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TRANSPORT
La bataille du rail se poursuit en Normandie
Géraldine Lebourgeois | Régions | Publié le 23/04/2015

Mises sur la place publique le 31 mars par L’Humanité », les préconisations de la SNCF dans le cadre de la réforme des lignes Intercités, avec suppression de plus de la moitié des trains, ont ravivé les tensions entre la région et l’entreprise de chemin de fer.

Plus de la moitié des TET supprimés en Normandie : les révélations de L’Humanité [1] sur les préconisations de la SNCF faite dans le cadre du rapport Duron sur l’avenir des Trains d’équilibre du territoire (TET) [2], prévu pour fin mai, ont fait bondir les élus locaux. Dans un rapport confidentiel, l’entreprise de chemin de fer propose de supprimer de 160 à 180 de ces 300 trains, plus connus sous le nom d’Intercités, alors que le service ferroviaire est déjà mal en point dans des régions comme la Normandie.

Le président du conseil régional de Basse-Normandie Laurent Beauvais (PS), avec son vice-président Pierre Mouraret en charge des transports, a fait un nouveau point ce mardi 21 avril, rappelant les exigences de la région quant au service dégradé sur les lignes Intercités, confiées à ce jour la SNCF.

« Depuis trop longtemps maintenant, le service n’est pas à la hauteur de ce que les usagers sont en droit d’attendre en particulier sur les lignes Paris-Granville et Paris-Caen-Cherbourg. Suite aux demandes répétées de la région, la SNCF va présenter le mois prochain un plan d’action. Nous demandons des résultats concrets immédiats et des garanties à la SNCF pour rétablir les compositions de trains, fiabiliser les circulations, poursuivre la rénovation des infrastructures et améliorer l’information et le service voyageurs », ont déclaré les deux conseillers régionaux.

Prise par les contraintes financières, soulignées par la Cour des comptes qui a invité à des mesures de réduction des coûts de gestion, la SNCF voudrait pourtant supprimer des trains mais aussi des arrêts dans des gares comme celles de Bayeux, Lison, Carentan et Valognes en ce qui concerne la Basse-Normandie. Là où l’on attendait au contraire des crédits et des efforts supplémentaires.

Transfert aux régions ?

Philippe Duron, le président de la commission sur les TET, affirme pour sa part qu’il ne suivra pas nécessairement l’avis de l’entreprise publique :

La SNCF considère qu’elle perd de l’argent sur certains de ces trains ; moi je considère qu’il y a un marché, notamment entre Paris et Caen, une offre qu’il faut renforcer.

Le désengagement de la société nationale fait craindre un autre  poids également : le transfert de la gestion des Intercités aux régions. La solution bien sûr n’est pas recevable pour Laurent Beauvais, qui rappelle que la charge des trains TER (Transport express régional) est déjà lourde à l’heure où les moyens financiers se font plus maigres. La Basse-Normandie fait circuler 120 trains chaque jour en semaine pour 4,8 millions de voyageurs annuels.

La révélation des préconisations faites par la SNCF pour la gestion à venir des TET fait en tout cas réagir tous les concernés : syndicats de cheminots, usagers, élus. Le président du conseil départemental et sénateur du Calvados, Jean-Léonce Dupont (UDI). Il a adressé, le 14 avril, une question écrite au ministre en charge des Transports [3]. On y lit notamment :

« S’il est exact que le Gouvernement entend renoncer à une partie des liaisons Intercités pour les transférer vers les Trains Express Régionaux ou TER financés par les collectivités territoriales, il est permis de s’interroger sur les moyens dont les régions disposeront pour supporter cette charge essentielle. Les collectivités régionales seront-elles par ce transfert les nouvelles victimes de l’effet ciseau que le Gouvernement impose déjà aux Départements en matière sociale ? Quel est le sens de la décentralisation et des dispositions de la future loi NOTRe dans ce contexte ? »

La réponse est encore en attente.

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