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HÔPITAL
Les achats publics hospitaliers font leur union européenne
Olivier Bonnin | Dossier Santé Social | Publié le 22/05/2013

Pour les hébergements de personnes âgées, comme pour les établissements de santé, les coopérations se multiplient à travers l’Europe.

« Penser global, agir local » ? Au réseau des acheteurs hospitaliers d’Ile-de-France (resah-IDF), le directeur Dominique Legouge préfère ajuster la maxime du développement durable : « Penser européen, agir régional »… Sur ce principe le groupement d’intérêt public (GIP) qu’il dirige a lancé, en octobre 2012 une union entre onze partenaires de sept pays européens, afin de « repérer et acheter des solutions innovantes et durables en faveur du bien-vieillir ». Le projet, baptisé Happi (healthy ageing public procurement of innovations), regroupe notamment l’Ecole des hautes études en santé publique (Ehesp) et six centrales d’achats, du Royaume-Uni, d’Italie ou d’Autriche. Avec un financement de la Commission européenne de 2 millions d’euros, ce projet coordonné par le resah-IDF a déjà pu lancer son site internet [1]. Et dès septembre les fournisseurs devraient pouvoir y enregistrer, et faire connaître, leurs innovations. Leurs propositions pourront alors être évaluées par le consortium. Et un appel d’offres conjoint transfrontalier pourra ensuite être envisagé pour 2014.

Le resah-IDF s’est engagé dans d’autres projets européens pour améliorer les achats des produits de santé. Le GIP organise ainsi les toutes « premières rencontres européennes de l’achat public d’innovation en santé [2] », le 30 mai 2013 à Paris, à l’occasion des Salons de la santé et de l’autonomie : il espère ainsi « créer pour la première fois à l’échelle européenne un dialogue entre acheteurs publics de la santé, industriels et représentants des pouvoirs publics ».

Comparer

Des coopérations informelles ont aussi été nouées avec ses homologues de Belgique, d’Italie, ou du Royaume-Uni. « Nous pouvons ainsi comparer les offres des fournisseurs selon les pays, connaître leurs différents prix et leurs produits », relate la chef de projet Carole Gandon. « Cela permet à chacun de mieux calibrer ses cahiers des charges, de mieux négocier, mais aussi de repérer de nouveaux fournisseurs… »

Enfin une association de centrales d’achats européennes a été constituée, officiellement cette fois, en 2012 : EHPPA [3] (European health public procurement alliance). Elle rassemble actuellement six membres, de l’Union européenne, mais aussi de Suisse… L’objectif, là encore, est de « donner un avantage compétitif » à ses membres à travers « la coopération et l’échange d’information », mais aussi de professionnaliser les achats hospitaliers à travers l’Europe. Mais toutes ces unions européennes devraient aussi permettre d’attirer des produits de choix sur le continent. « Les Etats-Unis disposent de réseaux d’achat nationaux », rappelle Dominique Legouge ; « il faut permettre aux fournisseurs de viser, de la même manière, toute l’Europe. »