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PARENTALITÉ
Une formation pour accroître ses compétences parentales
Nathalie Levray | A la Une santé social | Dossier Santé Social | Publié le 25/05/2017

Dire, analyser, théoriser. À partir de situations vécues, l’association Projet centre social du Faubourg de Béthune, à Lille (Nord), propose aux parents une formation pour accroître leur confiance et leurs compétences parentales.

À l’association Projet centre social du faubourg de Béthune, à Lille, l’investissement social n’est pas formalisé en tant que tel dans le projet d’établissement 2015-2018. Pourtant, il se fait au quotidien en vertu d’un de ses « axes d’intervention prioritaire » : « soutenir et accompagner de façon transversale la fonction parentale ».

Avec les dix actions qu’elle propose dans son secteur adulte-famille, l’association tisse une toile pour « donner de la réassurance aux parents ». L’idée est qu’en développant l’implication des familles et en augmentant leur capital confiance, la réussite des enfants et des jeunes sera favorisée.

Formation de parents

L’action « formation de parents » a pris corps en 2008, raconte Wahida Duchesne, responsable secteur adulte-famille et chargée de parentalité (1) [1], quand il est apparu plus prometteur d’investir dans l’accueil de la parole et la construction d’une réponse éducative avec les parents que dans la formulation administrative d’une information signalante.

Avec Axelle Donckèle, psychologue clinicienne à l’Institut de recherches animations et accompagnements psychopédagogiques (IRAAPP) de Lille, le centre social forme les parents à la communication et au dialogue dans toutes les sphères de la vie, le couple, les relations aux enfants, l’éducation, l’autorité éducative, la gestion de ses émotions et l’écoute de celles de l’enfant, les conflits, la transmission des croyances, etc.

Une formation en trois temps

Les parents volontaires sont accueillis par groupe de huit à dix, « fermé pour des échanges en confiance », sur huit demi-journées par an, espacées de huit à quinze jours pour « permettre aux apprentissages de décanter et aux outils d’être testés », explique Wahida Duchesne. La formation est organisée en trois temps.

Les participants racontent un événement qu’ils ont vécu. Ce temps du « dire » est suivi d’un temps d’analyse : « montrer et démontrer » ce que la situation exprime sur un sentiment, un comportement, une émotion. Ensemble, les participants posent des mots, cherchent et interprètent, puis tentent d’apporter des réponses concrètes. Le troisième temps « Théoriser, transférer » est consacré à l’apport de connaissances théoriques en psychologie en lien avec les deux premiers.

Attestation de qualification

D’une année sur l’autre et à la demande des premiers participants, les parents peuvent intégrer des modules complémentaires – il y a quatre niveaux – et monter en puissance sur leurs compétences, par exemple « pour suivre un enfant qui grandit ou la société qui évolue ».

À l’issue de chaque session, les acquis des parents sont validés par une attestation de qualification. « Outre les pratiques éducatives, les parents, et nous aussi les professionnels, acquérons la distance nécessaire pour mieux accompagner les enfants ».

[2]Wahida Duchesne, responsable secteur adulte-famille et chargée de parentalité de l’association Projet centre social du faubourg de Béthune à Lille

« Un parent est aussi un habitant et un citoyen »

« Chaque mardi, le centre social organise avec des professionnels et des parents un atelier sur des thématiques éducative et sociétale, les relations parents-école-société ou l’éducation garçon-fille, par exemple. Le premier éducateur de l’enfant est son parent mais interviennent aussi les adultes de l’école, du centre social, etc. L’îlot Concorde, qui est le cœur de cible de nos actions, compte quarante-deux nationalités. L’éducation peut ainsi porter des savoir-faire et des savoirs être différents. Nous travaillons donc sur le potentiel et le pouvoir d’agir des parents, en prenant soin de rendre sensible le fait que ces parents sont aussi des habitants du quartier et des citoyens. Si les règles républicaines s’appliquent, il est aussi possible de garder ses valeurs, liées à son origine, et de les tisser avec les valeurs françaises. C’est nécessaire pour que les enfants sachent qu’ils sont les enfants de la République. »

CHIFFRES CLES

  • Le quartier du Faubourg de Béthune, classé quartier prioritaire pour la politique de la ville, couvre une superficie de 105 hectares pour 7 800 habitants.
  • Plus de 70 partenaires institutionnels et associatifs sont actifs sur le quartier.
  • L’association Projet, agréée centre social par la caisse d’allocations familiales de Lille, compte 3 000 adhérents et accueille chaque année une centaine de parents sur ses actions dédiées.