Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement
Club Santé Social

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

icon Club Santé Social

Politiques publiques

Le social en mode projet

Publié le 01/09/2017 • Par Eric Larpin • dans : A la Une santé social, Dossier Santé Social

politiques publiques-citoyens-UNE
©vege - stock.adobe.com
Par souci d’innovation et de proximité grandissante avec les citoyens ou en raison de contraintes budgétaires, les collectivités sont de plus en plus nombreuses à découvrir les vertus du décloisonnement. Des méthodes qui s’intéressent plus aux bénéficiaires qu’aux institutions et qui bouleversent les façons de faire.

Transversalité, décloisonnement, agilité, conduite du changement, mode projet, ces nouvelles façons d’agir, impliquant à la fois les services entre eux, mais aussi les habitants et l’ensemble des parties prenantes (associations, entreprises) se répandent de plus en plus. Plusieurs raisons l’expliquent. Les collectivités doivent faire aujourd’hui mieux avec moins de ressources, d’où la nécessité de faire appel à toutes les compétences possibles.

Nouveaux besoins en matière de politiques publiques

Par ailleurs, on constate de la part des citoyens une demande grandissante pour plus de participation et plus d’efficacité des politiques publiques. Enfin, on a affaire à une nouvelle génération d’élus et de techniciens enclins à innover, à expérimenter et à oser !

La transversalité vient avec l’identification de nouveaux besoins. Pour les identifier et faire un pas de côté, les collectivités locales font très souvent appel à des cabinets extérieurs. Sophie Humbert, directrice de l’agence bordelaise O Tempora, qui gère la communication de politiques publiques territoriales, répertorie deux principaux cas de figure : « soit la collectivité adopte une démarche globale de décloisonnement, soit la transversalité arrive par un projet (urbanisme, développement économique, agenda 21) qui conduit à du travail en équipe. Beaucoup de jeunes maires ont envie de casser les silos. C’est une vraie remise en cause de leur pouvoir politique, car la transversalité implique de renoncer à son pré carré et d’être transparent ».

Diagnostic partagé

Pour Stéphane Vincent, délégué général de la 27e Région, un think tank spécialisé dans les politiques territoriales, cette tendance est une nécessité. « On ne résoudra pas les problèmes actuels de l’action publique avec des méthodes anciennes. Il faut utiliser des méthodes qui s’intéressent plus aux bénéficiaires qu’aux institutions. Sinon, il ne faut pas s’étonner que certaines politiques publiques continuent à être mises en échec. Je peux évoquer ce département dans lequel les deux tiers des habitants éligibles au RSA ne savent pas qu’ils y ont droit… et c’est la même chose pour beaucoup d’autres droits », dit-il.

Pour initier de nouvelles façons de faire, la 27e Région a inventé une série d’outils plus impliquants comme les Territoires en résidence, pour faire un diagnostic partagé avec différents types d’experts. Ou bien encore la Transfo. Avec ce système, une équipe de vingt volontaires issus de différents services, travaillent pendant plus d’un mois au sein d’un laboratoire installé au cœur de l’institution : il s’agit de plancher sur des sujets précis pour voir comment faire autrement. Huit métropoles et des conseils régionaux, dont l’Occitanie, ont déjà adopté la méthode.

« C’est aussi la loi Notre avec la fusion de nos deux anciennes régions, qui nous invite à plus de transversalité. Nous continuons de fusionner deux régions qui avaient des pratiques différentes. Nous allons en profiter pour repartir des besoins de terrain, en travaillant les politiques publiques avec les citoyens et les collectifs. On a une chance unique d’adapter les politiques régionales aux innovations sociales et écologiques », se réjouit Marie Meunier Polge, conseillère régionale déléguée à l’ESS de l’Occitanie.

Innovation sociale et décloisonnement

Certains exécutifs en ont fait un véritable objectif. « L’innovation sociale et le décloisonnement sont une des orientations majeures de la mandature. Nous travaillons à l’inverse de ce qui se faisait auparavant, lorsque les conseils généraux construisaient des règlements et définissaient des financements et que seulement ensuite les acteurs et les habitants venaient les solliciter. Aujourd’hui, nous construisons pas à pas des politiques publiques après un diagnostic partagé avec les acteurs de terrain. Nous améliorons ainsi nos compétences particulières, au travers de groupes de parole avec les bénéficiaires du RSA, de réunions avec les usagers des MDPH, avec les assistants familiaux, avec les précaires, pour la création d’un revenu universel de base. Tous ces projets sont repris dans des pactes territoriaux, construits par les habitants avec l’aide des agents. Cette démarche prend du temps au départ, mais ensuite cela permet d’aller plus vite avec une appropriation partagée », explique Jean-Luc Gleyze, président du conseil départemental de la Gironde.

