logo
Adresse de l'article https://www.lagazettedescommunes.com/379186/quelles-solutions-pour-lutter-contre-des-villes-de-plus-en-plus-chaudes/

CLIMAT
Quelles solutions pour lutter contre des villes de plus en plus chaudes ?
Aude Raux | Actualité Club Techni.Cités | France | Publié le 16/07/2015 | Mis à jour le 23/07/2015

En pleine canicule, Météo-France et l'Agence Parisienne du Climat ont organisé un atelier sur le thème « Ville et changement climatique ». Principale conclusion de cet atelier : si rien n’est fait, aujourd’hui, pour lutter contre le dérèglement climatique, les villes vont devenir des fours.

canicule20033-une [1]

A cinq mois de la COP21, Météo-France a apporté un éclairage scientifique sur les impacts du changement climatique dans les villes denses, comme Paris. Et ce, à l’occasion de la publication, le 2 juillet, de la nouvelle brochure co-signée avec l’Agence Parisienne du Climat : “Le changement climatique à Paris” [2].

Des canicules de plus en plus intenses et longues

Les prévisions de Julien Desplat, climatologue à Météo-France, sont alarmantes : “Si on n’agit pas dès maintenant contre le dérèglement climatique, la France va connaître des canicules plus intenses et plus longues que celle de 2003”. En témoignent les phénomènes extrêmes à l’horizon 2100 pour la capitale. On observerait une augmentation du nombre de jours très chauds : de l’ordre de 10 à 45 jours par an, contre 10 en moyenne aujourd’hui. Soit, une température maximale supérieure à 30° C.

De même, les jours extrêmement chauds (température maximale supérieure à 35° C) seraient plus fréquents : de 1 à 12 jours par an, contre 1 en moyenne actuellement. Concernant la canicule, cette période de chaleur se traduit par trois journées successives de températures élevées. Et, ce, jour et nuit, car, comme l’explique le climatologue, “quand il fait chaud la nuit, on récupère moins”.
A Paris, les seuils ont été fixés à 31° C le jour et 21° C la nuit. D’ici à la fin de ce siècle, le nombre de jours de vigilance orange pour canicule passerait d’1 à 10 par an en moyenne à 26 jours en zone urbaine parisienne. A noter qu’avec son tissu urbain très dense, la capitale génère un microclimat. En cas de canicule, ce phénomène d’îlot de chaleur urbain entraîne des différences de températures nocturnes avec les zones rurales voisines pouvant atteindre 10° C.

Eviter la climatisation

Face à l’urgence climatique, Valéry Masson, responsable de l’équipe Climat urbain à Météo-France, a présenté les travaux du centre de recherche sur l’adaptation des villes, et les actions identifiées. D’emblée, le chercheur déconseille le recours à la climatisation en raison de son coût énergétique et parce qu’il entraîne des rejets de chaleur à l’extérieur des bâtiments. Le parc actuel parisien provoque ainsi une augmentation locale de la température nocturne dans les rues allant jusqu’à 1° C.

Parmi les pistes avancées :

Modifier nos comportements

Autre intervenant, lors de cette matinée : Anne Ged, directrice de l’Agence Parisienne du Climat, venue parler, notamment, d’atténuation. Comment ? Par exemple avec le Défi Familles à Energie Positive [5], ce concours qui vise à réduire les consommations d’énergie des particuliers et ainsi leurs factures. A l’échelle de la ville, selon Anne Ged, le Plan Climat de Paris [6] permettrait une économie de près de 500 millions d’euros par an. Et de conclure : « Nous avons tous, chacun à notre échelle, à revoir notre façon d’être, d’agir, de consommer pour des comportements plus sobres et efficaces ».

POUR ALLER PLUS LOIN