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Modernisation de l'action publique

Design de service public en bibliothèque : “l’ingénierie de demain”

Publié le 22/05/2015 • Par Sabine Blanc • dans : Régions

Superpublic, un espace parisien dédié à l’innovation dans les politiques publiques, est revenu sur des expériences de design de service public menées avec les étudiants de l’In situ lab de Strasbourg. La bibliothèque départementale du Bas-Rhin fait évoluer son action en intégrant ces nouvelles approches.

La démarche adoptée par la bibliothèque départementale du Bas-Rhin (BDBR) tranche avec le cliché persistant de “bib” poussiéreuses : pendant plusieurs semaines, elle a travaillé avec 24 étudiants du DSAA design In situ lab de l’académie de Strasbourg pour réinterroger l’offre de six établissements de communes rurales et la sienne. Le résultat, jugé fructueux, a été présenté ce jeudi 21 mai à Superpublic, espace parisien dédié à l’innovation publique.

Baptisée Lectures locales, l’opération applique la notion de design de service public. Rien à voir avec le dessin au sens physique du terme, d’une cafetière ou d’une auto, le terme est là synonyme de co-construction du service public, en tournant le dos à la posture descendante habituelle. Les jeunes élèves sont donc partis en résidence, dans les villages, conformément à l’intitulé de leur formation, “in situ”. A l’opposé de la figure de l’expert omniscient, imposant sa vision, ils sont allés interroger les usagers sur leurs attentes, en prenant en compte le contexte local : contraintes budgétaires, équipements environnants, etc.

Du point de vue de l’usager

Les outils utilisés sont modestes. Leur principale exigence semble de prendre le temps de l’écoute. A Gambsheim, un vélo de La Poste a été aménagé pour aller à la rencontre des habitants afin de recueillir leurs doléances. Les maternels ont aussi participé à un atelier signalétique, car la bibliothèque est méconnue. Et pour aider la responsable du lieu dans son cruel travail de “désherbage” – se débarrasser d’ouvrages, dans le jargon professionnel -, une brocante a été organisée, et ce au bout de 15 jours grâce à la réactivité de la mairie.

Ce travail de terrain a remonté à bloc l’établissement. “Il faut comprendre que Gambsheim a longtemps été la plus jeune des bibliothèques, une tête de pont, toujours en train de fermenter, elle s’est rétractés après la création de nouvelles médiathèques, analyse Anne-Marie Bock, directrice de la bibliothèque départemental du Bas-Rhin. Le changement vient parfois de l’extérieur, le maire nous a expliqué que sa bibliothèque vivait un peu mieux sa situation, alors qu’ils ont dû repousser le projet d’investissement pour faire du périscolaire. L’opération a redonné confiance aux capacités de la bibliothèque à assurer une phase de transition, même si l’outil est obsolète.

Médiateurs

A Ottrott, la situation est carrément tendue : la future médiathèque a été imposée sans l’avis des habitants, et ses dispositions suscitent l’incompréhension. Incompréhension aussi au début sur le rôle des étudiants, fraîchement accueillis par les villageois qui s’imaginent qu’ils sont mandatés par la mairie. Les étudiants endossent un costume de médiateur, chargés de réfléchir avec les habitants à la façon d’intégrer un équipement non désiré. L’espace public sert alors de point de passage, avec par exemple des dispositifs de lecture audio bricolés sur des bancs. Le temps d’un échange avec les petits, les cadres sont cassés : “Les enfants ça ose tout ! Et c’est d’ailleurs pour ça qu’on les envie ! Munis de nos craies, nous sommes allés leur demander où est ce qu’ils aimeraient lire dans leur rêves les plus fous. On dépoussière le Rocking-chair, on lui colle deux réacteurs, une demi-douzaine de roulettes, et c’est parti pour le monde de tous les possibles !”

Les tensions passées, “le projet qui tenait à un fil est reparti sur des bases nouvelles, se réjouit Anne-Marie Bock. Un salarié va être recruté. Le maire voulait juste un équipement mais ne s’était pas interrogé sur ce qu’est une bibliothèque aujourd’hui, il voyait juste des mètres carrés.”

Les dispositifs remettent aussi en question, en douceur, la posture du bibliothécaire. Ainsi à Eckbolsheim, les étudiants ont imaginé un “révèle-émotion”, petit dispositif de papier encourageant l’échange des impressions sur une oeuvre. “C’est rien mais jusqu’il y a peu, le bibliothécaire était prescripteur, rappelle Anne-Marie Bock, dire ‘parlez-nous, vous les usagers, de la façon dont vous ressentez’, c’est autre chose.”

Dans cette commune périurbaine de l’Eurométropole de Strasbourg, à quelques kilomètres d’équipements très structurants comme la médiathèque André-Malraux et ses 20 000 m2 à Strasbourg, il s’agit de “s’interroger sur la façon de faire proximité dans ce maillage du territoire”, poursuit-elle.

Commande publique innovante

Ces petits riens disséminés ont amené la BDBR elle-même à repenser son action, dans un contexte particulier : attentats de janvier qui ont laissé les bibliothécaires, agents par excellence de la transmission de la culture, sous le choc ; réforme territoriale qui maintient, pour le moment, les départements dans leur mission de solidarité sociale et territoriale ; et baisse des dotations locales. “Les projets d’établissements en cours de construction intégreront le design de service dans notre mission d’ingénierie”, annonce Anne-Marie Bock. Cette nouveauté implique un travail de réflexion sur l’évolution des postes, par exemple pour en requalifier, mais aussi intégrer de nouveaux profils à la faveur des départs en retraite. “C’est l’ingénierie de demain”, indique-t-elle pour résumer son sentiment. Cette nouvelle approche doit aussi intégrer “le lâcher prise, alors qu’on est dans un métier de maîtrise forte”, et le numérique qui supprime les murs de la bibliothèque.
Aspect qui a au début étonné la professionnelle, la commande publique est un paramètre central : comment l’adapter à ces dispositifs innovants. “Si je veux déployer le système des ‘paniers lectures’ d’Eckbolsheim, comment faire ?”, s’interroge-t-elle. Une question qui taraude aussi les étudiants, coincés une fois qu’ils sont sortis de l’école pour travailler avec des collectivités : “la commande publique est souvent basée sur le chiffre d’affaires, c’est délicat quand on débute”, a souligné Nicolas Couturier, designer et enseignant. Monter en compétence sur la commande publique est donc aussi un enjeu primordial pour que ces pratiques dépassent le cap du soupoudrage.

Références

Le site de Lectures locales, avec le détail des résidences

Superpublic

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Commentaires

Design de service public en bibliothèque : “l’ingénierie de demain”

Votre e-mail ne sera pas publié

Didier SALZGEBER

23/05/2015 08h14

Bonjour,

Au sein de l’Institut de Coopération pour la Culture, nous avons explorer plusieurs thèmes pouvant alimenter cette réflexion. Deux contributions ont été consacrées aux bibliothèques :
Faire de l’action publique en faveur de la culture un levier de l’innovation sociale et politique
Agir politiquement en faveur d’une culture humaniste à partir d’un principe de réalité

Ces textes sont disponibles sur notre site www.institut-culture.eu
Au plaisir de poursuivre ces discussions

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