Pour aider à mettre en place la transversalité et la participation, le département a aussi inventé la Base, un laboratoire institutionnel (lire encadré) et des labos mobiles, qui se donnent pour projet de travailler sur un territoire un objectif 0 ou 100 % (0 % déchet ou 100 % énergies renouvelables).

Pour certains élus, c’est le moment ou jamais ! « Il faut changer le système pyramidal, assène Éric Correia, président de l’agglo Grand Guéret (Creuse). C’est plus facile dans une agglo de prendre des initiatives au-delà de nos prérogatives ; on peut emmener d’autres collectivités derrière nous sur des missions qui ne sont pas strictement les nôtres. Par exemple, nous n’avons pas la compétence scolaire, mais nous avons fait une étude pour encourager les circuits courts dans les cantines scolaires et nous soutenons les communes pour qu’elles s’y mettent. Nous avons aussi créé la Scic Innovillage, qui associe des établissements publics, des entreprises et des usagers, pour innover sur le maintien à domicile des personnes âgées. Nous avons aussi mis des agents territoriaux au service de la Quincaillerie, un espace de co-working pour les entrepreneurs locaux. »

« Nous avons mis en place les indicateurs pour vérifier que la situation s’améliore » – Julie Chabaud, responsable de mission agenda 21 pour le CD 33

« Le comité départemental de Gironde, le SGAR Nouvelle Aquitaine, Bordeaux Métropole et la Dreal, viennent de créer La Base, un laboratoire d’innovation territoriale. Il est hébergé et appuyé par le Lab M21 du conseil départemental de la Gironde (CD 33), un espace de coconstruction sociale, écologique et économique mis en place il y a dix ans pour construire l’agenda 21 du département, en se demandant notamment : comment une institution s’améliore en interne, comment on agit en interaction avec les habitants sur le territoire ? Par exemple, en 2013, nous avons mis en place les indicateurs territoriaux du développement durable, pour vérifier que la situation des territoires s’améliore avec nos politiques publiques. Toutes ces informations sont disponibles en open data sur notre site. Le Lab M21 est aujourd’hui un tiers lieu, qui accueille la Base. Ses objectifs associés sont la diffusion de la culture de l’innovation auprès des agents publics, la simplification des documents administratifs et l’association des citoyens à ces processus. »

Incubateur de projets sociaux

Certaines thématiques, le développement durable, l’économie solidaire, se prêtent particulièrement bien à ces nouveaux modes d’action. Conseiller municipal délégué à l’ESS de la ville de Sceaux (Hauts-de-Seine), Othmane Kaoua se présente lui-même comme un élu transversal ! « Avec la crise financière de 2008, les collectivités locales doivent mieux évaluer leurs priorités.

Par ailleurs, notre municipalité considère que les experts en politiques publiques ne sont pas seulement à la mairie, mais aussi dans les associations et les collectifs citoyens. C’est pourquoi, il a été décidé d’expérimenter de nouvelles idées, par la coconstruction », souligne l’élu. Othmane Kaoua a ainsi lancé la démarche Sceaux Valley, une charte de partenariat avec des acteurs locaux, pour faire émerger de nouveaux besoins.

« À l’origine, nous avons démarré ces expérimentations de manière périphérique, sans trop solliciter les services, concède Othmane Kaoua. Avec nos premières réussites, comme Sceaux Smart, un incubateur de projets sociaux, ce sont les services qui sont demandeurs. Par exemple, pour le logement étudiant, ils se sont rapprochés du Pari solidaire, un de nos partenaires sur la thématique intergénérationnelle. Nous sommes devenus des facilitateurs. »

Certaines villes passent déjà pour des laboratoires du décloisonnement depuis plusieurs années. Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais) est une ville marquée par la fermeture des mines de charbon et l’arrêt de nombreuses industries (lire encadré). En 2001, le nouveau maire a lancé sa ville sur une trajectoire de développement durable et de résilience.

