miracle souvent proposée aux familles : envoyer la personne handicapée dans un centre en Belgique.

« Ce n’est pas la Belgique qu’il faut condamner, mais bien malheureusement la politique française du handicap qui bannit des milliers de personnes handicapées en les exilant hors de nos frontières ou en les excluant de notre société », écrit la présidente de l’organisation Christel Prado, en introduction du livre noir.

Une série de témoignages vient dénoncer une situation ubuesque, où les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) ne proposent aux familles que des solutions Outre-Quiévrain à des centaines de kilomètres de chez eux.

« Parce que j’ai donné naissance à une fille handicapée, on ne devrait pas avoir une relation familiale comme les autres », demande ainsi Martine Balasse, mère d’Elodie, une polyhandicapée âgée de 20 ans qui devra bientôt quitter l’IME dans lequel elle vit toujours. Aucune solution ailleurs qu’en Belgique n’a été proposée à cette Francilienne.

L’Unapei réclame donc qu’il soit interdit aux autorités compétentes (MDPH, conseil départemental, agences régionales) d’orienter et de financer des établissements ou services hors de nos frontières sauf pour les personnes situées à proximité de la frontière qui pourraient disposer d’un accueil proche de leur domicile. De même, les 6.500 personnes actuellement accueillies en Belgique doivent pouvoir rentrer en France.

55 000  places d’accueil à trouver

Il faudrait donc trouver pas loin de 55.000 places d’accueil. Dans son bilan des plans de création de places à la fin de l’année 2014, publié sur son site le 15 octobre [4], la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie) ne programme cependant la création que de 14.253 places sur le champ du handicap entre 2015 et 2018.

Pour financer la construction de places d’accueil, l’Unapei propose de créer une taxe sur les cigarettes électroniques, qui permettrait de dégager un budget de 90 millions d’euros par an, à répartir entre l’Assurance-maladie (70%) et les conseils départementaux (30%). Cette somme s’ajouterait aux 250 millions versés chaque année par la CPAM et les conseils départementaux en compensation de l’accueil des Français dans les institutions belges.

4.000 emplois financés par la France de l’autre côté de la frontière

Le recours à la Belgique pour trouver des places d’accueil en Belgique a un coût économique loin d‘être neutre, souligne l’association de défense des personnes handicapées. Les 250 millions d’euros versés chaque années pour la prise en charge des Français permettrait, selon les estimations de l’Unapei, de financer 4.000 emplois dans les institutions belges. Des emplois qui seraient créés en France si les personnes handicapées trouvaient un placement dans notre pays, sous-entend l’association.

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