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Patrimoine

Nantes comble peu à peu son retard archéologique

Publié le 19/06/2015 • Par David Picot • dans : Dossiers d'actualité, Régions

Dans le cadre des journées nationales de l’archéologie, organisées du 19 au 21 juin par l’Institut national de recherches archéologiques préventives, et dont «La Gazette» est partenaire, le couvent des Cordeliers propose des animations au public. L’occasion de mettre en valeur le service archéologique municipal.

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A Nantes, la direction du patrimoine et de l’archéologie (DPARC) vit de belles découvertes scientifiques mais aussi des polémiques régulières. Il faut dire que ce service est né dans des sables mouvants. Nous sommes le 18 janvier 2008, deux mois avant les élections municipales. Onze experts, archéologues, conservateurs, historiens, géographes et architectes du patrimoine, en colère après l’ensevelissement des ruines gallo-romaines sur le site de l’îlot Lambert au cœur de Nantes, signent une lettre ouverte dans les journaux locaux.

«Il n’y a pas d’archéologie à Nantes» (1), lancent-ils, dénonçant la «désinvolture affichée de longue date par la municipalité face à la réglementation archéologique». Ils demandaient aussi la mise en place d’un service municipal dédié. Dès le lendemain, la mairie annonçait la création de la DPARC et de sa mission «archéologie»!

Densification du territoire

Sept ans plus tard, cette direction est pilotée par Marie-Hélène Jouzeau, nommée dès 2008, après dix-huit ans passés au château des ducs de Bretagne en tant que conservatrice du patrimoine. «Les polémiques révélaient des tensions autour du patrimoine nantais, liées à la densification du territoire et à l’exigence de construire davantage. Avec la création de la DPARC, l’objectif était de bénéficier d’un service expert susceptible de veiller au respect des procédures mais aussi de changer l’image de l’archéologie à Nantes, vécue comme une contrainte qui bloque les chantiers», se souvient la directrice. Avec le recul, elle estime «avoir posé les fondamentaux de cette politique».

Depuis 2010, la ville s’est dotée d’un service agréé par l’Etat pour la réalisation d’opérations archéologiques. Il s’agit d’un agrément au cas par cas, sans la compétence générale sur l’ensemble des diagnostics, qui lui permettrait de toucher, à l’échelle de son territoire, la totalité du produit de la redevance d’archéologie préventive (RAP), qui sert à financer les diagnostics.

Explosion

Depuis l’obtention de l’agrément, l’équipe de quatre archéologues a conduit 35 opérations sur les 56 prescrites par la direction régionale des affaires culturelles (Drac). Les autres ont été effectuées par l’Institut national de recherches archéologiques pré- ventives (Inrap) ou par un organisme privé. «Ce nombre de 56 sur la période 2010-2014 marque une énorme progression», se réjouit Marie-Hélène Jouzeau. Et pour cause, il a bondi de 125% comparé à 2005-2009 et de… 1300% par rapport à 2000-2004! Sur cette dernière période, seules 4 fouilles avaient été prescrites par la Drac, dans une ville alors en pleine mutation.

Pour 2012-2014, Nantes a touché 25000 euros au titre de la RAP. «Cette somme ne correspond qu’à environ la moitié de ce que nous aurions dû percevoir», se désole Frédéric Mercier, l’un des quatre archéologues. En effet, partout, l’Etat peine à faire rentrer la RAP. L’explosion subite du nombre de fouilles pose évidemment question. Certains parlent d’une « entente » entre les acteurs de l’époque afin, notamment, que la ville accepte de se lancer au début des années 90 dans la rénovation de son château sans subir de retards dus à des fouilles. Quelques-unes seront tout de même réalisées durant les quinze ans de travaux entre 1993 et 2007. La directrice de la DPARC évoque surtout «l’extension du zonage archéologique en 2009» et «le fait que la Drac prescrivait peu sur Nantes, faute d’opérateurs disponibles.»