« Nous sommes une commune pauvre. Ce qu’on peut proposer c’est du temps et de l’ingénierie en mode projet. Nous nous sommes mis dans une position d’animateurs. Dès cette époque, la ville a travaillé avec des cabinets comme Atemis pour mettre en place de l’intelligence collective avec les habitants. Tous les services et tous les élus sont concernés par la transition écologique. Nous avons mis en place des espaces de dialogue et d’action où les uns et les autres se rencontrent : le dispositif fifty-fifty, un espace de travail à parité entre la ville et les habitants, des groupes de pairs sans hiérarchie pour les agents, des espaces de coopération entre la collectivité, les entreprises et les habitants », précise Julian Perdrigeat, directeur de cabinet du maire de Loos-en-Gohelle.

Aujourd’hui, Loos-en-Gohelle veut transposer ses nouveaux modes d’action publique à l’échelon supérieur d’Artois métropole, tout en ne perdant pas la proximité vécue dans ces espaces publics partagés.

« Le décloisonnement est un énorme choc dans les façons de faire » – Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle

« Embarquer les 150 agents et les élus dans l’aventure de la transversalité n’est pas toujours évident. À Loos-en-Gohelle, il y avait déjà une tradition de l’économie sociale et de l’éducation populaire avant mon arrivée en tant que maire. Les agents étaient déjà autonomes et responsables. Mais la mise en place de la transversalité et d’un nouveau projet de territoire nous a imposé d’éviter deux écueils. Le premier est le changement de culture de l’administration : la participation des habitants vient changer les priorités des agents, notamment dans les services techniques. C’est un énorme choc dans les façons de faire et il a fallu adapter l’organigramme. Le deuxième écueil est d’éviter le surinvestissement des plus motivés, qui nous a valu quelques burn-out. En plus de leurs tâches quotidiennes, ils s’étaient lancés dans l’innovation que nous voulions mettre en place. C’est pour eux que nous avons créé des groupes d’écoute entre pairs. »

Acculturer les services

Mais si la tendance est bien à l’empowerment des citoyens, Stéphane Vincent, de la 27e Région reconnaît que la transversalité ça ne marche pas pour tout et que la verticalité des décisions continue à être pertinente dans de nombreux services. Pour la grande majorité des territoires, cette nouvelle approche se fera comme à Pantin (Seine-Saint-Denis), au travers d’un projet unique.

« Nous avons eu affaire à Ouishare, une ONG, qui souhaitait organiser son festival international de l’économie collaborative. Eux-mêmes travaillent sans hiérarchie en mode projet. Nous n’avions pas les mêmes temporalités ! Cette expérience nous a permis d’acculturer les services à d’autres façons de travailler », explique Philippe Lebeau, élu municipal à l’énergie et aux transports.

« Nous avons accompagné cette ONG en mettant nos compétences à leur disposition. En contrepartie, le festival était gratuit pour les Pantinois et les porteurs de projet ont fait de la sensibilisation dans les collèges et lycées. »

Hélène Vuaroqueaux de Ouishare abonde : « la programmation du festival ne s’est finalisée qu’en juin, alors qu’il commençait en juillet. Les discussions se sont déroulées de manière incrémentale, avec des propositions et des validations successives du côté de la mairie. Il a fallu faire un bout de chemin l’un vers l’autre : par exemple, la ville travaille sur des documents écrits, alors que notre logique est de ne rien imprimer ! Il faut accepter que la transformation des façons d’agir prenne du temps ». Cela arrive peut-être plus vite que prévu, car plusieurs métropoles (Bordeaux, Lyon, Barcelone et Montréal) étaient présentes à Ouishare

Douze labos territoriaux subventionnés

Au travers du Secrétariat général à la modernisation de l’action publique (SGMAP) (1), les pouvoirs publics encouragent les expérimentations de décloisonnement dans les collectivités locales. C’est en particulier l’objet de l’appel à projets « Laboratoire d’innovations territoriales » qui a primé douze initiatives en fin d’année dernière, dans le cadre du programme Investissements d’avenir, dont La Base en Gironde. Ces projets doivent être mis en œuvre d’ici à dix-huit mois.

Notes

Note 01 communication.sgmap@modernisation.gouv.fr Retour au texte

Réagir à cet article

Nos offres d'emploi

Plus de 1000 offres d'emploi !

TOUTES LES OFFRES D'EMPLOI
marche online

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Commentaires

Le social en mode projet

Votre e-mail ne sera pas publié

Club Santé Social

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement