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Prévention des risques

A Sarrebruck, les « salles de shoot » aident les toxicomanes dans une ambiance pacifiée

Publié le 17/04/2015 • Par Pascale Braun • dans : Actu prévention sécurité, Europe

Le projet de loi santé voté cette semaine prévoit l'expérimentation des salles de shoot. Pionnier de l’accompagnement des toxicomanes, le Droguenhilfezentrum de Sarrebruck a ouvert ses premières des « chambres à shooter » en 1999. Interdite aux non-Sarrois depuis 2005, la structure a affiné son dispositif pour améliorer la sécurité sanitaire des usagers et préserver une cohabitation sereine avec les habitants du quartier.

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Le Drogenhilfezentrum(1) (DHZ) de Sarrebruck signale sa présence dès le début de la rue des Brasseurs (Breuerstrasse) par les prostituées attendant le client pour se payer leur dose. Dans la cour de l’ancienne brasserie se côtoient en silence quelques dizaines d’usagers dont l’apparence ravagée témoigne que l’on se trouve ici à mille lieues d’un usage récréatif. A côté du comptoir de la cafétéria proprette figurent, sans autre commentaire, les photos d’une femme et de deux hommes n’ayant guère dépassé la trentaine – les derniers morts en date parmi les habitués du DHZ. « Dire que les chambres à shooter encouragent la toxicomanie est une pure absurdité. On sait depuis 50 ans que la prohibition ne résout rien. Nous apportons simplement une aide à la survie et parfois, un chemin vers la sortie », affirme Dietmar Spor, sociologue employé du DHZ depuis son ouverture voici 22 ans. Alors que le projet de loi santé voté cette semaine prévoit l’expérimentation des salles de shoot, le dispositif mérite, par son ancienneté, l’attention.

Cent usagers par jour

Certains toxicomanes n’utilisent qu’à une ou deux reprises les services d’échange de seringues et les lieux d’injection. D’autres y passent une grande partie de leur vie, présents tous les jours de la semaine jusqu’à la fermeture du centre à 18h30. Jusqu’en 2005, le DHZ accueillait sans distinction les toxicomanes de toute origine, dont 20 % de Mosellans. Le centre distribuait alors quotidiennement 1 200 seringues – soit plus que le total des seringues utilisées chaque jour par tous les hôpitaux de la ville. Les restrictions budgétaires, les protestations insistantes contre la prise en charge jugée onéreuse de toxicomanes frontaliers et les plaintes des riverains ont contraint le centre à limiter son aide aux seuls résidents sarrois.
Quelle que soit leur nationalité, les usagers doivent désormais présenter un document officiel prouvant leur domiciliation en Sarre. « J’ai vivement regretté cette décision qui me paraît relever du pur provincialisme, les toxicomanes ne connaissant pas de frontières. Mais force est de constater que la situation du centre s’est nettement pacifiée. La fréquentation a baissé de moitié, réduisant les conflits. La charge de travail est allégée et il nous est plus facile de communiquer avec des usagers parlant allemand », indique Dietmar Spor.

Le DHZ a instauré une autorisation d’accès renouvelable tous les quatre mois auprès des services sociaux Sarrebruck afin de permettre un meilleur suivi des usagers. Le lieu accueille quotidiennement une centaine de junkies dont 80 % d’hommes, présentant un âge moyen de 37 ans. Le centre évite les statistiques et ne saurait chiffrer le nombre d’usagers ayant décroché – soit de leur propre initiative, soit en intégrant des cures de désintoxication. Les travailleurs sociaux notent également « l’assagissement » de certains toxicomanes vieillissants qui ne consomment plus que les premiers jours du mois, lors du versement de leurs minimas sociaux.

Seringues et petits gâteaux

Le service rendu ne tient pas dans les chiffres, mais dans l’évidence des progrès en termes de santé, d’hygiène et de dignité. Les toxicomanes trouvent dans l’ancienne brasserie des seringues propres et des préservatifs, mais aussi une écoute, des soins infirmiers, un vestiaire. La cafétéria leur procure chaque jour un repas chaud pour 1 euro, des distributeurs de boissons, un accès wi-fi et des pâtisseries gratuites provenant des invendus des boulangers voisins.
L’intérêt essentiel du lieu tient dans le local à injection, salle carrelée d’une trentaine de mètres carrés pourvue de boxes en inox et de tabourets. Dans le sas d’entrée, les usagers montrent la substance qu’ils se proposent de consommer – pour un tiers de l’héroïne, pour un autre tiers, de la cocaïne, le restant se composant de divers cocktails injectables ou inhalables. Dans la salle, un travailleur social veille au déroulement de la prise. Ici, un homme tatoué pompe sur sa seringue. Là, une jeune fille pique et repique son mollet constellé de cicatrices à la recherche d’une veine. Dans un box en verre ventilé, un jeune Iranien inhale une poudre chauffée dans un petit bateau d’aluminium. Les locaux sont climatisés, car l’usage des chauffes produit une chaleur insupportable en été. Les usagers sont tenus de laisser les box impeccables après usage et s’y astreignent, mais il flotte dans la pièce une odeur de sang. Le DHZ dispose en plusieurs endroits de kits de premiers secours et de masque à oxygène en cas d’overdose.

26 projets analogues

Naguère décrié, le DHZ a peu à peu fait école en Allemagne et inspiré la création de 26 lieux analogues à Berlin, Hambourg ou dans la Ruhr. A Sarrebruck, le centre emploie une quarantaine de personnes dont cinq travailleurs sociaux, trois infirmiers, deux responsables administratifs, quatre cuisiniers et une vingtaine d’étudiants ou stagiaires issus de centres de formation au travail social. Le budget annuel de 830 000 euros se répartit entre 45 % apportés par le Land, 38,5 % par la Ville et 16,5 % par le district urbain.
Le centre a initié une démarche « environnement propre » suivie avec civisme par les usagers, qui veillent à ne laisser traîner ni seringues usagées, ni détritus. Les dealers – eux-mêmes toxicomanes pour la plupart – ne sont jamais bien loin de leur clientèle, mais les échanges discrets ne paraissent plus importuner les riverains. Le DHZ s’implique également dans le projet « Trottoir » visant à protéger autant que possible les prostituées toxicomanes. Les femmes peuvent désormais attendre leurs clients au long d’un parcours aménagé dans un ancien parking. Un abri occupé jusqu’à 23 heures 30 par des travailleurs sociaux leur permet de prendre une pause-café, de discuter et d’échanger des informations sur les clients dangereux.

 

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