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Culture

Le spectacle vivant en alerte

Publié le 24/04/2015 • Par Hélène Girard • dans : France

Les mois à venir s’annoncent très sombres pour la création et la diffusion artistiques. Rares sont en effet les villes qui, contre vents et marées, préservent les crédits affectés à la culture. Dans un courrier adressé à la ministre de la Culture, le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles met l’Etat face à ses responsabilités.

Alors que s’ouvre, ce 24 avril, le Printemps de Bourges, qui marque le coup d’envoi de la saison des festivals, professionnels et artistes s’attendent au pire pour l’avenir de la création et de la diffusion dans les territoires. Le courrier adressé le 17 avril par le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac) à la ministre de la Culture Fleur Pellerin en dit long sur l’inquiétude qui règne dans les milieux du spectacle vivant. « Ce que nous redoutions est en œuvre », s’alarme la présidente du Syndeac, Madeleine Louarn. Et de pointer « les établissements mis en difficulté » et la menace qui plane sur « l’ensemble du tissu artistique et culturel des compagnies et festivals », avec lesquels ils sont en lien étroit.

En quelques mois s’est mis en marche le plus vaste plan social dans le secteur de la création depuis l’après-guerre.

De semaine en semaine, s’égrène la liste des équipements et des festivals menacés, voire torpillés par les coupes budgétaires dans les collectivités. Avec un décompte alarmant. De 143 en mars, le nombre de suppressions de festivals ou de structures est passé à 179, selon la « cartocrise » créée et mise à jour par Emeline Jersol, médiatrice culturelle au Boulon, Centre national des arts de la rue et de la piste, au Vieux-Condé (Nord).

The Dublin Legends au Festival interceltique de Lorient 2014, XIII from Tokyo CC-BY-4.0

The Dublin Legends au Festival interceltique de Lorient 2014,
XIII from Tokyo CC-BY-4.0

Des festivals reconfigurés

La crise ne se manifeste pas qu’à travers des disparitions pures et simples : les festivals, même lorsqu’ils auront bel et bien lieu, sont souvent reconfigurés. Même les plus emblématiques sont touchés. Ainsi le Festival d’Avignon (4-25 juillet) sera amputé de 2 jours, et n’investira pas la carrière de Boulbon. En cause : la baisse de 5% de la subvention municipale. Même cause et mêmes effets à Montpellier, où le Printemps des comédiens (10-18 juin) a allégé sa programmation. Montpellier Danse (24 juin-9 juillet) a réussi à sauver son édition 2015, mais les animations liées au festival (ateliers, projections…) passent à la trappe.

Dans certaines communes qui accueillaient jusqu’à présent plusieurs festivals, on opte pour leur fusion. Comme à Montauban, où Alors chante, Jazz à Montauban et Dance en places sont refondus en une seule et même manifestation Montauban en scènes (3-31 juillet). Avec, à la clef, espère la mairie, 200 000 euros d’économies.

Autre tendance, la redéfinition de la programmation, surtout dans les mairies conquises par de nouveaux élus. Avec l’argument d’une politique culturelle censée être plus en phase avec les attentes de la population. Comme à Francheville (Rhône), où le festival Fort en Jazz sera remplacé par un festival pluridisciplinaire en plein air, plus « populaire » aux yeux des élus. Seules quelques communes préservent, contre vents et marées, les crédits consacrés à leurs festivals, comme Sète, qui affiche pas moins de 9 événements différents, ou Marciac, dont le festival de jazz jouit désormais d’une notoriété mondiale.

Equipements menacés

Les équipements, supports des politiques de spectacle vivant au long court, sont, eux-aussi touchés par les réductions budgétaires. Un sort souvent partagé avec l’ensemble des services des collectivités, font valoir les élus. Après la fermeture du Forum, ex-salle conventionnée du Blanc-Mesnil, en décembre 2014, de nombreux autres équipements vivent dans une incertitude grandissante. Y compris « des centres d’art, des scènes nationales comme l’Espace Malraux, scène nationale de Chambéry et de la Savoie, ou des centres dramatiques comme le Théâtre national de Toulouse (TNT) dont l’avenir proche est menacé » détaille Madeleine Louarn dans son courrier à Fleur Pellerin.

Espace André Malraux à Chambéry (scène nationale) Pierre73 CC-BY-SA 3.0, 2.5, 2.0,1.0

Espace André Malraux à Chambéry (scène nationale)
Pierre73 CC-BY-SA 3.0, 2.5, 2.0,1.0

Responsabilité partagée

Faute de « concertation préalable entre les partenaires », estime le Syndeac, plusieurs risques pèsent sur les territoires :

  • les suppressions d’activités
  • les destructions d’emplois
  • les ruptures des missions de service public

Pour mettre l’État face à ses responsabilités, le Syndeac invoque dans son courrier la « responsabilité partagée des partenaires publics»  avec deux demandes :

  • la nomination d’un médiateur « de façon rapide et contraignante chaque fois qu’un établissement est en péril » ;
  • la création d’une « mission parlementaire républicaine » rassemblant des élus de tous bords politiques pour « évaluer la situation et garantir l’héritage comme l’avenir des outils nationaux et territoriaux de la création.

