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DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE
CCI France et AMF : même combat pour sauver les investissements
Hélène Girard | France | Publié le 09/09/2015

François Baroin, président de l’Association des maires de France (AMF) et André Marcon, président de CCI France, l’établissement fédérateur national des CCI, ont signé le 8 septembre 2015 une convention de partenariat entre leurs deux entités. L’occasion de lancer un cri d’alarme commun contre les menaces qui pèsent sur le développement économique des territoires.

François Baroin, président de l’Association des maires de France (AMF) et André Marcon, président de CCI France [1]François Baroin et André Marcon dressent un tableau très sombre en matière de développement économique, avec des perspectives plombées par la combinaison de deux facteurs :

Investissements réduits à néant

Selon André Marcon, les capacités d’investissements des CCI devraient même être réduites à néant en 2016, contre 247 millions d’euros en 2015 et entre 5 et 600 millions précédemment. En conséquence, «nous devons être plus économes, plus efficaces et engager plus de collaborations», conclut le président de CCI France.

De son côté, François Baroin estime que la baisse des commandes publiques devrait atteindre – 27 à – 30% d’ici à 2017, soit 0,6 à 0,7 point de croissance. Selon le président de l’AMF, « les collectivités contribuent peu au déficit, alors que le bloc communal supporte plus de 58% des réductions budgétaires. 2000 à 2500 communes sont déjà potentiellement sous tutelle, et si rien n’est fait, une sur deux pourrait l’être en 2017. L’horizon est très sombre, d’où notre mobilisation.» L’AMF a lancé un appel pour une journée de mobilisation nationale [3] le 19 septembre, avec une pétition [4] en ligne.

Politique de proximité

La mise en œuvre de la loi NOTRe [5](1) [6] et le redécoupage de la carte des régions contribuent aussi à créer ce « contexte particulier », qui conduit les CCI « à se réinventer pour aider les entreprises et les territoires ». Dans les territoires, «la politique de proximité devra être d’autant plus pertinente, affirme André Marcon, qui place les collectivités au «premier rang» des partenaires constituant « l’écosystème » des CCI.

« Les régions vont avoir un tropisme vers leurs métropoles, mais le monde rural représente 20 millions d’habitants. Il y a là un équilibre à préserver, qui est aussi un enjeu pour les CCI », souligne François Baroin.

CCI France fait donc cause commune avec l’AMF à travers une convention de partenariat  [7]signée le 8 septembre. Les deux signataires vont conjuguer leurs ressources « au quotidien » en faveur du développement des entreprises et des territoires : mise en commun d’informations, actions concertées, etc. « Il faut de la visibilité pour les investisseurs », insiste François Baroin, qui imagine des communes s’associant à une CCI et quelques EPCI pour négocier avec une région.

CCI et bloc communal : les chantiers de la collaboration

La convention [7]  de cinq pages signée ce mardi 8 septembre 2015 entre l’Association des maires de France et CCI France porte sur trois chantiers :

  • le renforcement des connaissances réciproques sur les territoires (mise à disposition des observatoires des CCI, réalisation de fiches techniques communes…)
  • le développement d’une communication croisée sur des enjeux communs (conception d’un socle commun de prestations par les CCI qui sera diffusé en direction des maires, communication commune sur des prises de position partagées, intervention de représentants de CCI France au Congrès des maires…)
  • le renforcement de la collaboration locale entre maires et CCI (implication des maires dans les dispositifs de sécurisation des commerces de proximité et dans les démarches aux cessions, transmissions et reprises d’entreprises…)

Les deux organisations ont retenu quatre domaines principaux où leur collaboration s’impose :

  • La sauvegarde des commerces de centre-ville ;
  • La fiscalité locale (à travers des propositions communes) ;
  • L’urbanisme commercial ;
  • La formation, notamment à travers les établissements d’enseignement supérieur consulaires.

REFERENCES


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