Truelles versus bulldozers

L’un des objectifs de la DPARC était de doter la ville d’un plan d’archéologie programmée. «Nous y travaillons, poursuit la directrice. L’enjeu est d’anticiper, de ne plus agir au coup par coup et de bénéficier d’une vision prospective des opérations.» Ce document est attendu depuis des années. «Les choses évoluent dans le bon sens, note Martial Monteil, maître de conférences en archéologie antique à l’université de Nantes. La ville avait pris un tel retard!» Président de la Société archéologique et historique de Nantes et de LoireAtlantique, Jean-François Caraës, admet que « des progrès ont été accomplis, toutefois, un manque de lisibilité persiste en matière de politique archéologique et d’affirmation du projet patrimonial». Ce dernier, selon lui, ne se limite pas à Anne de Bretagne, au commerce triangulaire, aux bombardements de 1943 ou aux chantiers navals.

«Pour que cette direction puisse s’affirmer face à d’autres services, comme l’urbanisme, il convient de lui en donner les moyens.» Frédéric Mercier reconnaît volontiers cette éternelle opposition entre les truelles et les bulldozers. Mais il positive: « Aujourd’hui, l’Etat fait bien respecter les procédures réglementaires. L’urbanisation peut ainsi être vue comme une opportunité de comprendre comment le territoire s’est développé. Il n’empêche, nous sommes petits face au service de l’urbanisme. Désormais, nous avons des réunions régulières au cours desquelles nous étudions les dossiers d’urbanisme. Ce qui est sûr, c’est que la ville ne veut plus de scandales archéologiques.» A l’image de l’îlot Lambert ou de la chapelle de l’Immaculée en 2011, lors de travaux lancés en soussol, sans fouilles préalables.

Changement d’échelle

Le basculement de l’archéologie de la ville vers la métropole à partir du 1er juillet contribuera-t-il à équilibrer le rapport de forces entre DPARC et service de l’urbanisme? Sachant que d’ici à 2030, l’agglomération nantaise (24 communes, 602300 hab.) devrait accueillir plus de 100000 personnes, pour lesquelles il faudra construire. «Toujours est-il que la ville compte sur cette transition pour travailler les aspects “valorisation” et la communication vers le grand public, à travers deux sites dédiés à l’archéologie », enchaîne Marie-Hélène Jouzeau. Le premier est le centre d’interprétation et d’animation du patrimoine, qui va voir le jour début 2016, à Rezé (lire l’encadré p.38). Le second, celui du couvent des Cordeliers. La ville vient de l’acquérir et rêve d’y installer un musée à l’horizon 2020-2021.

Dans le cadre des journées nationales de l’archéologie, du 19 au 21 juin, organisées par l’Inrap, ce lieu propose d’ailleurs des animations au public. Ce changement d’échelle pourrait être l’occasion pour Nantes de renforcer son partenariat avec l’Inrap. Il existe grâce à une convention technique et scientifique signée en 2012. «Cela passera par plus de collaboration sur des opérations communes», décrit Frédéric Mercier qui s’apprête à fouiller les sous-sols non plus d’une mais de 24 villes! Une opportunité de montrer qu’à Nantes l’archéologie n’est plus «vécue comme une contrainte». David Picot (*) « Ouest-France», 18 janvier 2008.

Le Ciap élargi à la métropole

A l’origine, en 2010, le centre d’interprétation et d’animation du patrimoine (Ciap) était un projet initié par et pour Rezé (39400 hab.). Son objectif était de raconter l’histoire de cette ville située en périphérie sud de Nantes, à travers son patrimoine, archéologique notamment. A partir du 1er juillet, cet équipement, devant ouvrir en 2016, sera transféré à la métropole. Et donc élargi à celle-ci. Il sera situé sur le site archéologique rezéen de Saint-Lupien qui fait l’objet de campagnes de fouilles programmées. La dernière, toujours en cours, fut lancée en 2004, année de la création d’un service archéologique dans cette ville. A terme, le Ciap devrait aussi constituer une étape du Voyage à Nantes, le parcours culturel et touristique organisé tous les étés, depuis 2011.

Régions

Notes

Note 01 « Ouest-France», 18 janvier 2008 Retour au texte

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