A Sète, trois arguments pour préserver les crédits de la culture

Comme les autres collectivités, Sète subit la baisse des dotations de l’État. Son budget de fonctionnement a chuté de 20%. Avec des coupes dans des missions jugées trop périphériques, comme la gestion d’un centre de loisirs en montagne pour les enfants, ou le non-remplacements de certains agents partis en retraite. Cependant, pour le sénateur-maire (UMP) François Commheines, la culture constitue « un choix politique », au moment où la crise budgétaire oblige les collectivités « à se recentrer sur leur cœur de métier ». Avec trois arguments  :
1 « La culture est un des moteurs économiques. » Cela tient à l’histoire de Sète, fait valoir le maire, qui cite Paul Valéry, Georges Brassens, Pierre Soulages, Robert Combas et d’autres encore, qui  font partie du patrimoine local et de l’attractivité de la ville. Une étude sur six festivals, commandée l’an passé par le maire, a montré qu’un euro investi produit 4 euros de retombées économiques dans une ville de 45 000 habitants, qui voit passer quelque 170 000 festivaliers l’été (1). De même, l’Espace Georges Brassens, à lui seul, attire 45 000 visiteurs par an.

2 « La culture est facteur de stabilité et d’intégration. » Sète est un port, rappelle François Commheines, notre population est donc faite de brassages, avec une diversité d’origines et d’apports culturels qui enrichissent le patrimoine culturel de la ville.

3 « La culture apporte de l’oxygène à tous ». A fortiori, souligne l’élu, dans une période de difficultés et parfois de désarroi des habitants de tous âges et de toutes catégories sociales, qui ont besoin que la culture « leur apporte un peu de bonheur. »

 

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Commentaires

Le spectacle vivant en alerte

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Jean-LuK

25/04/2015 06h45

Comme souvent, avec les activités liées au tourisme, ceux qui encaissent les bénéfices ne sont pas ceux qui s’investissent… mais les premiers vont souffrir de la disparition des seconds et il sera difficile de revenir en arrière.

Henri Tanson

25/04/2015 09h07

Inéluctable.
Ne soyons pas étonnés de la situation.
On nous dit qu’il n’y a plus d’argent pour ce qui n’est pas essentiel, alors, on coupe ici, et là. La Culture, essentiellement celle soutenue par des aides publiques, est amenée à disparaître. Faut se faire à l’idée; c’est annoncé depuis si longtemps, il me semble.
D’ailleurs tout ce qui est aidé. Protégé par des fonds publics n’est pas en harmonie avec les traités européens…
Mais que viennent donc faire les traités européens dans un problème essentiellement français?… C’est une bonne question. Personne ne veut en prendre conscience…
Ce n’est plus nous qui décidons de notre budget; ce n’est pas nous qui décidons qu’il faut faire des économies et quelles économies. Ce n’est pas nous qui avons décrété que notre endettement dépassait les limites autorisées, que notre déficit annuel devait être inférieur à un certain pourcentage…
Faut obéir. Et supprimer tout ce qui survit en dehors d’un système concurrentiel: ce qui est le cas de la Culture qui ne survit que parce qu’elle est aidée…
C’est clair, non?
Pour moi, oui.
Ce n’est pas un « complot », ce sont les traités européens (qui s’imposent à nous…!) qui nous l’imposent. Nous étions d’accord puisque nous les avons signés…
Enfin…, « on » les a signés pour nous ?

un de Midi Pyrénées

25/04/2015 09h30

Ce qui me désole le plus : l’argument utilisé régulièrement des attentes de la population… La culture participe à la construction de chacun : comment peut-on attendre ce que l’on ne connaît pas encore ? Il faut trouver le juste milieu entre attentes et proposition, sinon c’est TF1 tous les jours. Nous, acteurs culturels, devont probablement mettre un peu d’eau dans notre vin mais les élus doivent faire preuve de courage, aller vers ce qu’ils ne connaissent pas et cesser d’être dans l’immédiat, l’électoralisme permanent, la peur de ne pas être rééelus. Combien de règlements de comptes sur le dos de la baisse des dotations de l’Etat, même si nous comprenons bien qu’il faudra faire des efforts ? Aujourd’hui, c’est le grand repli. Les pots cassés, c’est demain que nous les paierons.

un de Midi Pyrénées

27/04/2015 05h07

« Nous, acteurs culturels, devons » (et non devont)
et plus bas : « réélus » (et non rééelus).

Pascal

27/04/2015 05h49

Bonjour,

La culture viendra du bas, pas des dirigeants. Les collectifs ont un rôle a jouer dans ce nouveau contexte économique. Rejoignez le monde associatif et n’attendez rien des élus !

Sarah

30/04/2015 11h45

A noter également la Ville de Clermont-Ferrand qui a maintenu ses financements aux grands opérateurs culturels (Festival du court-métrage, Scène Nationale, Centre Lyrique… ), et a été la première Ville de France à signer un « pacte culturel » avec l’Etat où les deux parties s’engagent à maintenir leurs financements sur 3 ans.

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